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Un vol commercial a atterri à Kaboul


Premier signe de normalisation

Un premier vol commercial en provenance du Pakistan s'est posé lundi à Kaboul, l'un des premiers signes de normalisation du pays près d'un mois après le retour des talibans au pouvoir, qui redonne de l'espoir aux nombreux Afghans voulant fuir les nouveaux maîtres du pays. L'appareil de la compagnie aérienne publique pakistanaise PIA en provenance d'Islamabad a atterri vers 10H30 locales (06H00 GMT) à l'aéroport, contrôlé depuis deux semaines par les talibans et remis progressivement en état avec l'aide du Qatar notamment, après le départ précipité et sous haute tension des forces américaines le 30 août. La capacité des islamistes à relancer le trafic international à Kaboul va être un test pour leur régime, qui après avoir annoncé son gouvernement, marqué par la présence de nombreux caciques de leur régime fondamentaliste des années 90, consolide son emprise sur le pays sans résistance notable à ce stade, sauf dans la petite province enclavée du Panchir (Nord-Est). Les Américains et leurs alliés occidentaux avaient quitté l'Afghanistan au terme de 20 ans de guerre infructueuse contre les talibans, organisant dans les ultimes semaines un gigantesque pont aérien qui a permis d'évacuer 123.000 personnes, des étrangers et des Afghans craignant les représailles des talibans ou en quête d'une vie meilleure à l'étranger. L'appareil de PIA qui a atterri lundi ne transportait que de très rares passagers, bien moins nombreux que les membres d'équipage, ont constaté des journalistes de l'AFP à bord. Dimanche, un porte-parole de la compagnie avait confirmé ce premier vol vers Kaboul, en précisant toutefois que PIA travaillait encore à les rendre réguliers. "C'est un moment important, un jour d'espoir", a déclaré à l'AFP un employé de l'aéroport de Kaboul, vêtu d'une longue chemise traditionnelle bleue, en espérant que d'autres compagnies allaient suivre rapidement l'exemple de PIA. Un bus barré du slogan "Bienvenue en Afghanistan" attendait les passagers au pied de l'avion. Mais il est parti vide, les quelques passagers ayant finalement marché jusqu'au terminal. L'avion devait repartir plus chargé vers Islamabad. Quelque 67 passagers, dont un Américain et trois Pakistanais, ainsi que des Afghans ayant travaillé avec des organisations internationales et leurs proches, attendaient d'y monter lundi matin dans le terminal de Kaboul, selon le porte-parole de PIA. "Je suis évacuée, je vais au Tadjikistan" après Islamabad, a déclaré à l'AFP dans la file d'attente une femme de 35 ans employée par la Banque Mondiale à Kaboul. Elle compte revenir en Afghanistan, mais "une fois que les hommes et les femmes pourront de nouveau travailler et se déplacer librement", dit-elle sans vouloir dévoiler son nom. A ses côtés, Nabil, un étudiant de 22 ans, prévoit de se mettre au vert pendant un mois chez des proches au Pakistan. "C'est comme des vacances", dit celui qui se sent "à la fois triste et heureux". "Triste pour le pays, mais heureux d'en sortir pour quelque temps". La victoire éclair des talibans et l'effondrement du gouvernement afghan ont pris de court nombre de pays occidentaux, qui ont reconnu n'avoir pu évacuer des milliers d'Afghans potentiellement menacés par les talibans pour avoir travaillé avec eux. Les halls d'attente, passerelles et équipements techniques avaient été endommagés mi-août par des foules d'Afghans paniqués par le retour des talibans et qui avaient forcé l'entrée de l'aéroport. Des centaines d'entre eux étaient parvenus jusqu'au tarmac, certains s'accrochant désespérément et en vain aux trains d'atterrissage des avions en partance. Des milliers d'autres sont restés massés devant l'aéroport pendant deux semaines, une attente chaotique qui a pris un tour dramatique le 26 août lorsque la branche locale de l'Etat islamique (EI-K) a perpétré un attentat au milieu de la foule, tuant plus de 100 personnes. Les talibans se sont engagés à gouverner de façon moins brutale et rigoriste que lors de leur premier règne entre 1996 et 2001, lorsque les femmes ne pouvaient pas travailler ou étudier. L'une de leurs premières mesures a été la semaine dernière d'autoriser les étudiantes à retourner à l'université sous certaines conditions, la non mixité des cours notamment. Mais ils ont également violemment réprimé, puis interdit, des manifestations organisées dans plusieurs grandes villes du pays, auxquelles participaient de nombreuses femmes réclamant notamment de pouvoir continuer à travailler pour nourrir leurs familles.

Libé
Mardi 14 Septembre 2021

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