Plus de 90.000 "Zainichis" - descendants d'immigrés ou de civils coréens déplacés comme main d'oeuvre au Japon pendant la colonisation japonaise de la Corée (1910-1945) - et leurs partenaires japonaises auraient émigré en Corée du Nord durant cette période, attirés par un programme de propagande leur promettant un "paradis sur terre".
La décision rendue lundi a été jugée "historique" par Atsushi Shiraki, l'un des avocats représentant les plaignants, qui y voit le premier cas où un tribunal japonais reconnaît les fautes de la Corée du Nord.
Dans une plainte déposée en 2018, quatre de ces victimes expliquaient avoir été privées de leurs droits fondamentaux et même du minimum vital dans le cadre de ce programme, malgré la promesse d'une éducation et de soins médicaux gratuits.
"Je ne sais pas quoi dire. Je suis submergée par l'émotion", a réagi Eiko Kawasaki, l'une des plaignantes, aujourd'hui âgée de 83 ans. Elle était arrivée en Corée du Nord à l'âge de 17 ans, en 1960, et ce n'est qu'en 2003 qu'elle s'était enfuie.
Dans le cadre de ce programme, les personnes soupçonnées de déloyauté envers Pyongyang "étaient passibles de sanctions sévères, notamment l'emprisonnement avec travaux forcés ou en tant que prisonniers politiques", selon l'ONG Human Rights Watch.
Mme Kawasaki reconnaît qu'il sera pratiquement impossible que la Corée du Nord accepte de verser les 88 millions de yens de dommages et intérêts.
Mais Kenji Fukuda, avocat principal dans cette affaire, a déclaré que l'option la plus réaliste consistait à confisquer certains actifs et biens nord-coréens se trouvant actuellement au Japon.
Ce programme de "réinstallation" était soutenu par le gouvernement japonais de l'époque, les médias le présentant comme une campagne humanitaire en faveur des "Zainichi" qui peinaient à s'intégrer dans l'archipel, après la capitulation du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale.









