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Tout un patrimoine forestier national menacé de désertification



L’arganier et le cèdre en pâtissent en premier



Ce sont près de 30.000 hectares de forêt qui, à chaque année que Dieu fait, disparaissent ici-bled, selon l’AMDH. Ils partent soit en fumée de chauffage soit à cause de vastes projets immobiliers ou agricoles, d'exploitation du bois à tout vent, de catastrophes climatiques comme la sécheresse et à quelques degrés moindres, en incendies involontaires ou pas, souvent œuvres de pyromanes. Les arbres les plus touchés par cette déforestation en grande partie d'origine humaine, sont d’abord l’endémique arganier sur la côte sud-atlantique et le cèdre qui fait la notoriété du Moyen-Atlas. 
Notre conifère odorant à bois dur qui pousse aussi en Asie est plus célèbre de par ses origines proche-orientales et notamment libanaise. Il se raréfie d’année en année au grand désarroi du singe magot et en plus de l’utilisation de son noble bois au chauffage, à la construction et à l’ébénisterie, il est aussi victime du surpâturage qui sévit dans la région.
 C’est aussi le cas de notre arbre épineux mais qui de ses fruits vertueux et si convoités en pâtit. Rare et si précieux, il ne pousse qu’au Maroc et en quelques contrées colombiennes et mexicaines. Exploitation industrielle d’un côté et fléaux climatiques d’un autre, c’est donc, arbre par arbre et impassibles que l’on constate qu’une désertification caractérisée grignote petit à petit et doucement notre pays.  
Oh ! on ose parfois quelques rares reboisements çà et là, mais en échange on ne gagne guère en qualité. L’arganier est pratiquement impossible à reproduire et le cèdre s’exprime en siècle avant que d’étaler sa ramure et sa fierté. 
Longtemps, on a malheureusement recherché la peu judicieuse solution de rechange à travers l’eucalyptus, un arbre ingrat qui trouve ses origines au pays des Koalas en Australie. Et lorsqu’il a été planté, en poussant, de ses longues racines il tue tout sous-bois quand il ne s’en prend pas aux autres arbres alentours.
Malgré des dispositions en tant que bois de construction et de quelques propriétés pharmaceutiques de son feuillage, il fait des ravages sur le paysage forestier dès lors qu’on lui a forcé une présence dans un environnement hétéroclite. 
Force est de constater que c’est un désastre dès qu’on le fait pousser avec d’autres variétés comme dans le cas de la forêt de la Maâmora qui s’étend de la région de Kénitra jusqu’à Benslimane et qui naguère n’était composée que du chêne-liège. Et ce n’est là qu’un échantillon de la bêtise nationale. 
Les conséquences de la désertification sont énormes. Notre pays en est frappé de plein fouet surtout en son Sud, le Maroc s'est vu amputer de plus de 200.000 hectares d’arbres et de verdure. Pour ce qui est de la norme de sa superficie forestière, il reste bien loin des normes et des règles mondiales qui se situent entre 15 et 20%. Il n’a de forêt qu’une petite dizaine en pourcentage, érodant ainsi par la main de ses hommes et des quelques catastrophes climatiques, un sol aux immenses richesses. 
 

Mohamed Jaouad Kanabi
Samedi 22 Octobre 2016

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