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Quand les attractions de Tanger se retrouvent désertées




Quand les attractions de Tanger se retrouvent désertées
Qui aurait cru qu'un jour les visiteurs déserteraient les monuments historiques, les ruelles et l'ancienne médina de Tanger, que le silence submergerait les grottes d'Hercule, que le parc de Perdicaris-Rmilat deviendrait une vaste forêt dépeuplée, que "Souk Dakhel" et "Souk Bara", habituellement très animés, se retrouveraient face à un vide retentissant, et que les fameuses balades sur le boulevard Mohammed VI (corniche) ne deviendraient qu'un lointain souvenir ? Les habitants et les visiteurs de Tanger avaient pris pour habitude de passer leurs weekends printaniers dans nombre de forêts, de parcs et de monuments historiques de la ville. Un loisir devenu impossible en ces temps de pandémie, où le nouveau coronavirus oblige au confinement et au respect de la distanciation sociale au sein d'une société connue pour son amour des espaces verts et des sorties.
Près des grottes d'Hercule, le parking généralement bondé est complètement désert, laissant un vide dans ce monument historique creusé par les vagues de l'Atlantique, qui a l'habitude d'attirer les visiteurs venus découvrir les secrets enfouis des mythologies grecque et phénicienne, ainsi que les récits et contes locaux au sujet de ces grottes mystérieuses.
Comme l'explique Omar, gardien de la grotte des arts, qui fait partie des grottes d'Hercule, avant cette pandémie, ce lieu était très prisé par les touristes marocains et étrangers, sauf que la situation actuelle ne permet plus aux gens de venir visiter ce monument.
Les cafés et restaurants à proximité des grottes d'Hercule ont tous fermé et un silence presque effrayant pèse sur le lieu, où seul retentit le son des vagues, se désole le sexagénaire en ajustant son chapeau, espérant que cette pandémie passera rapidement.
Sur le chemin du retour vers le centre ville, une image saisissante attire l'attention: des snacks fermés et un vide total tout au long des plages de "Ba Kacem", "Sol" et "Sidi Bouhandi", jusqu'au Cap Spartel où se rejoignent les eaux de la Méditerranée et celles de l'Océan Atlantique.
C'est également le cas pour la forêt de Rmilat (parc de Perdicaris), où les familles organisaient des pique-niques, tandis que les amateurs du sport s'y rendaient pour s'exercer en plein air. Aujourd'hui, seuls des éléments de la sûreté nationale sillonnent ces endroits, pour garantir la sécurité des personnes et des biens. Toutefois, il est évident que cette période de confinement offre un répit aux espaces naturels, où un calme serein règne depuis le début de l'état d'urgence sanitaire.
En plein centre ville de Tanger, les canons décoratifs de "Sour Al Maâgazine" (Mur des paresseux), autrefois endroit privilégié des personnes voulant contempler le port de la ville ou encore le détroit de Gibraltar, ainsi que les touristes voulant visiter ce lieux emblématique de Tanger, ont été complètement abandonnés.
Du côté de la rue de la liberté et la place du 9 avril, cœur battant et entrée de l'ancienne médina de Tanger, un silence assourdissant s'installe chaque soir, après la fermeture des magasins, et seuls quelques éléments de la sûreté nationale y apparaissent pour s'assurer du respect des mesures de l'état d'urgence sanitaire.
Le même silence retentit dans la corniche de la ville et Tanja Marina Bay, le port de plaisance dans lequel les bateaux demeurent nichés en attendant des jours meilleurs, sans pandémie et sans confinement, des jours qui rendront possible le simple plaisir de sortir redécouvrir la nature et les fameux monuments de Tanger.

Jeudi 16 Avril 2020

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