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Pyongyang renforcerait ses défenses sur fond d'escalade verbale

La Chine et la Russie renouvellent leurs mises en garde




 La Corée du Nord semble avoir renforcé ses défenses sur sa côte orientale, a rapporté mardi l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, alors que Pyongyang a accusé lundi Washington de lui avoir déclaré la guerre et menacé d'abattre les bombardiers américains qui s'approcheraient de ses côtes.
Le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, a cependant souligné mardi lors d'une visite en Inde que Washington "poursuivait les efforts diplomatiques conduits par les Nations unies".
"Vous connaissez les résolutions unanimement adoptées par le Conseil de sécurité de l'Onu pour accroître la pression (...) sur le Nord et dans le même temps, nous conservons la capacité de repousser les plus dangereuses menaces nord-coréennes", a déclaré le chef du Pentagone.
L'escalade verbale entre le régime nord-coréen et le président américain Donald Trump a franchi un nouveau palier ces derniers jours, ce qui a incité la Chine et la Russie à renouveler mardi leurs mises en garde contre toute issue militaire à la crise, aux conséquences potentiellement catastrophiques.
A Donald Trump qui prévenait samedi sur Twitter que les dirigeants nord-coréens "n'en auraient plus pour longtemps" s'ils mettaient leurs menaces à exécution, le chef de la diplomatie nord-coréenne Ri Yong-ho a répliqué lundi au siège des Nations unies à New York que "le monde entier devra se souvenir que ce sont les Etats-Unis qui ont été les premiers à déclarer la guerre".
Des propos jugés "absurdes" par la Maison blanche. "Nous n'avons pas déclaré la guerre à la Corée du Nord. Franchement, suggérer cela est absurde", a dit la porte-parole de la présidence américaine Sarah Sanders devant la presse.
Ri Yong-ho a souligné que Pyongyang se réservait le droit de prendre des contre-mesures, y compris d'abattre des bombardiers américains qui s'approcheraient de son territoire, même en dehors de son espace aérien. "La question de savoir qui n'en aura plus pour longtemps trouvera alors sa réponse", a encore affirmé Ri Yong-ho.  
Le Pentagone a annoncé samedi que des bombardiers américains avaient survolé la mer du Japon à l'est des côtes de la Corée du Nord pour démontrer que Washington avait "de nombreuses options militaires" à sa disposition.
Pyongyang accuse les Etats-Unis, qui ont 28.500 soldats en Corée du Sud, héritage de la guerre de Corée (1950-53), de préparer l'invasion du Nord. Selon Yonhap, la Corée du Nord a transféré des aéronefs vers sa côte orientale et pris d'autres mesures non précisées.
A Pékin, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lu Kang, a déclaré mardi qu'"une guerre sur la péninsule coréenne n'aura(it) pas de vainqueur".
"Nous espérons que les responsables politiques américains et nord-coréens auront suffisamment de jugement politique pour comprendre que le recours à la force militaire ne sera jamais une façon viable de résoudre la question de la péninsule", a-t-il dit lors d'un point de presse quotidien.
La Chine, principal allié de Pyongyang, a approuvé plusieurs trains de sanctions ces dernières semaines pour tenter de freiner le programme nucléaire et balistique nord-coréen.
Ses exportations de carburant vers la Corée du Nord ont chuté en août, ainsi que les importations nord-coréennes de minerai de fer, mais les livraisons de charbon ont repris après une pause de cinq mois, montrent les statistiques des douanes chinoises publiées mardi.
Le ministère russe des Affaires étrangères estime qu'un conflit en Corée aurait des "conséquences catastrophiques" et travaille "en coulisses" pour trouver une solution politique, a dit un haut diplomate, Mikhail Oulianov, à l'agence RIA.
La Corée du Nord, qui multiplie les essais de missiles balistiques et a procédé le 3 septembre à son sixième essai nucléaire, d'une puissance sans précédent, menace régulièrement de détruire les Etats-Unis, la Corée du Sud ou le Japon.
Mais le ton est monté si haut ces derniers jours que les observateurs redoutent un dérapage aux conséquences incalculables.
"Les déclarations emportées peuvent conduire à des erreurs de jugement fatales", a ainsi souligné lundi Stephane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres.
Lors de son premier discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump a menacé il y a une semaine de "détruire totalement" le pays de 26 millions d'habitants s'il menaçait les Etats-Unis ou leurs alliés.
Dans une rare déclaration publique, le dirigeant nord-coréen Kim Yong-un a qualifié trois jours plus tard le président américain de "vieux sénile" et annoncé des "contre-mesures radicales et historiques".
Le conseiller à la sécurité nationale américaine H.R. McMaster a défendu lundi la rhétorique de Donald Trump, soulignant que Kim Yong-un devait comprendre le danger que lui et son pays encouraient.
Il a toutefois reconnu le risque de dérapage.
"Nous ne pensons pas qu'il existe une solution militaire facile à ce problème", a-t-il souligné. "Aucune frappe de précision ne résoudra ce problème, ni aucun blocus militaire."

Mercredi 27 Septembre 2017

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