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Le défibrillateur cardiaque, l’invisible héros des temps modernes

Le flou du Code du travail n’aide pas à l’imposer dans les milieux professionnels


Libé
Dimanche 13 Juin 2021

Le malaise cardiaque du milieu de terrain danois Christian Eriksen, diffusé en mondovision samedi soir, a rappelé l’importance vitale d’un défibrillateur. On jouait la 43ème minute d’un Denmark-Finlande comptant pour le groupe B de l’Euro 2020, lorsque le meneur de jeu s’est écroulé sur la pelouse.

S’il n’avait pas été pris en charge, les événements auraient pris une tournure plus dramatique, surtout en l’absence d’un défibrillateur comme ce fut malheureusement le cas en 2003, avec le décès du Camerounais Marc Vivien Foé, sur la pelouse de Gerland, ou encore l’Espagnol Antonio Puerta en 2008. Eriksen est, quant à lui, dans un état stable, mais cet épisode nous a tous marqués.

Une fois l’émotion retombée, on s’est demandé pourquoi il n’y avait pas de défibrillateur à chaque coin de rue, mais encore dans les environnements professionnels. En réalité, le Code du travail y est pour beaucoup dans ce manque. Et pour cause, l’article R. 4224-14 du Code du travail prévoit des lieux de travail “équipés d'un matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible”. Le matériel en question, ce sont des trousses de secours dont l’emplacement doit être signalé et connu des salariés (article R. 4224-23). Ainsi, la réglementation du travail n’impose pas de disposer obligatoirement de défibrillateur comme moyen de secours.

Cela dit, dans le cas où un accident cardiaque surviendrait, la responsabilité de l’employeur pourrait être engagée. Tout simplement car il doit assurer la santé physique de ses salariés. Pourtant, les défibrillateurs cardiaques sont aussi rares en milieu professionnel que la neige en été. Et ce n’est pas comme si ça coûtait un bras. Un défibrillateur cardiaque, selon les options (rechargeable ou pas,...), coûte entre 10.000 et 30.000 DH. Soit trois fois rien à l’échelle d’une société, quelle que soit sa taille. De toute façon, il serait immoral que le prix constitue un obstacle alors que la vie humaine est inestimable. Qui plus est quand on sait que la crise cardiaque survient sans distinction d'âge ou de statut social. Elle peut atteindre le plus âgé des patrons d’entreprise ou le plus jeune des employés. Ou inversement.

En tout cas, il est temps de se pencher sérieusement sur la question. Les malaises cardiaques, où chaque seconde compte, n’arrivent pas qu’aux autres. Mais acquérir un défibrillateur cardiaque ne suffit pas. Il faudrait aussi penser à former les employés à utiliser cet héros des temps modernes, dont le but est de délivrer un choc électrique à travers le thorax, et plus particulièrement à travers la paroi du cœur, pour l’arrêter momentanément, avec l’espoir qu’il redémarre spontanément et de façon régulière.

C.C


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