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Le costume traditionnel, une "icône" ramadanesque qui puise dans le patrimoine authentique de la ville d’Oujda


Libé
Lundi 2 Mars 2026

Le costume traditionnel, une "icône" ramadanesque qui puise dans le patrimoine authentique de la ville d’Oujda
En ce mois sacré de Ramadan, les alentours de la mosquée Haddada dans la médina d'Oujda retrouvent leur éclat habituel, devenant une destination empreinte de la magie de l'appartenance et de la beauté de l'identité : Les amateurs d'élégance traditionnelle s'y rassemblent pour chercher des tenues qui allient la finesse du design et la profondeur de la symbolique spirituelle de ce mois béni.
 
Dans cet espace imprégné de l'odeur de l'histoire, où les vêtements reflètent l'esprit d'authenticité, les clients de tous âges se pressent pour acquérir des pièces uniques, à commencer par la "blouza" oujdia qui traduit dans ses détails l'élégance de la femme orientale, en passant par la "chadda" aux couleurs vives, le "jabadour", les turbans et les pantalons traditionnels, sans oublier le "hayek" d'Oujda qui demeure une icône visuelle qui résume la dignité des femmes de l'Oriental.
 
L'achat de la tenue traditionnelle dans la cité millénaire de l’Oriental est un rituel important qui complète l'atmosphère de Ramadan. En effet, l'artisan oujdi réussit à marier la splendeur du passé avec les exigences de la modernité, dans une scène qui incarne l'attachement de la population à l'identité marocaine enracinée et à la mémoire visuelle de la région.
 
Dans ce contexte, l'artisan Ahmed Miri, qui a maîtrisé les secrets du métier pendant trente-six ans, considère que la préservation des composantes de la tenue marocaine à Oujda est une "mission noble" à laquelle il a consacré sa vie, s'appuyant sur des compétences manuelles raffinées qui reflètent la richesse du patrimoine local.
 
Miri a souligné, dans une déclaration à la MAP, que son attachement à ce métier dépasse la dimension professionnelle pour devenir un héritage familial qu'il a hérité de son père, soulignant avec fierté que ce métier est "son identité et sa passion" à travers laquelle il cherche à protéger le patrimoine marocain des vents de l'oubli.
 
Couvrant un large éventail de vêtements, les créations des "maâlems" oudjis, varient de la djellaba locale avec ses touches uniques au caftan et à la "takchita", jusqu'aux innovations qui intègrent des touches modernes comme le "kimono" orné de broderies traditionnelles qui allient dextérité, authenticité et modernité.
 
Il a ajouté que le mois de Ramadan représente "le pic de la demande annuelle", notamment pour la "djellaba" ornée de "randa" et de broderie manuelle de haute qualité, affirmant que cet engouement contribue à dynamiser l'activité économique du secteur de l'artisanat dans la région.
 
De son côté, l'artisane traditionnelle, Karima, a relevé que la vitalité commerciale des marchés de l’ancienne médina d'Oujda consacre la place de l'artisanat en tant que "levier économique et social important", notant que Ramadan est l'occasion idéale pour mettre en valeur le savoir-faire de l'artisan oujdi et sa capacité à transmettre les symboles du patrimoine aux générations montantes.
 
Dans le même contexte, Fatima, spécialisée en couture traditionnelle, a noté que les préparatifs commencent de manière proactive dès les mois de rajab et chaabane pour répondre aux goûts variés avant la nuit du Destin, expliquant que la "blouza oujdia" en particulier passe par des étapes précises de "travail" manuel et requiert de grandes compétences.
 
Elle a indiqué que cette tenue n'est plus réservée aux femmes âgées, mais a connu un "bond moderne" qui l'a rendu très prisée par les jeunes filles, grâce aux designs renouvelés et aux coupes attrayantes, notamment la nuit du 27e jour de Ramadan, où les familles s'efforcent de vêtir leurs filles de la "blouza" dans une atmosphère festive et joyeuse.
 
Fatima a conclu que la sauvegarde du patrimoine culturel marocain passe aussi par la préservation de ces métiers et leur développement, affirmant que la cité millénaire reste fidèle à son engagement, vit son présent en s'attachant à ses racines, et en multipliant les actions et les initiatives à même de garantir la pérennité de la créativité de ses artisans.
 

Libé
Lundi 2 Mars 2026

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