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Le Conseil de sécurité de l'ONU saisi pour condamner l'attaque chimique

Réactions outrées à l'attaque, Damas accusé




Un acte "intolérable", voire un "crime contre l'humanité" qui doit être puni: l'attaque "chimique" meurtrière de mardi en Syrie a outré plusieurs capitales, Washington, Londres et Paris accusant Damas qui nie et incrimine les rebelles. Au moins 58 civils ont été tués et quelque 170 ont été blessés, dont des enfants, le corps saisi de convulsions et peinant à respirer sous leurs masques à oxygène, dans un raid aérien mené sur Khan Cheikhoun, un fief rebelle et jihadiste du nord-ouest syrien.
Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont présenté mardi un projet de résolution au Conseil de sécurité, condamnant l'attaque chimique en Syrie et appelant à une enquête complète et rapide. Le texte, obtenu par l'AFP, appelle l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) à présenter rapidement ses conclusions sur l'attaque qui a fait mardi au moins 58 morts et 170 blessés à Khan Cheikhoun, petite ville de la province d'Idleb, au nord-ouest de la Syrie, en zone rebelle. Le projet a été distribué aux quinze membres du Conseil à la veille d'une réunion d'urgence demandée par Paris et Londres à la suite de l'attaque.
Damas devrait également fournir les noms de tous les commandants d'escadron d'hélicoptères et ouvrir aux enquêteurs ses bases militaires d'où aurait pu être lancée l'attaque de mardi. Enfin, le texte menace d'imposer des sanctions en vertu du chapitre 7 de la charte des Nations unies. Moscou et Pékin avaient mis leur veto en février à une résolution du Conseil de sécurité qui aurait imposé des sanctions à Damas, déjà accusée d'avoir perpétré une attaque à l'arme chimique sur des villages syriens en 2014 et 2015.
"Il s'agit manifestement d'un crime de guerre", a déclaré mardi l'ambassadeur britannique à l'ONU, Matthew Rycroft, devant des journalistes au siège des Nations unies. "J'en appelle aux membres du Conseil de sécurité qui ont par le passé utilisé leur veto pour défendre l'indéfendable afin qu'ils changent de cap", a-t-il ajouté. Le porte-parole de l'ONU, Stephane Dujarric, a pour sa part qualifié les informations sur le bombardement "d'extrêmement inquiétantes et choquantes". "Tout usage d'armes chimiques, où que ce soit, représente une véritable menace pour la paix internationale et la sécurité, ainsi qu'une sérieuse violation du droit international", a-t-il souligné.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a dénoncé "un acte d'une cruauté sans équivalent" et appelé à "une prise de position sans équivoque" du Conseil de sécurité de l'ONU.
La Maison Blanche a dénoncé avec force un "acte odieux du régime de Bachar al-Assad", d'autant plus "intolérable" qu'il a frappé "des innocents, y compris des femmes et des enfants", selon son porte-parole Sean Spicer. S'il serait "dans l'intérêt" des Syriens que Bachar al-Assad ne soit plus au pouvoir, il n'existe à ce stade aucune véritable option pour un changement de régime, a concédé Spicer.
Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a prévenu que le président syrien Bachar al-Assad devait rendre des comptes pour les attaques chimiques de son régime et a exhorté la Russie et l'Iran à mettre au pas leur allié.
L'armée syrienne a "catégoriquement" démenti "avoir utilisé toute substance chimique ou toxique", par le passé comme mardi à Khan Cheikhoun", selon un communiqué militaire publié par l'agence officielle Sana.
L'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura a assuré que l'ONU chercherait à "clairement identifier les responsabilités" et à faire "rendre des comptes" aux auteurs de cette attaque "chimique aérienne".
La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a elle aussi mis en cause Damas après avoir entendu ces "horribles informations": "La principale responsabilité repose sur le régime parce qu'il a la responsabilité de protéger son peuple et non de l'attaquer".
"Nous ne pouvons plus laisser cette souffrance se poursuivre", a déclaré la Première ministre britannique Theresa May, "horrifiée" par l'attaque. S'il est prouvé que ce bombardement a bien été perpétré par Damas, "ce sera une preuve supplémentaire de la barbarie du régime syrien", a-t-elle ajouté. "Il ne peut y avoir d'avenir pour Assad dans une Syrie stable et représentative de tous les Syriens", a-t-elle déclaré en plaidant pour une transition sans lui.
Le président français François Hollande a lui aussi évoqué "la responsabilité" de Bachar al-Assad dans ce "massacre", en pointant également "la complicité" et "la responsabilité morale" de ses "alliés", sans citer de pays.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé cette attaque "chimique (...) inhumaine" qui menace selon lui les négociations de paix. Son ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a lui dénoncé "un crime contre l'humanité qui doit être puni".
L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) s'est dit "gravement préoccupée" par cette attaque, précisant qu'elle était en train de "rassembler et analyser des informations de toutes les sources disponibles".
Le Qatar a de son côté demandé une enquête internationale sur ce "crime haineux", des "mesures immédiates" pour protéger le peuple syrien et la traduction en justice de tous ceux reconnus coupables de crimes de guerre et crimes contre l'humanité en Syrie.

Jeudi 6 Avril 2017

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