-
Projet de loi relatif à la profession d’avocat : Réforme nécessaire ou mise au pas silencieuse ?
-
Mobilisation totale et anticipative des autorités publiques pour faire face aux intempéries
-
Aucun dysfonctionnement ou signes inhabituels enregistrés en dépit du dépassement du taux normal de remplissage
-
Hébergement à Tanger et Fnideq de centaines de personnes affectées par les inondations de Ksar El Kébir
Le constat est alarmant et nul ne peut aujourd’hui prétendre l’ignorer. Sur les plateformes numériques, dans les fils d’actualité des réseaux sociaux et au détour de sites marchands parfois hébergés hors de toute juridiction claire, prolifèrent des produits vantant des effets extraordinaires. On y promet une croissance accélérée pour les enfants, une amélioration fulgurante des capacités intellectuelles, un regain de vitalité sexuelle ou encore le traitement de troubles sensibles qui relèvent pourtant du strict champ médical. Ces promesses, rarement étayées par des études reconnues, s’adressent à des citoyens souvent démunis face à l’autorité apparente du discours pseudo-scientifique et à la force de la publicité ciblée.
Ce phénomène pose une question centrale qui touche au cœur même de la responsabilité de l’Etat. Comment garantir la sécurité sanitaire lorsque le marché échappe aux circuits traditionnels de contrôle et que la frontière entre complément alimentaire et médicament devient volontairement floue? L’inquiétude exprimée par le député ittihadi n’est pas théorique. Elle renvoie à des risques concrets, parfois graves, pour la santé des consommateurs, en particulier les enfants et les personnes vulnérables, premières cibles de ces campagnes numériques agressives.
Au-delà du danger sanitaire, c’est aussi la crédibilité de l’action publique qui se trouve interrogée. L’absence de visibilité sur les procédures d’autorisation, le manque de communication sur les contrôles effectués et la rareté des sanctions connues nourrissent un sentiment d’impunité. Dans cet espace numérique devenu un marché sans gardien, les règles semblent s’effacer au profit du profit rapide. Or la santé n’est pas une marchandise ordinaire et ne saurait être abandonnée aux seules lois des algorithmes et de l’influence.
L’interpellation parlementaire de l’USFP met ainsi en lumière une carence structurelle. Elle appelle à une clarification urgente des mécanismes de contrôle, à une traçabilité rigoureuse des produits mis en circulation et à une vérification scientifique sérieuse des allégations thérapeutiques utilisées comme arguments de vente. Elle pose aussi la question de la capacité des institutions à s’adapter à un environnement numérique en constante mutation, où les outils classiques de régulation montrent leurs limites.
Mais contrôler ne suffit pas. Face à la séduction des discours simplistes et des solutions miracles, la prévention et la sensibilisation deviennent des impératifs politiques et sanitaires. Informer les citoyens, développer l’esprit critique, rappeler que la santé repose sur des preuves et non sur des promesses, voilà un chantier que l’opposition ittihadie estime trop longtemps relégué au second plan. La protection du consommateur ne peut être effective sans une stratégie claire d’éducation sanitaire, portée par l’État et assumée au plus haut niveau.
A travers cette question écrite, le Groupe socialiste–Opposition ittihadie ne se contente pas de pointer un dysfonctionnement. Il affirme une vision. Celle d’un État protecteur, vigilant et responsable, qui ne détourne pas le regard lorsque la santé des Marocaines et des Marocains est mise en jeu. A l’heure où le numérique redéfinit nos habitudes et nos vulnérabilités, le silence et l’inaction ne sont plus des options. Le gouvernement est désormais face à ses responsabilités. Et l’opinion publique, elle, attend des réponses claires, des actes fermes et une volonté politique à la hauteur des enjeux.
Mehdi Ouassat










