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Elections municipales en France : Progression continue de l’extrême droite et maintien de la gauche dans les grandes villes


Youssef Lahlali
Mardi 24 Mars 2026

Elections municipales en France : Progression continue de l’extrême droite et maintien de la gauche dans les grandes villes
Le second tour des élections municipales en France s’est achevé sans dégager de résultats nets en faveur d’un camp au détriment autre, notamment en raison de l’abstention de près de 43% des électeurs. Malgré cela, tous les partis, sans exception, ont revendiqué la victoire, affirmant avoir progressé et atteint leurs objectifs, qu’il s’agisse de la droite ou de la gauche dans toutes ses composantes.
Ces élections revêtent une importance particulière, car elles offrent aux différentes formations politiques l’occasion de mesurer leur popularité, de tester les réactions des électeurs face aux alliances, et d’évaluer les possibilités de coalitions à un an de la fin du mandat du président Emmanuel Macron
On peut toutefois considérer que le centre et les alliés du président sont les grands perdants de ce scrutin. Néanmoins, le chef du parti Renaissance, Gabriel Attal, a lui aussi affirmé que son parti avait progressé, mettant en avant la conquête d’une grande ville comme Bordeaux, auparavant dirigée par les écologistes. Cependant, le parti n’a pas réussi à arracher d’autres villes, les Républicains et les socialistes ayant conservé la majorité de leurs bastions, malgré la progression du Rassemblement national (extrême droite) ainsi que de La France insoumise à gauche, ces deux formations ayant enregistré des avancées notables dans plusieurs villes, en particulier le parti de Marine Le Pen.

De son côté, la gauche a réussi à conserver les plus grandes villes du pays lors de ce second tour tenu dimanche (Paris, Marseille, Lyon et Lille), réalisant une victoire à forte portée symbolique dans la capitale, tandis que l’extrême droite s’est imposée dans plusieurs villes de taille moyenne (Carcassonne, Cannes et Menton).

Par ailleurs, La France insoumise a remporté dès le premier tour la ville de Saint-Denis, en banlieue parisienne, et a également gagné dans des villes comme Roubaix et Creil au second tour, ce qui constitue une percée notable pour un mouvement qui n’a pas plus de dix ans d’existence.

Ces élections revêtent une importance particulière, car elles offrent aux différentes formations politiques l’occasion de mesurer leur popularité, de tester les réactions des électeurs face aux alliances, et d’évaluer les possibilités de coalitions à un an de la fin du mandat du président Emmanuel Macron. Le parti Renaissance fait face au défi de combler le vide que laissera le président après deux mandats, tandis que l’extrême droite estime disposer d’une opportunité sans précédent d’accéder au pouvoir en France, malgré les ennuis judiciaires de sa dirigeante Marine Le Pen liés à l’affaire des emplois fictifs.

Le premier tour n’avait pas suffi à trancher dans près de 35.000 communes et villes, la plupart ayant nécessité un second tour, en particulier dans les grandes agglomérations.
À Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, ancien adjoint à la maire sortante Anne Hidalgo, a remporté le second tour face à son adversaire, l’ancienne ministre de droite Rachida Dati, malgré la division de la gauche et le maintien de la candidature de Sophia Chikirou, représentante de La France insoumise.

Malgré l’union des composantes de la droite et le retrait du candidat d’extrême droite, Rachida Dati n’a obtenu que 41,52% des suffrages, tandis que Sophia Chikirou a recueilli environ 9%.

Le nouveau maire de la capitale a estimé que cette victoire constituait un indicateur à un an de l’élection présidentielle, où l’extrême droite est attendue comme favorite au premier tour.

A Marseille (sud-est), le maire sortant de gauche Benoît Payan a également remporté une victoire nette face au candidat du Rassemblement national, Franck Allisio. Après une compétition serrée au premier tour, Payan a obtenu entre 53,7% et 54% des voix au second tour, contre 40,5% à 41,1% pour son principal adversaire.

La gauche a également conservé Lyon, troisième ville du pays, où le maire écologiste Grégory Doucet a été réélu de justesse avec 50,67% des voix face à Jean-Michel Aulas, ancien président de l’Olympique lyonnais, crédité de 49,33%, ce dernier dénonçant des «irrégularités» et annonçant un recours.
Les socialistes ont, par ailleurs, conservé Lille (nord) et Rennes (ouest), et ont remporté Pau (sud-ouest) face à l’ancien Premier ministre centriste François Bayrou.

De son côté, le Rassemblement national a renforcé son implantation en ajoutant plusieurs communes à son palmarès, après en avoir déjà remporté 24 dès le premier tour.
Marine Le Pen a annoncé la victoire de son parti dans «des dizaines» de municipalités, dont Carcassonne, Menton et Cannes, tandis qu’il a perdu à Toulon et Nîmes.

Le président du parti, Jordan Bardella, en tête des intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle de 2027, a déclaré : «Jamais le Rassemblement national et ses alliés n’ont remporté un nombre aussi important de victoires sur l’ensemble du territoire. Nous devons prouver notre capacité à gouverner (…) Ces succès ne sont pas une fin, mais un nouveau départ».

Ces élections, habituellement marquées par une forte mobilisation, ont connu une participation historiquement faible, d’environ 57%, selon les instituts de sondage. Si elles confirment la progression de l’extrême droite et de La France insoumise, elles reflètent également la fragmentation du paysage politique observée lors des dernières législatives, ainsi que l’absence d’une figure charismatique capable de rassembler.

Cette situation pourrait faciliter la progression de l’extrême droite, d’autant plus que la gauche demeure divisée et engagée dans des luttes internes, notamment entre une aile du Parti socialiste qualifiée de «droite du parti» et La France insoumise, soutenue dans les quartiers populaires où vivent de nombreux immigrés, comme en témoigne son succès à Saint-Denis, Roubaix et Creil.

Paris – Youssef Lahlali

Youssef Lahlali
Mardi 24 Mars 2026

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