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​Les promesses non tenues du gouvernement Benkirane




​Les promesses non tenues du gouvernement Benkirane
«De manière tout à fait objective, notre expérience de ces trois années a été un succès». Cette déclaration faite au début de cette année par le chef du gouvernement, lors d’un meeting de son parti, n’a ni queue ni tête.
Pour Adil Benhamza, porte-parole du Parti de l’Istiqlal, Abdelilah Benkirane tente toujours d’enjoliver la réalité par de bonnes paroles, alors que la situation économique et sociale se détériore de plus belle.
«Le gouvernement se délie de toutes les promesses que le PJD avait faites lors de sa campagne électorale de 2011, car son programme était un programme de surenchère politique et non pas un programme de gouvernement», a-t-il martelé dans une déclaration à Libé. 

1- La lutte contre 
la corruption 

Le PJD et le gouvernement qu’il préside depuis 2012 avaient promis de combattre la corruption et l’économie de rente. Mais le bilan gouvernemental dans ce domaine est fort décevant. Déjà en 2012, une déclaration de Benkirane sur la chaîne qatarie Aljazeera avait irrité Transparency Maroc puisqu’il  avait appelé à tourner la page de la lutte contre la corruption en disant que « Dieu pardonne ce qui s’est passé, et si quelqu’un récidive, Dieu se vengera de lui ; telle est ma politique de lutte contre la corruption, et j’en suis fier ». 
Le gouvernement ne s’est pas contenté de ne pas poursuivre ceux qui ont pillé les caisses de l’Etat, mais sa politique a favorisé l’économie de rente, comme en attestent ces chiffres avancés par le porte-parole de l’Istiqlal, Adil Benhamza. « Depuis l’indépendance du Maroc jusqu’en 2011, les gouvernements successifs ont délivré 1600 autorisations d’exploitation de carrières, alors qu’entre 2011 et 2015, presque 500 autorisations ont été délivrées. Les chiffres parlent d’eux-mêmes », a-t-il tancé.

2- Un taux de 
croissance de 7 % 

Le PJD avait promuis durant la campagne électorale de réaliser un taux de croissance de 7 %. Atteindre ce taux a été jugé par les spécialistes comme illusoire voire chimérique vu la conjoncture économique difficile aussi bien au niveau national qu’international. «C’était une pure surenchère politique. Car le meilleur taux qu’a pu réaliser le gouvernement Benkirane n’a pas dépassé les 3%», a expliqué Adil Benhamza.

3- La réduction du taux 
de chômage 

Le gouvernement avait promis au peuple marocain de ramener le taux de chômage à 8%. Et pour atteindre ce chiffre, il faut créer 260.000 emplois par an. Même sur ce point-là, l’échec a été patent vu la politique antisociale qu’il mène depuis son investiture en 2012. 
Le nombre de postes créés par la loi de Finances 2012 n’a pas dépassé 1000, ce qui constitue le chiffre le plus bas jamais réalisé depuis 50 ans, selon Adil Benhamza. A titre de comparaison, en 2011, c’est-à-dire la dernière année du gouvernement Abbass El Fassi, l’Etat a créé 93.000 postes de travail. 
Pis encore, le nombre de postes créés en 2014 a été de - 414, c’est-à-dire que  le nombre de ceux qui ont quitté leurs fonctions a été supérieur à celui de ceux qui ont été recrutés.

4- Le Smig à 3000 DH
Une partie du peuple marocain ayant voté pour le PJD sur la base de sa promesse de hisser le SMIG à 3000 DH, est fortement désabusée, surtout que cette augmentation concerne presque 10 millions contre 800.000 fonctionnaires. « Le PJD et le gouvernement Benkirane avaient pris comme engagement d’améliorer les des conditions de vie des plus démunis et des classes moyennes. Ce gouvernement n’a pas voulu revoir la grille des salaires dans la Fonction publique, alors que le SMIG n’atteint actuellement dans le privé que 2400 DH », a affirmé Abdelhamid Fatihi, secrétaire général de la FDT dans une déclaration à Libé. Et d’ajouter: «Le PJD avait surenchéri durant la campagne électorale, mais une fois aux commandes, il est s’est rendu compte que la réalité est plus forte que ses promesses».

5- Le dialogue social
Abdelhamid Fatihi semble fortement dégoûté par les promesses trahies par le gouvernement Benkirane. Celui-ci s’est engagé à ce que le dialogue social soit fructueux. Dans ce domaine, le bilan est presque nul, selon ce dirigeant syndicaliste. 
En 1996, le dialogue social a été institutionnalisé, les réunions tripartites (gouvernement, syndicats, patronat) étaient périodiques (session de septembre et session d’avril). Mais depuis l’investiture de Benkirane, cet acquis a été anéanti. Pire encore, les conseils supérieurs tels le Conseil supérieur de la Fonction publique, le Conseil supérieur de la médecine de travail, etc., ont été sciemment gelés. 

Mourad Tabet
Jeudi 30 Avril 2015

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