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​Le Cameroun au forceps




Le Cameroun, grâce à un excellent gardien Fabrice Ondoa et un coup de maître tactique de son sélectionneur belge Hugo Broos, s'est qualifié pour les demi-finales de la Coupe d'Afrique des nations, en l'emportant sur le fil aux tirs au but (5-4, 0-0 a.p.) face au Sénégal.
Le Sénégal n'y arrive décidément pas. Parmi les équipes favorites de la compétition, les Lions de la Téranga voient le scenario de la finale perdue au Mali contre le Cameroun en 2002 se reproduire quinze ans plus tard à Franceville. A l'époque le capitaine sénégalais s'appelait Aliou Cissé, qui a revécu le même cauchemar samedi soir sur le banc comme sélectionneur du Sénégal.
Hugo Broos avait en tête une façon bien précise de battre le Sénégal: face à une équipe bien plus forte sur le terrain, ses Lions indomptables ont fermé la boutique pendant 120 minutes, mis à part deux ou trois incursions dans le camp sénégalais, puis ont cueilli les Sénégalais lors de la séance de tirs au but.
Et comme un clin d'oeil de l'histoire, c'est le joueur le plus connu des Lions de la Téranga, l'attaquant de Liverpool Sadio Mané, qui a été le seul à rater son tir au but, sur une magnifique parade de Fabrice Ondoa.
"Le coach a fait un boulot extraordinaire, et les joueurs ont été réceptifs. Ce groupe a montré de la qualité", s'est félicité Benjamin Moukandjo, le capitaine des Camerounais, au micro de beIN Sports.
"Aujourd'hui on a joué contre une forte équipe", a reconnu Broos, mettant en valeur la combativité de ses joueurs.
Pendant 90 minutes, les Sénégalais ont dominé la partie avec des occasions amenées par un très bon Keita Baldé Diao.
Si en première période, ils ont pioché dans la conclusion de leurs occasions, ils sont tombés sur un Ondoa en très grande forme en seconde période.
Le gardien remplaçant du Séville FC a repoussé d'une manchette un tir de Moussa Sow à quatre minutes de la fin du temps réglementaire, et s'est montré une nouvelle fois impérial toujours face à Sow dans le temps additionnel, permettant au Cameroun de disputer une prolongation.
"Vous avez vu le travail qu'ils ont fait. Il y a beaucoup de gens qui travaillent et étudient les adversaires. Je dois leur tirer un coup de chapeau", a loué modestement Ondoa, qui savait exactement ce qu'il devait faire sur le tir au but de Sadio Mané, inconsolable sur la pelouse de Franceville.
Mais les Lions indomptables auraient pu s'éviter une stressante séance de tirs au but, si Jacques Zoua n'avait pas buté sur le gardien sénégalais Abdoulaye Diallo juste avant la fin de la première période de la prolongation.
Dernière étape pour les Camerounais avant une septième finale en Coupe d'Afrique des nations: une demi-finale toujours à Franceville contre le Ghana ou la RD Congo, qui devaient s'affronter hier à Oyem.
Les Lions indomptables, lauréats à quatre reprises de la CAN, n'ont plus disputé une finale depuis la défaite contre l'Egypte en 2008 au Ghana. Une éternité pour les supporters à Yaoundé.
 
Le Burkina brise le rêve de la Tunisie


Coucou, le revoilà: héros du Burkina Faso finaliste de la CAN en 2013, Aristide Bancé a libéré son équipe longtemps prise dans les filets d'un match serré et fermé contre la Tunisie, offrant samedi aux Etalons, vainqueurs 2-0, un billet pour la demi-finale de l'édition 2017.
Entré en cours de jeu, par l'art du coaching du sélectionneur portugais Paolo Duarte, le géant de l'ASEC Abidjan (1,93 m) a débloqué la situation sur un coup de pied arrêté, d'une puissante frappe en extension qui a fusé en laissant sans réponse le gardien tunisien Ayem Mathlouti (80).
La minute suivante, Bancé a failli entrer dans la légende en envoyant une balle sur le poteau droit. Partie remise pour les Etalons: sur un contre, Prejuce Niguimbe Nakoulma double la mise, enflammant les 10.000 spectateurs largement acquis à la cause des enfants du pays des Hommes libres.
Avant ces dix minutes de feu, le match avait été parfois de glace, tant les deux équipes se sont neutralisées. Avec Ayem Mathlouti de retour dans les buts après sa blessure contre l'Algérie et Aymen Abdenour sur la gauche, la Tunisie a dominé sur le papier la première mi-temps d'après toutes les statistiques (possession du ballon et huit tirs au but contre quatre).
Mais ces 45 premières minutes furent souvent hachées sur la pelouse du stade de l'Amitié, qui portait d'ailleurs bien mal son nom vu les quatre cartons distribués à juste titre par l'arbitre sud-africain Bennett (exemple parmi d'autres, un vilain geste de Mohamed Ali Yacobi sur le gardien Kouakou Koffi, saisi en gros plan par les caméras du stade).
Une seule action méritera de figurer dans l'anthologie de la CAN-2017: un contrôle-pivot-pichenette du gauche juste au-dessus de la transversale de Betrand Traoré, à la conclusion d'un immense travail de Nakoulma et d'une belle combinaison avec Bayala (23).
La réponse tunisienne prit la forme d'une frappe à côté de Mohamed Ben Amor sur un coup-franc en retrait de Wahbi Khazri (31).
En deuxième mi-temps, les deux équipes ont continué à faire jeu égal au fil d'un match que l'on jugera au choix riche en engagements ou pauvre en occasion de buts. Wahbi Khazri a eu du mal à cacher son énervement lors de son remplacement peu après l'heure de jeu, refusant de serrer la main de son coach Henri Kasperczak.
Ça sentait les prolongations, ou le but décisif. Ce fut le coup de force de Bancé.

Ils ont dit

  Paolo Duarte, sélectionneur portugais du Burkina Faso: "Ce fut un match difficile qui normalement se décide sur des détails. Chaque coup de pied arrêté de la Tunisie était dangereux. J'ai senti que mon équipe a joué un football d'un niveau énorme. C'est une équipe capable de donner un spectacle fantastique. J'ai loué la maison pendant trois ans et demi (ndlr: entre ses deux contrats au Burkina Faso, 2007-2012, et depuis 2016). Aujourd'hui la qualité, la confiance sont là. Quand on sert le football, tout le monde sort gagnant. Je suis content de la présence de nombreux Burkinabés qui nous ont aidés à gagner ce match. On ne peut pas savoir quel sera l'avenir, seul Dieu le sait. On rêve de faire mieux qu'en 2013 (ndlr: le Burkina battu en finale). Ce ne sera pas facile. L'important c'est que les joueurs ne perdent pas leur humilité. N'oubliez pas que la Tunisie a eu un jour de repos en moins que nous. J'ai senti que la Tunisie était costaude derrière, mais un peu lente".

Henri Kasperczak, sélectionneur franco-polonais de la Tunisie: "Le Burkina a mieux mérité, il a gagné. L'équipe tunisienne n'a pas démontré ses qualités, je suis d'accord. Nous n'avons pas fourni notre prestation habituelle. On n'a pas retrouvé cette rage de vaincre. On était un peu fatigué. La fraîcheur physique n'était pas au point. On n'a pas joué assez vite toutes les actions offensives. Les changements dans l'équipe burkinabée ont été une grande réussite, avec un joueur qui entre et qui fait la différence (ndr: Bancé). C'est ça qui fait le résultat. A 0-0 on a eu l'espoir de faire la différence, mais nous avons pris un but sur un coup de pied arrêté. La réaction de Khazri? Un joueur sort, parfois il est énervé, ça arrive partout. Je suis déçu comme tous les joueurs de cette élimination, que nous pouvions peut-être éviter"

Benjamin Moukandjo (attaquant du Cameroun, au micro de BeIN Sports): "C'est énorme d'autant plus que personne ne nous attendait là. Il y a que nous qui avons cru en nous. Le coach a fait un boulot extraordinaire. On savoure, on prend du plaisir. C'est la récompense d'un groupe qui a montré des valeurs. On est en train de faire quelque chose d'extraordinaire. Avant la séance de tirs au but, le coach nous a dit qu'on avait déjà réussi notre match, parce que face à une équipe comme le Sénégal se retrouver jusque-là c'est quelque chose. Les dieux du football ont été avec nous".

Hugo Broos (sélectionneur du Cameroun, sur BeIN Sports): "On n'était pas attendu. Aujourd'hui on a joué contre une équipe forte, mais quand tu vois la volonté de notre équipe, la combativité, alors on mérite vraiment de gagner ce match. Aujourd'hui on a passé un cap. Il y en a encore deux".

Fabrice Ondoa (le gardien camerounais, sur BeIN Sports): "Pour faire face à Sadio Mané (aux tirs au but), j'ai parlé avec l'entraîneur des gardiens. Ce genre de joueurs a un talent rare. Il ne faut pas montrer que tu connais le côté où il va tirer. Il fallait attendre jusqu'au dernier moment pour lancer la détente et essayer d'enlever le ballon. Il faut de la qualité dans le foot mais le courage, la détermination, la foi prouvent qu'on peut arriver très loin. On l'a 
démontré".

Lundi 30 Janvier 2017

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