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​La société orientale de consommation




​La société orientale de consommation
Sans doute la surconsommation est la caractéristique majeure de la société moderne. Le sujet de la consommation et ses répercussions sur les modes et qualité de vie a fait couler beaucoup d’encre et le fait toujours.
La société de consommation fait référence à un modèle social et économique basé sur la création du besoin ; pire encore: la création du désir. L’homme moderne est toujours en quête d’assouvir ses désirs créés à travers les images ou la publicité. Il a envie d’acheter plus, de posséder plus de biens qui seront vite usés et remplacés. La satisfaction du besoin n’a jamais eu lieu dans la société médiatisée et capitaliste. L’homme moderne est amené ainsi à travailler plus pour gagner plus, pour finalement consommer plus. L’achat est la finalité : tel est  le principe de nos jours.
L’Occident se retrouve ainsi face à des problématiques sociales dont l’urgence de trouver les solutions optimales n’est pas à discuter. Le nouvel ordre économique détruit les valeurs, les relations humaines, la morale et la nature. La surconsommation ainsi que l’excès de production menacent les principes et l’existence également. Même après la crise, le phénomène n’a pas disparu. Les biens et services sont toujours de plus en plus vendus ; les consommateurs sont partout : dans les magasins, boutiques, cafés… Le modèle de la société moderne n’a pas changé après la crise. Il semble survivre et s’impose comme modèle type à suivre.  Les médias ont gardé leurs rôles de messagers incitant les gens à acquérir davantage.
  Mais qu’en est-il chez nous, dans nos sociétés arabes ? 
Les sociétés orientales connaissent une autre réalité,  totalement différente des sociétés occidentales. Peut-être que la politique et le commerce rassemblent tout le monde. Mais les sociétés ne sont pas les mêmes. Les conditions sociales, les niveaux de vie, la qualité de vie ou encore les perspectives d’avenir ne sont pas les mêmes.
Qu’est-ce que le fait de surconsommer pour un Egyptien ? Que signifie la satisfaction du besoin pour un Syrien aujourd’hui ? 
Si l’Occident perd ses valeurs en suivant ses désirs, en Orient, on crée les désirs sans, dans la majorité des cas, les assouvir. Les conséquences sont aussi désastreuses en Orient qu’en Occident. 
Les sociétés arabes connaissent de vraies crises à tous les niveaux. D’abord, la structure sociale elle-même, qui est souvent traditionnelle. On ne doit pas considérer cela comme un point négatif pour les sociétés concernées ; mais une société ne peut être traditionnelle et consommatrice en même temps. Car la « consommation » est la concrétisation de toute une philosophie, où le corps est un objet, l’argent est une fin et l’égoïsme est un principe. La société traditionnelle connaît d’autres valeurs, opposées souvent. L’Occident impose partout ses nouveaux principes à travers sa force. Une société traditionnelle se trouve écartelée, incapable de se développer « naturellement ». Elle se trouve obligée d’imiter l’Occident, de jouer ladite modernité. Cette situation est un vrai handicap pour son propre développement. Encore plus, elle le freine. Elle devient esclave de l’autre qui ne cherche que les bénéfices matériels, par tous les moyens. Pour que le bien soit consommé, « l’autre » doit faire connaître sa modernité qu’il faut admirer et chercher à prendre comme modèle à suivre. 
La surconsommation fait perdre l’identité de la société arabe et fait oublier son évolution historique.
Ensuite, l’environnement est caractérisé, dans beaucoup de pays, par l’insécurité et l’instabilité politiques. On vit aujourd’hui, et ce depuis des années, un phénomène marqué par la guerre. Des pays aujourd’hui comme la Syrie, l’Irak ou l’Egypte marqués par la violence, sont aussi concernés par ce modèle de consommation. Il est évident et clair que dans de telles situations, parler de ce sujet parfois n’a pas de sens. Quel achat ou besoin peut-on définir dans des pays vivant dans des conditions de guerre ? Mais les concernés et ceux appelés à réfléchir sur ce sujet  ne sont pas les citoyens de ces pays pour le moment, mais c’est nous qui vivons en « paix » : les Marocains par exemple.
Nous sommes appelés à être solidaires envers nos frères qui vivent des situations de souffrances. De quel droit me permettrai-je de m’oublier dans un environnement  marqué par l’égoïsme et le désir alors que mes frères vivent l’horreur ? Le devoir du chanceux vivant –encore- en paix est de rester vigilant et de garder l’esprit critique. Le Marocain doit être conscient que l’excès de consommation, que l’imitation de l’Occident, que le fait d’oublier soi-même et ses propres valeurs, font de lui une personne irresponsable. Son devoir est d’agir contre tous les vices qui anéantissent non seulement les pays arabes ou occidentaux mais toute l’humanité. Le matérialisme, l’argent, le profit vont nous détruire tous…
Et enfin, la société orientale, comme dans le cas marocain également, est une société qui connaît de vrais problèmes qui concernent le niveau de vie ;  les relations sociales (faisant allusion ici aux réseaux sociaux : le monde abstrait prône sur le monde réel) ; la crise d’identité; la pauvreté... Dans un contexte marqué par ces problèmes, le modèle de la société de consommation vient aggraver la situation.
Celui qui allume sa télévision, ou ouvre son ordinateur, va être tout de suite connecté à un autre monde : à l’Occident souvent. Il est très facile aujourd’hui d’importer jusqu’à sa chambre d’autres valeurs.
Si le besoin est créé, comment une personne dont les moyens sont limités peut-elle le satisfaire ?  Comment peut-elle  répondre à des besoins secondaires si elle  ne peut encore satisfaire tous les besoins essentiels ? Parfois on suit aveuglément son besoin de « luxe » au détriment de l’essentiel.
La surconsommation est aussi l’expression du besoin d’appartenance à une telle catégorie sociale. Cela  n’est-il pas une forme d’hypocrisie, vice qui complexifie la problématique.

 * Etudiante en finances 
à la Faculté des sciences 
juridiques, économiques 
et sociales Souissi - Rabat

Par Najma Zaghrioui *
Vendredi 27 Février 2015

Lu 643 fois


1.Posté par Nacer le 28/02/2015 10:22
Article intéressant, mais qui fait des analyses elliptiques et parfois sommaires. La société de consommation est effectivement un modéle économique, mais qui est l'aboutissement d'un modèle de développement politique, économique, social, qui s'est fait sur plusieurs siècles. Il prône l'individualisme, qui n'est pas forcément égoiste, mais en même temps lui a assuré des droits juridiques qui n'existaient pas dans les sociétés qui ont précédé.
En ce qui concerne les pays arabes, il y a une analyse teintée de morale, qui fausse le jugement.
Le citoyen arabe est à un stade de développement totalement différent de l'occidental, pour des raisons historiques, culturelles et politiques. On ne peut comparer que ce qui est comparable. Les pays arabes souffrent d'une distribution inégale des richesses qui fait qu'une minorité dispose d'un pouvoir d'achat énorme, pendant que la majorité est encore dans la lutte pour la satisfaction des besoins essentiels. Au lieu de blâmer un modèle occidental qui serait imposé "impérialement", on ferait mieux de nous pencher sur notre propre modèle et ses défaillances : absence de démocratie dans la plupart des pays arabes, absence de droits politiques, de protection sociale, etc. La publicité est une incitation à consommer, et non une obligation ou un conditionnement. C'est par l'éducation que l'individu devient maître de son comportement et apte à choisir parmi tout ce qui lui est proposé, ce qui lui correspond le plus. A titre d'exemple, nous regardons tous la télévision quotidiennement, mais nos programmes et nos séries favorites ne sont disponibles que grâce à la publicité. La supprimer reviendrait à exiger des redevances trop élevées pour le moindre programme et à appauvrir l'offre télévisuelle.
Quant à rendre les marocains responsables des autres, cela relève du complexe de culpabilité (pourquoi le Maroc est il en paix, alors que les autres pays sont en proie à la guerre civile), ou d'un complexe de supériorité : vouloir imposer à un peuple, fut-il arabe et frère, un modèle extérieur, sous prétexte que nous tirons mieux notre épingle du jeux. On tombe dans l'erreur de l'occident, qui veut imposer son modèle au reste de la planète, parce qu'il pense que son modèle est supérieur ! Il faut apprendre à respecter les autres, et laisser chacun trouver sa voie, à son propre rythme. La démocratie se vit, et ne s'impose pas.

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