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​L’OMDH tire la sonnette d’alarme

Le long confinement des enfants ne sera pas sans effets négatifs sur eux




L'Organisation marocaine des droits de l'Homme (OMDH) a tiré la sonnette d’alarme sur la situation de millions d'enfants marocains pris en otage dans leurs maisons depuis plus de trois mois à cause du confinement sanitaire, tout en avertissant sur ses conséquences graves et ses effets psychologiques négatifs sur eux.
En ce sens, l’OMDH a appelé le gouvernement à prendre en compte le statut de ce groupe, surtout depuis la fin de l'année scolaire et suite à sa décision de prolonger les mesures de confinement et l’état d’urgence sanitaire jusqu'au 10 juillet prochain.
Cette ONG a critiqué la confusion et l’incohérence des membres du gouvernement dans la gestion de l'urgence sanitaire, en notant «la multiplicité des opinions contradictoires d'une part et la multiplication des fuites concernant les décisions et projets de décrets relatifs à la gestion de l'état d'urgence, par exemple le projet de décret-loi relatif à la date de fin de la levée de l’état d’urgence ». Cela constitue « un déséquilibre qui affecte négativement le droit des citoyens à l’information correcte », selon un communiqué de l’OMDH rendu public à l’issue de la réunion de son bureau exécutif.
L’OMDH a également appelé le gouvernement à associer les syndicats et les organisations de la société civile dans la prise de mesures pour atténuer l’impact de la pandémie sur les plans économique et social, tout en appelant à trouver une solution pour les personnes sans domicile fixe, ainsi que pour les migrants en situation irrégulière.
Par ailleurs, l’OMDH a appelé le gouvernement à accélérer le programme de rapatriement des Marocains bloqués à l’étranger à cause de la pandémie et de la fermeture des frontières depuis mars dernier, tout en mettant l’accent sur le calvaire des 7000 femmes saisonnières marocaines travaillant dans la collecte des fraises et autres fruits rouges à Huelva en Espagne dont le contrat a expiré début juin et qui ne parviennent pas à rentrer au pays en raison de la fermeture des frontières.
L’ONG a également attiré l'attention sur la situation des femmes marocaines résidant dans la ville de Nador et travaillant dans la ville occupée de Mellilia. Selon l’OMDH, ces femmes ont été exclues du soutien financier accordé à des millions de citoyens marocains sous prétexte qu’elles travaillent en vertu de la loi espagnole du travail, soulignant qu’elles ne sont pas en mesure, jusqu'à présent, de rejoindre leur travail dans la ville occupée de Mellilia parce que les frontières sont toujours fermées.
D'autre part, l'OMDH s'est dite profondément préoccupée par l'augmentation des agressions sexuelles à l’égard des mineurs, considérant que « le retrait de plainte de la part des parents des victimes n'a aucun effet juridique sur l'action publique dans de tels cas et ne justifie pas pour autant le faitd’échapper à la punition ou nuire à l'application de la loi ». L’OMDH fait allusion au cas d’Ikram (6 ans) violée à Tata par un quadragénaire qui a bénéficié de la liberté provisoire suite au retrait de la plainte par le père de la victime. Cet incident a soulevé un tollé dans les réseaux sociaux et au sein des organisations de la société civile, ce qui a poussé le tribunal d’Agadir à le placer une nouvelle fois en détention.
A cet égard, le Bureau exécutif a annoncé que l'OMDH se constituera en tant que partie civile dans cette affaire.
Par ailleurs, l’OMDH a condamné « la déclaration d'un médecin sur les plateaux d’une chaîne de télévision privée dans laquelle il prétend que la revendication du droit à la liberté du corps par le mouvement des femmes et des droits humains est la raison expliquant l’augmentation des cas de viol au Maroc ».
L’OMDH a également annoncé son participation à la campagne mondiale contre le racisme aux Etats-Unis, en exhortant les autorités de ce pays et de tous les pays du monde à rejeter la discrimination et le racisme conformément aux dispositions des déclarations, pactes, accords internationaux et régionaux et de la plupart des Constitutions nationales.

Mardi 16 Juin 2020

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