​Ricardo Sánchez Serra : En reconnaissant la Rasd, le pouvoir en place à Lima pousse le Pérou à devenir un pays paria


Libé
Mardi 21 Septembre 2021

En reconnaissant la Rasd, une entité qui n'existe nulle part, «la présidence pousse le Pérou à devenir un pays paria et lui porte préjudice sur la scène mondiale», estime l'analyste international Ricardo Sánchez Serra dans une interview accordée récemment au site d’information péruvien La Abeja. M. Sánchez Serra, qui est également vice-président de la Fédération des journalistes du Pérou, a inscrit la décision péruvienne dans le cadre d’un « déchaînement dû au radicalisme idéologique marxiste du président Pedro Castillo et de son parti 'Pérou Libre'». La décision péruvienne de renouer avec une république chimérique «cherche à compliquer les relations avec le Maroc, un pays ami qui ouvre les portes du monde arabe et de l'Afrique», a ajouté M. Sánchez Serra. Loin de servir les intérêts du Pérou, l’analyste péruvien qualifie cette décision «d’affront à un pays ami, comme le Maroc, et une prise de distance par rapport à la Ligue arabe et de nombreux pays africains» dont le Pérou aurait besoin lorsqu’il s’agit de votes nécessaires pour accéder à un organisme international. «C'est aussi grave que ça. Un pays ami et un pays arabo-africain influent est attaqué gratuitement», déplore-t-il. M. Sanchez Serra pointe du doigt les raisons idéologiques, «vestige de la guerre froide», qui sous-tendent la reconnaissance de la Rasd,«un pays qui n'existe pas, qui n’est pas reconnue par l'ONU (…) et qui est une invention algérienne pour porter atteinte à l'intégrité territoriale du Maroc». Tentant de comprendre ce qui serait passé dans cette bourde de la diplomatie péruvienne, M. Sanchez Serra a accusé le ministre des Affaires étrangères, Óscar Maurtua, d’avoir «pu prendre les choses à la légère» et d’être soumis aux « pressions marxistes internes et externes qui ont fait leur travail et ont fait plier la chancellerie». Pour lui,«le problème agaçant de la Rasd n'est que la pointe de l'iceberg, viendra plus tard le rapprochement avec l'Iran, qui ouvrira son ambassade à Lima, tout comme les Nord-Coréens et les terroristes du Hezbollah qui ouvriront un bureau dans la capitale du Pérou ». Ses craintes quant aux nouvelles orientations de la diplomatie péruvienne augmentent davantage avec les distances qu’elle prend avec les voisins au Brésil, en Equateur, en Colombie et en Uruguay, «pour des raisons idéologiques. Le Pérou deviendra un paria international, ce qui affectera également notre développement. Le ministère des Affaires étrangères ne devrait pas le permettre», plaide-t-il. «Le "béni-oui-oui" est nuisible. Du coup la présidence presse pour établir des relations avec d'autres pays inexistants comme l'Ossétie du Sud, l'Abkhazie, la République de Transnistrie, le Somaliland ou la République des Cocotiers...», ironise-t-il en guise de conclusion.


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