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Vahid Halilhodziic : Je ne comprends pas ceux qui ne respectent pas le confinement




Vahid Halilhodziic : Je ne comprends pas ceux qui ne respectent pas le confinement
S’il y a une personne pour qui, plus ou moins, le confinement devrait avoir l’air du déjà vu, c’est bien Vahid Halhilodzic. A l’instar de plus de  2,6 milliards de personnes confinées de par le monde, le sélectionneur national se trouve lui aussi tenu de rester dans sa demeure dans les Yvelines en banlieue parisienne. L’occasion pour le technicien franco-bosniaque de faire le point sur cette situation terrible à travers un entretien qu’il a accordé récemment au quotidien français, Le Parisien.
Connu pour son franc parlé, Vahid Halhilodzic n’est pas allé par quatre chemins pour taxer de «gâtés» ceux et celles qui n’en font qu’à leurs têtes, ne respectant pas le confinement décrété par les autorités de leurs pays respectifs. 
«C'est long mais il n'y a pas d'autre solution pour se sortir de cette situation compliquée », a fait savoir Halhilodzic qui, lui aussi, aurait aimé « se promener, faire un footing mais c'est interdit, alors je respecte cette décision et je ne comprends pas ceux qui sortent».  Et d’ajouter  qu’« en Europe se joue un drame avec des pays qui n'étaient pas prêts pour affronter la pandémie. Heureusement qu'il ne s'agit pas d'une guerre, ce serait pire! La panique serait totale. Les responsables n'ont rien anticipé ».
Au sujet de ce qu’il avait vécu en 1990 lors de la guerre de Bosnie, Vahid Halilhodzic  se rappelle ses jours difficiles à Mostar où « on se faisait bombarder tous les jours. A n'importe quel moment, vous pouviez prendre une bombe en pleine gueule. C'était dégueulasse. Il y a des points communs mais on ne peut pas comparer. Ici, on peut sortir avec autorisation».
Apparemment, les atrocités d’une guerre seraient plus dures que les malheurs d’une pandémie, puisqu’il suffit d’une prise de conscience généralisée, versant dans le sens de la responsabilité. Pour l’heure, celle-ci se résume en un seul mot : le confinement en vue d’éviter la propagation de ce virus qui, hélas, fauche des milliers de vies au quotidien. 
Au regard de Vahid Halhilodzic, qui se dit aussi triste qu’inquiet,  le Covid-19 doit être perçu comme «un avertissement pour nos sociétés : nous ne pouvons plus fonctionner comme nous l'avons fait jusqu'à maintenant. La civilisation peut disparaître si les hommes continuent à ne pas respecter la nature. La nature est plus forte que l'homme. Il faut qu'il arrête d'essayer de la détruire ». Avant de formuler, en dernier lieu, l’espoir de voir « les politiques prendre en considération l'urgence d'une réforme écologique. Il y a un risque désormais de disparition de la civilisation ».
Décidément, il s’agit là du match qu’il faut absolument gagner. Car, il y va tout simplement de notre vie.

Mohamed Bouarab
Jeudi 26 Mars 2020

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