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Un gisement de croissance sous exploité

Economie du sport au Maroc


Un gisement de croissance sous exploité
Le secteur du sport au Maroc présente un indéniable potentiel en termes de création de richesse et d'emploi. Pourtant, il reste encore sous exploité en raison de freinsliés notamment au financement, à la formation, aux infrastructures et à la connaissance du marché. Fort d'atouts géographiques, climatiques et culturels majeurs et d'une population jeune, ce secteur prometteur est appelé à contribuer significativement au processus de développement socioéconomique du pays. Au-delà de ses apports au niveau du développement personnel, du rayonnement d'un pays et de la cohésion et de l'intégration sociale, le sport est reconnu aujourd'hui comme étant un véritable moteur économique, créateur de richesse et générateur d'emplois, souligne un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur "la politique sportive au Maroc".

Avec un poids économique représentant 2% du PIB mondial, soit environ 1.200 milliards d'euros, près de 3% du PIB et 2,2% de l'emploi dans les pays de l'Union européenne, l'économie du sport constitue une dimension importante prise en considération par les plus grandes nations au niveau de toute politique sportive. A titre d'illustration, le rapport note qu'en 2012, le marché des articles de sport générait à lui seul un chiffre d'affaires de 12 milliards d'euros pour 1.500 entreprises. Cette économie du sport procure environ 210.000 emplois salariés dans des activités directement et indirectement liées aux sports au niveau du secteur privé et près de 100.000 emplois au niveau du secteur public.

Pour le cas du Maroc, le CESE relève qu'un marché du sport loisir commence à se développer avec la multiplication des salles de sport, dont le leader est un groupe d'investissement sportif avec une trentaine de salles dans 8 villes et plus de 350 millions de dirhams investis en 3 ans.

L'objectif de cette entreprise sportive est d’atteindre 150 clubs dans 56 villes avec un programme d'investissement de 2 milliards de dirhams pour cibler 1,5 million de personnes. Parallèlement, le rapport mentionne l'installation d'équipementiers sportifs, dont une grande entreprise d'équipements sportifs qui va investir 15 millions d'euros dans 26 nouveaux magasins et une plateforme logistique à Tanger Med. Ceci aura pour effet de quadrupler les achats au Maroc en sous-traitance et en produitsfinis pour atteindre chaque année deux milliards de dirhams, avec la création de 10.910 emplois directs et indirects.

En revanche, le CESE fait observer dans son rapport établi en 2019, que l'économie du sport ne fait pas l'objet d'une attention suffisante, estimant qu'elle n'est pas mesurée etsuffisamment étudiée pour se développer de manière satisfaisante.

Il souligne ainsi que l'économie du sport, dans toutes ses composantes, devrait être développée davantage. Pour cela, il conviendrait de mener des études aux niveaux national et régional pour identifier les opportunités à saisir, orienter les investissements publics et privés et développer des écosystèmes. Toutrécemment, le cabinet Mazars en partenariat avec l'African Sports & Creative Institute (ASCI) ont mené une enquête qualitative et quantitative donnant la parole aux acteurs économiques représentant toute la chaîne de valeur du sport en Afrique, afin de comprendre la perspective des acteurs du sport africain sur le secteur, ainsi que les défis et les opportunités qui se présentent à eux. Les données collectées auprès de 500 acteurs du sport africain ont mis en valeur deux caractéristiques de ce système. Premièrement, les répondants estiment que de nombreux acteurs comprennent mal les enjeux spécifiques au sport, ce qui les empêche de convaincre les sponsors et bailleurs de fonds nécessaires au financement de leur croissance. Deuxièmement, le manque de données freine la capacité des dirigeants à détecter les opportunités.

L'étude, intitulée "Ecosystème du sport en Afrique: de potentiel à un levier de développement", relève en outre que des barrières institutionnelles, financières ou liées au capital humain doivent encore être levées. En contrepartie, de grandes opportunités sont à saisir pourrenforcerl'écosystème du sport en misant sur des stratégies publiques plus appropriées, des modes de financement plus conséquents et adaptés, l'investissement dans la formation, l'innovation et la digitalisation, l'engagement du secteur privé et l'investissement dans l'infrastructure et les équipements. Le renforcement des infrastructures et des équipements, l'organisation d'évènements à grande échelle, la formation, les textes régissant le secteur, la volonté politique ainsi que l'implication des gouvernements et des institutions financières dans le financement sont autant d'éléments clés pour que ce secteur participe plus activement au progrès économique et social de la jeune population africaine, estiment les auteurs de l'étude. L'étude met également l'accentsur le capital humain qui s'avère l'atout majeur de l'Afrique. Consciente du potentiel, la majorité des répondants estime que son éducation est primordiale. En effet, les populations méconnaissent le business du sport, les «talents» ont de sévères lacunes dans leur formation, l'identification, le processus d’identification et le processus de recrutement d'un personnel qualifié restent encore difficiles.

Les résultats préliminaires de cette étude font également ressortir que l'écosystème du sport africain doit relever les défis relatifs à la commercialisation et la captation des revenus générés. Sur ce point, les répondants estiment que les médias africains ont un rôle important à jouer notamment grâce à une couverture plus large et de meilleure qualité des évènements. Ils jugent également que les acteurs du sport doivent mieux comprendre les sponsors et ainsi présenter une offre commerciale plus adaptée aux stratégies, objectifs et contraintes des annonceurs afin de générer davantage de crédibilité et de confiance.

Cité dans une note de synthèse de l'étude, le directeur de l'Agence française de développement (AFD) au Maroc, Mihoub Mezouaghi, a souligné que le potentiel de l’économie du sport au Maroc est important, ajoutant que selon les estimations les plus récentes, l’économie du sport représente environ 1,1% du PIB. Elle pourrait atteindre entre 2 et 3% sous l'impulsion d'une mobilisation des investissements notamment privés. "Consolider un écosystème du sport notamment à un niveau local et en particulier dans les domaines de la formation pourrait être un fort levier d’attractivité de l’économie du sport marocain", a-t-il conclu.

Libé
Jeudi 24 Décembre 2020

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