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Un Raja performant et un Metouali seigneurial

Le public des Verts fait sensation à Alger




Au coup de sifflet final, la joie n’était pas immense. Loin de l’extase, les joueurs du Raja de Casablanca ont savouré leur succès (1-2) sans trop en faire non plus, conscients que rien n’était encore joué. S’ils ont dominé et tenté quasiment le double des tirs (14) de leur hôte (8), le Mouloudia d’Alger, lors de ce quart de finale aller de la Coupe arabe des clubs champions, tout n’a pas été facile pour les hommes de Jamal Sellami, notamment en première mi-temps. En seconde, l’expulsion du milieu de terrain algérien Chamseddine Harrag (57’), qui n’a pas su contrôler ses nerfs face à la malice de Rahimi et l’influence grandissante dans l’entrejeu de Moutouali ont permis aux Verts de renverser une affaire initialement mal embarquée.
Pour la énième fois cette saison, Moutouali a été l’homme du match. Le fantasque ailier a été au four et au moulin tout en dressant la table. Il a d’abord failli ouvrir le score d’une magnifique volée (20’), sauvée in extremis sur sa ligne par un défenseur algérien, avant de transformer en seconde mi-temps (54’), un penalty logiquement signalé suite à l’intervention de la VAR, remettant ainsi les pendules à l’heure. Puis, en fin de match, il a passé en revue tout le flanc gauche de la défense algérienne, avant de servir parfaitement Ben Malango. Tel un renard des surfaces, le Congolais s’est ainsi rattrapé, lui qui avait envoyé un ballon enroulé sur la transversale quelques minutes plus tôt.    
Le score final aurait pu être différent. Il aurait pu être plus à l’avantage du RCA si les règles du jeu avaient été respectées à la lettre. Et pour cause, au cœur du premier acte, balloté dans tous les sens par un Mouloudia agressif et déterminé, Anas Zniti s’est incliné, juste après avoir réussi un arrêt « ligue des champions », où il détourne en corner, à reculons et du bout des doigts, un coup de casque adverse. Le corner en question fut tiré à la rémoise et a confirmé, d’une part, le déficit dans le jeu aérien de la paire Sanad-Chakir, et de l’autre, une application aléatoire des règles du jeu. Pourquoi ? Parce que le but de Samy Frioui aurait dû être refusé, le tireur du corner a fait tomber le poteau qui s’y trouve en remettant le ballon en jeu. Et c’est interdit d’y toucher, selon les règles de l'International Football Association Board (IFAB). En tout cas, si on met de côté les timides réclamations des joueurs du Raja et l’absence d’incidence de ce fait sur le but, tant mieux que l’ouverture du score n’ait pas été invalidée. L’esprit du football a primé.
En parlant d’esprit justement, il nous a paru impératif de mettre en lumière l’état d’esprit conquérant et la prestation du jeune Zrida et à un degré moindre celle d’Arjoune. Commençons par le milieu défensif. Placé aux côtés du latéral gauche de métier, Fabrice Ngoma, dans le double pivot de milieux centraux qui avait pour mission de protéger l’arrière-garde du Raja, Arjoune a été précieux, notamment par sa capacité à récupérer énormément de ballons, à la fois dans les pieds et en coupant les lignes de passes, avant de les transmettre à ses coéquipiers simplement et sans fioritures.
Pour sa part, le milieu offensif M. Zrida a été éblouissant de bout en bout. Une véritable pile électrique qui a fini par asphyxier le milieu de terrain algérien à force de courir  intelligemment et à haute intensité, pendant 90 minutes. Si l’on y ajoute sa qualité de dribble, de passe et de déplacement hors normes, force est de constater que le Raja de Casablanca tient là un crack, qu’il va falloir protéger et éviter de trop exposer pour qu’il ne se brûle pas les ailes beaucoup trop tôt.
Zrida se souviendra de son baptême de feu, lui à qui Patrice Carteron avait montré la porte de sortie et ne voulait plus de lui contrairement au duo Sellami-Sefri. Comme quoi, on peut avoir un passé d’entraîneur de Ligue 1 et se tromper lourdement sur la valeur d’un prospect qui a de fortes chances de se voir ravi par des clubs renommés. On espère le revoir avant le match retour, prévu le 9 février.
On ne peut conclure sans rendre hommage à ce public fabuleux qui a fait le déplacement pour encourager les siens. Mieux, les supporters des Verts ont fait sensation dans les rues d’Alger cette fois avec un chant qui en dit long sur leur patriotisme : “Nous sommes venus pour vous dire que le Sahara est marocain”, c’était là un refrain scandé à tue-tête.




 

Chady Chaabi
Lundi 6 Janvier 2020

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