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Solidarité, développement social, égalité, famille… Tu parles !

Ils sont 5000 cadres, spécialistes et autres auxiliaires à être privés de salaires depuis plus de dix mois



5.000 cadres, spécialistes et auxiliaires œuvrant dans le domaine du handicap sont privés de leurs salaires depuis plus de 10 mois, à en croire la Plateforme de coordination des coalitions œuvrant dans le domaine du handicap. Et pour cause : le retard enregistré au niveau de l’aide annuelle accordée par le ministère de la Solidarité, du Développement social, de l'Egalité et de la Famille au soutien de la scolarisation des enfants handicapés. Selon ladite Plateforme, ce déficit budgétaire ne date pas d’hier puisque la valeur des montants alloués annuellement au soutien de la scolarisation des enfants en situation de handicap n’a pas évolué au cours de ces dernières années. En 2019, ce soutien a été estimé à 167 millions de DH alors que le nombre des inscriptions a augmenté. Pis, le montant du soutien accordé aux élèves handicapés est passé de 1.100 à 750 DH. Pour les 120 ONG regroupées dans ladite Plateforme, la responsabilité de cette situation doit être assumée par le ministère de tutelle puisqu’il n’est pas intervenu à temps, en tant que secteur responsable de la coordination des politiques et des programmes en relation avec le dossier du handicap, afin de redresser la situation. Ce retard enregistré au niveau du déblocage des fonds nécessaires pour assurer la scolarisation des enfants handicapés est également dû, selon notre source, à l’absence d’une gestion quantitative au niveau de l’accueil et de l’examen des demandes des associations qui prennent en charge 20.000 enfants handicapés et qui emploient 5.000 salariés sociaux. Une situation considérée comme inacceptable vu l'évolution de l’administration publique qui s’appuie de plus en plus sur de nouvelles technologies plus simples et plus rapides. Les ONG ont constaté aussi du retard en matière de simplification des procédures et des mesures en relation avec le soutien de la scolarisation comme le stipule la loi 55.19 relative à la simplification des procédures et formalités administratives. L’absence de coordination au niveau local entre l’Entraide nationale, les services de la santé, de l’éducation nationale et de la formation professionnelle a également été observée. Une diminution des ressources qui a eu des conséquences importantes sur la qualité des services rendus à ces enfants et qui a obligé plusieurs associations à réduire les salaires de leurs cadres ou de simplement supprimer certains services relatifs à la formation, au soutien et à la qualification. Concernant la situation sociale des salariés du secteur, la Plateforme a indiqué que 90% des 5.000 employés ne disposent pas de couverture sociale. Ils ne bénéficient pas non plus des indemnités du congé annuel. En effet, l’aide accordée par le ministère ne concerne que 11 mois de chaque année calendaire. Ce qui est considéré par les ONG comme une violation grave des dispositions du Code du travail et une menace pour la stabilité sociale de ces cadres ainsi que pour la pérennité des services dispensés au profit des enfants. Que proposent les 120 ONG pour faire face à cette situation ? Elles recommandent d’assurer la disponibilité des liquidités financières pour l’année 2021 et d’augmenter la valeur de l'aide financière annuelle allouée pour soutenir la scolarisation tout en précisant que cette aide doit suivre le nombre annuel d'inscriptions d'enfants en situation de handicap. Elles exigent également d’affecter un pourcentage du soutien financier annuel aux frais de fonctionnement et à la couverture sociale. Elles demandent aussi de revoir les règles et procédures en incluant les agents de service et les cadres chargés de la gestion parmi les bénéficiaires de l'aide annuelle, de numériser le processus de réception et de traitement des demandes d'assistance pour réduire la paperasse. La Plateforme conclut que les conditions de scolarisation des enfants handicapés et des travailleurs sociaux se détériorent en raison dudit retard, et que les associations ne sont pas plus prêtes à attendre davantage de temps. A ce propos, elle ont fixé un délai de deux semaines au ministère pour entamer le décaissement desdites subventions ainsi que la création d'une commission tripartite composée du ministère de tutelle, de l’Entraide nationale et des représentants des ONG, pour revoir les mesures et conditions prévues pour soutenir la scolarisation des enfants en situation de handicap. Les 120 ONG comptent aller plus loin. Elles prévoient un sit-in devant le siège du ministère, dont la date sera déterminée ultérieurement. D’autres actions sont également prévues. 

Hassan Bentaleb
Jeudi 13 Mai 2021

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