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Sécheresse et coronavirus : L’insoutenable impact subi par l’économie nationale




Sécheresse et coronavirus : L’insoutenable impact subi par l’économie nationale
Le coronavirus menace désormais la croissance mondiale. Le Maroc ne fera pas exception. Conjuguée à la sécheresse,  cette pandémie impactera négativement la croissance économique du Royaume.
Dans une déclaration à Reuters, le Haut-Commissaire au plan, Ahmed Lahlimi, a déclaré que la croissance économique du Maroc devrait être révisée à la baisse à près de 2% en 2020, contre 3,5% initialement en raison de la sécheresse qui a réduit la production agricole et de la baisse des arrivées de touristes à cause de l’épidémie de coronavirus. Et Lahlimi d’ajouter : « La croissance de cette année enregistrera  sa plus forte baisse en 20 ans ».
En se basant sur un scénario moyen de la production des cultures céréalières, le HCP avait prévu en juillet dernier que le produit intérieur brut (PIB) devrait enregistrer une croissance de 3,4% en 2020 au lieu de 2,7% prévue pour 2019. Mais les aléas climatiques et le développement de la pandémie ont poussé le patron du HCP à revoir ses prévisions pour cette année.
Bloomberg, groupe financier américain spécialisé dans les services aux professionnels des marchés financiers et dans l'information économique et financière aussi bien en tant qu'agence de presse que directement, via de nombreux médias a, dans un article signé par l’un de ses contributeurs, en l’occurrence Souhail Karam, rappelé que le HCP avait précédemment prévu une croissance du PIB marocain de 3,5% au cours de cette année, tandis que le Fonds monétaire international, qui a exhorté le Maroc à poursuivre la réforme de sa monnaie, l’avait estimée à 3,7%. Les conditions actuelles, cependant, "suggèrent que nous sommes sur la bonne voie pour la croissance la plus faible en deux décennies", a indiqué Ahmed Lahlimi à Bloomberg.
L’épidémie de coronavirus, qui a fait des ravages au niveau des marchés mondiaux, pose un énorme défi au Royaume qui est fortement dépendant du tourisme en provenance d’Europe. Dans le même temps, la sécheresse a contribué à pousser la croissance vers son plus bas niveau en trois ans, dans un trend baissier qui a été  exacerbé par la réduction drastique du soutien des pays  du Golfe et la faiblesse de la demande sur le marché européen.
Dans le but d’atténuer les effets de cette situation, ajoute la même source, les autorités ont annoncé ce mois-ci qu’elles passeraient à la deuxième phase de la libéralisation du régime de change.
« Cela absorbera les chocs potentiels », a indiqué le patron du HCP précisant que  "le problème structurel est que nous devons encore importer beaucoup, que ce soit pour les consommateurs ou pour produire et réexporter".
Conscient de la gravité de la situation et pour faire face aux répercussions économiques directes et indirectes du coronavirus, le ministère de l’Economie et des Finances a, pour sa part, annoncé la mise en place d’un Comité de veille économique (CVE) pour le suivi des répercussions du coronavirus et l’identification des mesures d’accompagnement.
 « Ce comité est chargé, d’une part, de suivre de près l’évolution de la situation économique à travers des mécanismes rigoureux de suivi et d’évaluation et d’autre part, d’identifier les mesures appropriées en termes d’accompagnement des secteurs impactés», a souligné mercredi un communiqué de ce département.
Le CVE, dont les travaux seront coordonnés par le ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, comprend parmi ses membres : les ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, de la Santé, de l’Industrie, du Commerce, de l’Economie verte et numérique, du Tourisme, de l’Artisanat, du Transport aérien et de l’Economie sociale, du Travail et de l’Insertion professionnelle, ainsi que Bank Al-Maghrib, le Groupement professionnel des banques du Maroc, la Confédération générale des entreprises du Maroc, la Fédération des Chambres marocaines de commerce, d’industrie et de services, et la Fédération des Chambres d’artisanat.
Par ailleurs, la Confédération marocaine des TPE-PME a appelé le gouvernement à prendre en considération cette catégorie d'entreprises qui sont, de fait, les plus vulnérables à ce type de crise et de les intégrer dans le CVE.
Elle a mis en exergue le fait que le coronavirus a un impact économique négatif « sur le Maroc et spécialement sur les TPE-PME dans toutes les régions du Royaume », soulignant qu’elle présentera en détail des données sur l’impact de cette épidémie sur ce type d’entreprises.
« La Confédération marocaine des TPE-PME lance un appel très sérieux aux pouvoir publics pour accompagner les TPE-PME et les auto-entrepreneurs  en vue de dépasser cette crise économique qu'engendre le passage du coronavirus dans notre pays », a affirmé le communiqué de la Confédération.

Mourad Tabet
Vendredi 13 Mars 2020

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