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Que faut-il faire pour éviter le pire ?

La barre des 100.000 cas allègrement franchie


J uste après l’Egypte, premier pays africain en nombre de contaminations avec 102.015 cas Covid+, on retrouve le Maroc, qui vient de dépasser les 100.000 cas, plus exactement 101.743, dimanche 20 septembre, après avoir enregistré 1927 nouvelles contaminations en 24h. Sur le papier, la situation est préoccupante. En réalité, elle l’est encore plus. «Avec plus de 2000 cas par jour (dont un record vendredi avec 2760 cas) sur un total de 24.000 analyses quotidiennes, il est évident que le nombre de cas réels est bien plus élevé que celui des cas confirmés qui continuent de dépendre des personnes ayant des symptômes et de leurs contacts», nous explique Driss El Habchi, responsable du service de chimie et toxicologie à l’Institut Pasteur de Casablanca, en visant en particulier les cas asymptomatiques qui se trouvent hors des radars de la campagne de dépistage nationale. Mais si l’on se concentre uniquement sur les données disponibles et les chiffres confirmés, force est de constater que le pays se dirige doucement mais sûrement vers une évolution négative de la situation épidémiologique. Pour preuve, « entre mars et juillet, un total 10.000 cas Covid+ ont été recensés au Royaume. Le Maroc est passé de 10 cas pour 100000 habitants à 50 cas pour 100.000 habitants. Il est donc fort probable que ces chiffres doublent, en particulier dans les villes comme Casablanca», argue le Dr. El Habchi pour qui le scénario catastrophe ne s’arrête pas là. « Après avoir enregistré 52 décès entre mars et juillet, le Maroc totalise désormais 1830 décès. Soit presque 1500 décès au cours des 50 derniers jours avec une moyenne de 30 disparitions quotidiennement. Compte tenu des facteurs actuels, le nombre de décès augmentera dans les semaines à venir et les décès quotidiens doubleront pour dépasser les 60 décès quotidiens, jusqu'à 100 parfois», avance Driss El Habchi tout en soulignant que « le tiers de ces prévisions risque de se produire dans la région de Casablanca-Settat qui compte 20 % de la population marocaine, un tiers des infections nationales et un tiers des décès». Pour le responsable du service de chimie et toxicologie à l’Institut Pasteur de Casablanca, des mesures doivent être prises afin de s’ajuster à cette évolution négative de la situation épidémiologique. D’abord, il propose l’élargissement de la campagne de dépistage à un plus grand nombre de personnes, certainement afin de déceler les cas asymptomatiques. Ensuite, pour y parvenir, il demande aux autorités sanitaires de «soutenir les laboratoires agréés pour le diagnostic, en particulier les laboratoires publics comme les laboratoires de l'Institut Pasteur avec des mécanismes supplémentaires. Et surtout, éviter de réduire leurs réserves de matériels de laboratoire dédiés au diagnostic du Covid-19 ». L’autre action cruciale afin d’enrayer la propagation de l’épidémie réside dans le dépistage massif dans les zones industrielles. De toute évidence, l’avenir paraît plus sombre que le présent. Pour une lueur d’espoir, va falloir repasser. Qui plus est avec le risque d’une mutation du virus. En effet, en partant du principe que le SARS-CoV-2 est probablement le fruit de la combinaison de deux coronavirus qui ont infecté le même animal, des scientifiques évoquent l’hypothèse selon laquelle ce processus se répéterait chez l'humain et aboutirait à une nouvelle pandémie. Une hypothèse peu probable, mais pas invraisemblable non plus. En tout cas, nul doute que le nouveau coronavirus nous offre un scénario très particulier. A force de surprendre le monde entier, il a fini par ébranler les certitudes des scientifiques. Meme celles gravées dans le marbre. Alors qui sait si le nouveau coronavirus ne va pas encore une fois muter dans les semaines à venir ? Car on l’a peut-être oublié, mais le virus influenza, appelé aussi virus de la grippe, frappe à nos portes. Il risque de débarquer dans un futur très proche. 

C.E
Lundi 21 Septembre 2020

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