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Quand Washington se passionne pour un hibou venu du froid


Libé
Vendredi 21 Janvier 2022

La nuit est tombée à Washington, mais ils sont quelques dizaines de curieux à observer, jumelles ou téléobjectif en main, une apparition extraordinaire: un somptueux rapace venu de l'Arctique, perché tout près du Capitole américain.

Le bruit court depuis quelques jours: un harfang des neiges est en ville.

"Il est là!", s'exclame l'un des ornithologues amateurs du jour, et les trépieds galopent pour trouver un meilleur angle de vue.

"C'est génial", s'enthousiasme Meleia Rose, emmitouflée dans un large manteau. "J'observe les oiseaux depuis longtemps, et c'est la toute première fois que je vois un harfang des neiges! Je vais l'inscrire dans ma liste".

L'observation des oiseaux ("bird watching") est une activité populaire aux Etats-Unis, et la présence depuis une semaine, au coeur de la capitale fédérale, de ce seigneur de la toundra constitue un événement pour les passionnés.

D'ici, "on peut voir le Capitole... C'est frappant, ce contraste entre la vie sauvage et la ville, particulièrement à Washington, avec tous ces monuments emblématiques", poursuit-elle, son compagnon Alex à ses côtés. Le couple s'est offert une baby-sitter pour la soirée afin de venir ici avec leur longue-vue.

Comme nombre de curieux du soir, Meleia Rose a été alertée par eBird, un réseau alimenté par des ornithologues amateurs qui signalent la présence d'oiseaux rares à la communauté - 200 millions d'observations notées en 2021 dans le monde par 290.000 passionnés.

Cette fois-ci, les photographes ne sont installés ni en forêt ni sur les rives d'un lac, mais entre l'imposante façade de la gare de Washington, Union Station, et un boulevard passant, sur ce terre-plein central peuplé de tentes de sans-abri et infesté de rats, proies de ce hibou des neiges.

Celui-ci est identifié, avec son plumage tacheté gris et blanc, comme une jeune femelle. Perchée du haut d'une statue comme en pleine toundra, elle balaie de ses yeux jaunes cerclés de blanc l'esplanade de la gare, à l'affût de tout rongeur qui pourrait finir dans ses griffes.

Parmi la foule de curieux, ces derniers jours devant Union Station, l'ambassadeur de Suisse aux Etats-Unis, Jacques Pitteloud, passionné d'ornithologie.

"Voir le harfang des neiges dans un cadre aussi improbable était un plaisir très spécial", a déclaré le diplomate à l'AFP, qui avait "depuis longtemps" le harfang des neiges sur sa "liste".

 



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