«Un gouvernement tripartite de centre-droite avec un programme qui se veut réformiste, mais pas plus. Le nouveau modèle de développement étant là». C’est ainsi qu’on peut désigner les premiers traits du prochain Exécutif, censé voir le jour incessamment. Intervenant lors d’une conférence de presse organisée mercredi dernier à Rabat, Aziz Akhannouch, chef du gouvernement désigné et président du RNI, a indiqué que la prochaine équipe gouvernementale sera constituée, comme c’est le cas pour les conseils élus, de l'alliance tripartite RNI-PAM-PI. Pour lui, ce choix est édicté, à la fois, par la volonté populaire exprimée lors des dernières échéances électorales et par le fait que les trois partis partagent le même programme électoral et les mêmes priorités. Qu’en est-il de l’ADN politique totalement différent des trois partis ? L’intervenant ne bipe mot. De son côté, Abdellatif Ouahbi, secrétaire général du Parti authenticité et modernité (PAM), a insisté sur la mise en place d’un gouvernement responsable et homogène, notamment au niveau du programme, de la formation et du positionnement. A noter que le terme « homogénéité » a été le mot le plus cité par les trois dirigeants politiques. Selon lui, les trois partis sont d’accord sur les grandes lignes du programme à venir et les différends enregistrés lors de la phase pré-électorale font aujourd’hui partie du passé. Le SG du PAM veut faire table rase de ses charges contre le RNI accusé selon lui d’«inonder la scène politique avec de l’argent», et de ses attaques dans la Chambre des représentants contre les ministres du RNI, ciblant particulièrement Aziz Akhannouch et Moulay Hafid Elalamy. « Nous voulons bâtir un avenir meilleur au profit du peuple. Il y a une volonté commune d’entamer une expérience inédite», a-t-il martelé. Pour Nizar Baraka, secrétaire général de l'Istiqlal, le nouveau gouvernement se présente comme une alternative politique et démocratique afin de diriger une nouvelle étape. Pour lui aussi, il est essentiel de mettre en place un Exécutif fort, homogène, efficace et animé par la volonté du changement. Mieux, selon lui, il faut s’attendre à un gouvernement plus enraciné sur le plan territorial et estime que la coordination entre les trois partis au niveau local va permettre cet ancrage territorial. L’ancien ministre de l’Economie et des Finances s’attend à un programme gouvernemental réformiste et global dans une période jugée, par lui, comme décisive pour répondre aux attentes de nos concitoyens. A ce propos, il a indiqué qu’une nouvelle approche a été adoptée, à savoir celle de créer une majorité gouvernementale avant la formation de l’équipe gouvernementale. « L’essentiel est de répondre aux attentes, d’établir un climat de confiance et de trouver une entente sur les programmes gouvernementaux », a-t-il lancé tout en ajoutant qu’il ne faut pas s’attendre à des lendemains meilleurs puisqu’il y a un contexte économique difficile qui ne permet pas d’importantes marges d’intervention.