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Les camps de Tindouf mis sur la sellette par le Canada

Après l’Espagne, le gouvernement canadien met en garde ses citoyens contre le risque d’attaques terroristes, d’enlèvements et d’actes de banditisme




Les autorités algériennes et leurs pantins séparatistes sont au pied du mur. Les mises en garde contre d’éventuels actes terroristes sur le sol algérien et plus précisément dans les camps de Tindouf se confirment et se multiplient.
En effet, le gouvernement fédéral du Canada a mis en garde ses ressortissants contre le fait de se rendre en Algérie et dans les camps de Tindouf qui se trouvent sur le sol algérien.   
Dans cette note d’alerte relayée par nos confrères du Le360, ledit gouvernement a averti d’«un risque réel d’attaques terroristes, d’enlèvement de ressortissants étrangers voire d’actes de "banditisme" particulièrement dans les camps de Tindouf, où des groupes armés liés à des djihadistes scrutent la moindre occasion pour sévir».
C’est Madrid qui a été la première à tirer la sonnette d’alarme. Le ministère espagnol des Affaires étrangères, de l’UE et de la Coopération a, en effet, recommandé le 27 novembre dernier aux ressortissants de son pays de ne pas se rendre dans les camps de Tindouf, en raison de «l'instabilité croissante» à la frontière de l'Algérie avec le Mali et de «l’intensification des activités des groupes terroristes» dans la région sahélo-saharienne. Bien entendu, cette mise en garde basée sur des informations fiables n’a pas plu aux séparatistes qui se sont lancés dans une campagne médiatique aberrante contre l’Espagne. Selon eux, cette information n’est ni «fondée» ni «justifiée».
Cette «cécité» a été fortement critiquée par le Forum canario-sahraoui (El Foro Canario Saharaui). Celui-ci a rejeté l'attitude "irresponsable" du Front Polisario qui met en doute la menace terroriste et les mises en garde contre d’éventuels attaques contre les Espagnols à Tindouf en particulier.
Ce Forum a critiqué les dirigeants du Polisario qui ont souligné que l’alerte lancée par les autorités espagnoles coïncidaient avec la rencontre à Madrid du ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avec le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, mais «ils ont passé sous silence délibérément la visite du ministre de l’Intérieur,  Fernando Grande-Marlaska, pour une réunion bilatérale urgente avec le ministre algérien de l'Intérieur, Salah Eddine Dahmoune, afin de discuter de la question».
Le Forum a souligné qu’«il est irresponsable de regarder dans l'autre sens uniquement pour des raisons de stratégie ou d'intérêt politique», ainsi que de faire allusion aux «habituelles et hypothétiques conspirations entre la France, le Maroc et l'Espagne pour le simple fait de voir endommagée l'image des camps».
En outre, ils critiquent le fait que cet avertissement n'est pas pris en compte et qu'une "grande majorité des citoyens espagnols qui avaient prévu de se rendre dans les camps à ces dates ont contesté cette alerte et maintenu leurs projets de voyage" à Tindouf.
Cette organisation a souligné que le gouvernement espagnol a été informé par les services de renseignements opérant dans la région de la menace d'une possible attaque djihadiste dans les camps de séparatistes contre des citoyens et des intérêts espagnols dans la région.
Ces attaques pourraient être menées "sous forme d'attaques avec des véhicules explosifs, sans écarter la possibilité d'enlèvements", a mis en avant la même source, affirmant que l’instabilité règne également dans d’autres pays de la région tels que le Mali, la Mauritanie, le Niger ou le Burkina Faso. Et la même source de mettre en évidence la "perméabilité" des frontières avec ces pays et la forte présence des groupes terroristes opérant dans la région sahélo-saharienne qui collaborent les uns avec les autres comme le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), l'Etat islamique dans le Grand Sahara... qui ont été impliqués dans l’enlèvement de coopérants européens durant ces dernières années.
Il convient de rappeler à ce propos qu’en 2011, deux coopérants espagnols et une Italienne avaient été kidnappés dans les camps de Tindouf –pourtant sous haute surveillance des services secrets algériens- par une branche algérienne d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

 

M.T
Vendredi 6 Décembre 2019

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