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Les Etats-Unis activent leurs recherches pour un traitement contre le coronavirus

Le ministère de la Santé annule le droit de visite accordé aux familles des Marocains rapatriés de Wuhan




Un second cas confirmé en Espagne

C’est un ascenseur émotionnel que l’on ne souhaite à personne. Alors qu’elles avaient reçu l’autorisation de visiter leurs enfants, frères et sœurs, confinés en quarantaine depuis leur retour de Chine, dans l’hôpital militaire de Rabat et celui de Sidi Said à Meknès, les familles des 167 Marocains rapatriés sur ordre de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, de Wuhan, foyer du coronavirus, ont eu la mauvaise surprise d’apprendre la volte-face du ministère de la Santé. Selon le communiqué dudit ministère, il s’agit d’une mesure de prévention en attendant que toutes les conditions favorables soient réunies.

Une période d’incubation
qui pose question

Il ne serait pas étonnant que ces conditions soient liées à la période d’incubation. Soit le nombre de jours écoulés entre la pénétration du virus dans le corps et l’apparition des premiers symptômes (épisodes de fièvre, de toux, sensation d’essoufflement, détresse respiratoire aiguë). Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la période d’incubation du coronavirus 2019 (2019-nCoV) est comprise entre 2 à 10 jours. Sachant que les 167 Marocains ont atterri le samedi 1ᵉʳ février sur le sol marocain, la volonté du ministère de la Santé de ne prendre aucun risque et attendre les 20 jours de quarantaine initialement annoncés est somme toute compréhensible, même si le temps d’incubation a été dépassé.  
Si l’ambassade du Maroc en Chine a affirmé, samedi, qu’aucun cas de contamination par le coronavirus n’a été enregistré parmi la communauté marocaine résidant en Chine, le ministère de la Santé continue quant à lui d’entretenir le mystère autour de l’état de santé des Marocains qui ont été rapatriés. Une différence en termes de timing et de communication sujette à interrogation. En tout cas, il se pourrait que dans un futur proche, l’épidémie soit classée au rayon des mauvais souvenirs.    

Un traitement en cours
de développement

En effet, subséquemment aux Japonais, ce sont les Américains qui sont obnubilés par le développement d’un traitement au coronavirus qui a fait 908 morts en Chine continentale et où le nombre des personnes infectées dépasse les 40.000, selon le bilan établi lundi 10 février par les autorités, confirmant une certaine stabilité dans la progression de l’épidémie.
Ainsi donc, les Etats-Unis qui comptent 11 cas confirmés, ont annoncé mardi, leur collaboration avec le laboratoire pharmaceutique « Regeneron », afin de développer un traitement contre le nouveau virus chinois. Une classe de médicaments ayant servi contre Ebola est utilisée à ce dessein. Plus en détail, on parle d’un traitement à base d'anticorps monoclonaux. Et ce n’est pas plus mal,
Car d’une part de ce côté-ci de l’Atlantique, les rumeurs qui se multiplient dernièrement ne sont pas de nature à rassurer les citoyens marocains. A l’image de cette femme qui a publié une vidéo sur les réseaux sociaux où elle affirmait, à tort, que le gérant d’un restaurant chinois, ayant fait un malaise, était porteur du coronavirus. Depuis, cette information a évidemment été infirmée par les autorités avant que la femme ne soit poursuivie en justice.   Et d’autre part, le coronavirus n’a jamais été aussi proche du Royaume, puisque deux personnes infectées ont été diagnostiquées en Espagne dont le dernier, un Britannique résidant à Palma de Majorque, aux îles Baléares. Il aurait été contaminé lors d'un séjour dans une station de ski des Alpes françaises, après avoir été en contact avec cinq personnes portant le virus.

Le traitement final pourrait inclure
plusieurs types de médicaments

En réalité, les Etats-Unis étudient de multiples pistes. Tout d’abord, un médicament anti-VIH (Kaletra). Ensuite, on parle d’une combinaison utilisée contre le coronavirus Mers (antiviral et immunothérapie). Et donc enfin, un antiviral de l'Américain Gilead testé dans le passé contre Ebola. Une certitude existe. Les anticorps monoclonaux pourraient être la clé du traitement. Copies créées en laboratoire d'un certain type d'anticorps, ces anticorps représentent une forme d'immunothérapie. Autrement dit, ils se fixent à certaines protéines d'un virus, ce qui leur permet de neutraliser sa capacité à infecter les cellules humaines.
L’optimisme du laboratoire pharmaceutique Regeneron est alimenté par la réussite de trois anticorps monoclaux ayant permis d’améliorer significativement le taux de survie de patients touchés par le virus Ebola en République démocratique du Congo. D’après George Yancopoulos, président et responsable scientifique de Regeneron, « les résultats probants de notre traitement expérimental contre Ebola l'année dernière ont montré la capacité de Regeneron à offrir une réponse rapide en cas de nouvelles épidémies». Puis de conclure en révélant que le traitement final contre le nouveau coronavirus pourrait inclure plusieurs types de médicaments.   

Chady Chaabi
Mardi 11 Février 2020

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