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Leïla Doukali, une femme d'affaires à la volonté de fer

L “ a présidente de l'Association des femmes chefs d'entreprise du Maroc promeut l'entrepreneuriat féminin au Maroc


Libé
Dimanche 7 Mars 2021

Au sens aigu des affaires et de l'entrepreneuriat, Leila Doukali, présidente de l'Association des femmes chefs d'entreprise du Maroc (AFEM), n'a cessé de se servir de sa passion affirmée pour le monde des affaires en vue de promouvoir l'entrepreneuriat féminin au Maroc. Née un jour de printemps à Casablanca en 1970, Leila a grandi au milieu d'une fratrie et de parents entrepreneurs, qui ont été véritablement le fil conducteur de sa vie. C'est un parfait équilibre entre rigueur et amour, confie-t-elle à la MAP, à l'occasion de la Journée internationale de la femme. Après l'obtention du baccalauréat au Lycée Lyautey, Mme Doukali, séduite par le monde de la gestion des entreprises, a opté pour une formation anglosaxonne qui lui a permis de décrocher un bachelor of business administration, avant d'enchaîner avec une formation en management et un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en affaires internationales à la prestigieuse université de la Sorbonne.

Suite à ce parcours riche et diversifié, Mme Doukali décide de revenir au Maroc pour démarrer sa carrière professionnelle, malgré une proposition de poste alléchante à Paris. "J'ai été engagée dans une société de service informatique. Etant responsable commerciale qui suppose une tenue vestimentaire de rigueur pour la prospection client, j'ai réalisé que le choix des vêtements au Maroc est très restreint et qu'il y a un vrai besoin d'habiller la femme active marocaine. J'ai décidé de créer une société de marchand importateur pour ouvrir mon premier point de vente multi-marques en 1997 à Casablanca", raconte-t-elle. Passionnée et déterminée, Mme Doukali a rejoint l'AFEM, un mois après sa création en 2000, pour occuper le poste de responsable de la commission communication et membre du Conseil d'administration. L'objectif étant d'accroître la notoriété de l'association et de mettre à l'honneur la femme entrepreneur du Maroc. En 2006, Mme Doukali intègre l'entreprise familiale qui évolue dans le secteur de la pêche hauturière, ce qui lui a permis de parfaire son apprentissage et de toucher au secteur industriel. "De tristes évènements ont fait qu'en 2013, je me retrouve à conduire les affaires familiales". Depuis son plus jeune âge, elle a pu observer ses parents et tirer profit de leurs expériences dans le monde des affaires. "Avec mes frères et sœurs, nous avons toujours été impliqués dans leurs activités. Nous assistions aux repas d'affaires et quand nous le pouvions, nous étions présents aux réunions de travail", s'est-elle rappelée avec nostalgie. Et de renchérir: "Ils ont cultivé en nous l'esprit entrepreneurial. Il était tout à fait logique qu'après un passage obligé en entreprise pour faire mes armes, de m'orienter vers la création de ma propre structure. J'étais portée par le soutien inconditionnel des miens, ce qui m'a beaucoup aidée à aller de l'avant".

Rien n'était facile au départ. "J'ai dû contracter un prêt bancaire pour financer mon projet et j'avoue que par moments, les fins de mois était compliquées", a dit Mme Doukali, affirmant que l'entrepreneuriat est un véritable challenge. Il faut aimer le risque, avoir du flair, faire preuve d’abnégation, être rigoureux et honorer ses engagements.

Honnêteté, respect, solidarité, persévérance et famille sont entre autres les valeurs auxquelles elle croit et qu'elle a veillé à inculquer à ses deux enfants. Toutefois, la conciliation entre vie privée et vie professionnelle était rude pour Mme Doukali, particulièrement lorsqu'elle a été appelée à aider son père dans la gestion des entreprises familiales. "Ma charge de travail s'est fortement accrue mais j'ai quand même réussi, tant bien que mal, à aménager mon emploi du temps pour être au plus près de mes enfants". "Ce n'était pas simple car une autre journée démarrait lorsque je rentrais le soir à la maison. Une femme a en elle une ressource énergétique insoupçonnée. J'avais aussi la chance de compter sur l'aide précieuse de ma mère et de ma sœur", s'est-elle réjouie.

En décembre 2019, Mme Doukali a été élue présidente de l'AFEM. Une élection saluée par l'ensemble des membres, permettant ainsi à l'association de prendre un nouvel élan et de déployer son plan d'actions autour du développement de l'entrepreneuriat féminin. Elle a déroulé sa vision ayant pour ambition une AFEM innovante, engagée pour la parité et forte qui compte encore plus fort sur l'échiquier économique. Quelques mois après, la crise du nouveau coronavirus (covid-19) chamboule tous les comptes. "Les règles de fonctionnement d'une économie classique ont été ébranlées. Les nouveaux modes de consommation, l'émergence de nouveaux modèles et de nouveaux métiers et l'ouverture sur d'autres horizons nous obligent à repenser notre business model, notre vision et notre feuille de route", a-t-elle estimé. Rien n'est plus comme avant. L'AFEM doit aider les femmes chefs d'entreprise à appréhender un nouveau monde en se dotant de leviers et d'outils indispensables pour y faire face. "Notre programme d'aide AMALLY, dédié à la femme dont l’entreprise a été lourdement impactée par la Covid-19, viendra en soutien aux défis qui nous attendent. Notre association se doit d’être en phase avec cette nouvelle ère et accompagner ses membres face à ces changements", a martelé la présidente. Et de conclure : "La femme marocaine doit impérativement prendre part au développement économique du Royaume et la création d'entreprise par cette même femme doit être contagieuse".

Par Karima El Otmani (MAP).


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