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Le PSG et Nasser Al-Khelaïfi, du bon côté de l'histoire Super Ligue


Le PSG et Nasser Al-Khelaïfi, du bon côté de l'histoire Super Ligue
Leader de la résistance au projet de Super Ligue malgré son statut de patron du richissime Paris Saint-Germain, Nasser Al-Khelaïfi sort renforcé du séisme subi par le foot européen, avec une casquette supplémentaire dans les instances et des arguments pour convaincre ses stars de prolonger.

En championnat, avant de se rendre à Metz (15h00 GMT) samedi, le PSG se trouve dans une position délicate qui lui interdit le moindre faux-pas. Mais hors des terrains, jamais sa situation n'a été aussi rayonnante. Le club, qui a fêté ses 50 ans l'été dernier, s'est distingué en disant "non" au projet de Super Ligue mené dans le dos de l'UEFA par douze grands d'Europe (Real, Barça, Juventus...), attirés par la perspective de multiplier leurs revenus. Tout comme le Bayern Munich, le finaliste sortant de la Ligue des champions s'est retrouvé du bon côté de la ligne de fracture après l'implosion express, mardi soir, deux jours après son lancement, de cette idée controversée face au tollé populaire.

Et voilà "Nasser", 47 ans, subitement propulsé au rang de défenseur de la méritocratie sportive et de leader de la résistance, un rôle salué par ses pairs. "Avec votre aide, nous sauverons le football", lui lance Aleksander Ceferin, le patron de l'UEFA, en plein congrès mardi. Les raisons de ce choix restent plutôt secrètes. Etait-ce un pur arbitrage stratégique en faveur de la réforme à venir de la Ligue des champions, qui garantit une place de plus aux clubs français en phase de groupes dès 2024 ? L'une des explications réside peut-être aussi dans le fait que le Qatar, dans sa quête d'influence, se soucie moins des recettes possibles que de son image, comme l'ont prouvé les dépenses monumentales destinées à l'organisation du Mondial-2022 dans le petit pays gazier. "En tant que bras armé de l'émir, il ne peut pas se permettre d'avoir l'UEFA et la Fifa à dos avant le Mondial", insiste une source proche des instances françaises du football. Enfin, au fil des saisons, les Qatariens ont pu découvrir la responsabilité du PSG dans l'économie du foot français. Or le championnat de France "n'affronte pas seulement la crise du Covid, mais aussi un très gros problème de droits TV" qui met tout l'édifice en péril, rappelait mercredi l'avocate Patricia Moyersoen.

Officiellement en tous les cas, "NAK" défend le souhait de "rester avec les gens qui aiment le football" en opposition aux projets "motivés par des intérêts personnels", comme il l'a fait remarquer mardi à Montreux (Suisse). Cette prise de position lui a permis de renforcer son rôle au sein des instances dirigeantes du football européen, lui qui avait pourtant connu quelques épisodes tumultueux vis-à-vis de ces dernières lorsque le Paris SG avait dû répondre d'accusations de non-respect du fair-play financier.

Il a même remplacé le discrédité Andrea Agnelli (Juventus) à la tête de l'Association européenne des clubs (ECA), la puissante organisation qui pèse sur les réformes des compétitions européennes, et a été reconduit en tant que représentant de celle-ci au comité exécutif de l'UEFA. Une casquette supplémentaire pour ce ministre qatarien sans portefeuille qui dirige beIN Media, diffuseur de la Ligue des champions, mais aussi le fonds d'investissement Qatar Sports Investments (QSI), à l'origine du rachat du PSG en 2011.

Ce succès stratégique intervient de surcroît au bon moment d'un point de vue purement sportif: en s'opposant au grand Real Madrid, à Barcelone ou encore à Liverpool dans ce dossier, Al-Khelaïfi a précisément pris à contre-pied les plus sérieux prétendants à ses deux stars, Neymar et Kylian Mbappé. Tous deux en fin de contrat en juin 2022, le Brésilien et le Français savent désormais qu'ils appartiennent à un club qui ne sera pas sanctionné prochainement par l'UEFA, financièrement ou sportivement, au contraire des grandes écuries dissidentes que de nombreuses voix en Europe espèrent voir punies. De quoi accélérer les négociations sur les prolongations de contrat des deux attaquants?

La banque JPMorgan dit avoir "clairement mal évalué" l'impact du projet

La banque américaine JP Morgan a reconnu vendredi avoir "clairement mal évalué" le projet de Super Ligue européenne de football qu'elle voulait financer mais qui a tourné très vite au fiasco. "Nous avons clairement mal évalué comment cette opération serait perçue par le monde du football au sens large et l'impact qu'il aurait à l'avenir. Nous en tirerons les leçons", a déclaré un porte-parole de JP Morgan. La banque ne précise pas explicitement si elle coupe les ponts avec la Super Ligue. Selon le texte d'une décision en référé rendue mardi parle tribunal de commerce de Madrid, le prêt convenu le 17 avril était de 3,983 milliards d'euros. JP Morgan avait publiquement annoncé qu'elle finançait la compétition, la Super Ligue ayant notamment prévu un versement initial de 3,5 milliards d'euros à se partager entre les douze clubs fondateurs.

Libé
Vendredi 23 Avril 2021

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