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Le Coronavirus met la Chine en quarantaine

Au Maroc, on se veut rassurant tout en restant sur ses gardes




Les étudiants marocains poursuivant leurs études à Wuhan comme leurs compatriotes commerçants ont peur de la propagation de l’épidémie du coronavirus et appellent l’ambassade du Maroc à intervenir auprès des autorités chinoises afin qu’ils puissent sortir de la ville placée en quarantaine. De l’aveu même des autorités chinoises,  Premier ministre en tête, la situation est «grave» et l’épidémie «s’accélère». L’épidémie en question a fait jusqu’à une soixantaine de morts et d’autres cas ont été détectés dans une douzaine de pays. Faut-il céder à la panique ?
« La Chine a son propre plan d’urgence pour riposter à cette épidémie. Ce plan est déjà en marche comme en atteste la mise en quarantaine des villes où il y a eu des décès. Ceci d’autant plus que les Chinois disposent d’un bon système de santé qui fonctionne à merveille. Autre précision très importante, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) est fortement représentée sur place comme c’est le cas dans les  grands pays », nous a expliqué le Pr. Abderrahmane Ibenmamoun, expert en matière de santé publique. Et de poursuivre : « L’ambassade du Maroc en Chine ne peut rien faire et doit se soumettre aux consignes de l’Etat d’accueil. Un ambassadeur ne peut pas agir à sa guise. Chaque pays dispose de représentants de l’OMS qui tirent la sonnette d’alarme s’ils jugent que la situation est devenue inquiétante. Ces représentants contactent les ambassades et leur disent comment elles doivent réagir. Ceci d’autant plus que l’OMS prend les choses en main chaque fois qu’elle constate que l’Etat touché par l’épidémie n’assume pas son rôle. Il faut savoir également que chaque plan de riposte prend en considération l’ensemble des composantes de la société ».
Selon notre source, l’OMS a décrété l’épidémie en cours en Chine comme « une urgence de santé publique de portée internationale, ce qui signifie que tous les pays doivent établir des plans de surveillance devant être déployés au niveau des postes frontaliers et auprès des structures de soins. Cela exige également l’élaboration d’un plan de riposte ».
Des assurances que ne partagent pas les journalistes du site businessinsider.fr qui considèrent ledit virus comme un défi dangereux pour les dirigeants chinois, en citant l'historienne Maura Cunningham qui a déclaré au Guardian: "Le coronavirus pose un problème au parti communiste chinois parce que le PCC n'a pas historiquement bien géré les épidémies et autres catastrophes à grande échelle. Le parti a fait montre de sa tendance à restreindre les informations et à ne pas fournir de statistiques précises."
Les journalistes rappellent qu’en 2002 et 2003, l'épidémie du SRAS avait touché 8.000 personnes et en avait tué 744 et précisent que le gouvernement a largement tenté de dissimuler la maladie jusqu'à ce qu'un dénonciateur révèle la véritable ampleur de la maladie.
Pourtant, ces sources nuancent leur point de vue en affirmant qu’il y a des signes qui indiquent que le gouvernement a tiré des leçons de l'épidémie du  SRAS. Cette semaine, la Worth Health Organisation a déclaré que ce gouvernement était coopératif et transparent avec l'organisation.
Concernant le Maroc, le Pr. Abderrahmane Ibenmamoun nous a affirmé que les médecins établis aux niveaux des zones frontalières ont déjà été sensibilisés à cette question et qu’ils sont censés déclarer tout cas suspect. Quant à la position du ministère de la Santé, il nous a déclaré que ce département ne peut rien faire aujourd’hui puisqu’aucun cas n’a encore été enregistré sur le territoire national ni chez les pays voisins (Algérie, Espagne, Mauritanie). « Le ministère se contente donc aujourd’hui de surveiller les passagers des avions en provenance de Chine ou des pays qui ont été touchés par ledit virus et pas plus. Il ne peut pas le faire pour ne pas créer une situation de panique générale », nous a-t-il expliqué. Et de poursuivre : « Le Maroc a déjà été confronté il y a quatre ans à des cas de coronavirus en provenance de l’UE et du Qatar. Donc, le Maroc a déjà son propre plan de riposte qu’il suffit d’actualiser. Il faut rappeler que le Royaume a de l’expérience dans ce domine et qu’il a bien géré l’épidémie d’Ebola en 2014 ».  
Selon certaines sources médiatiques, la ville de Wuhan a resserré dernièrement ses restrictions avec une interdiction de circulation des véhicules dans le centre-ville, qui doit commencer à minuit et les autorités y ont rendu obligatoire le port de masques de protection.
Shanghai qui a annoncé hier son premier décès dû au nouveau coronavirus a décrété, elle aussi, la suspension immédiate des lignes d'autocars longue distance, dans le cadre des mesures destinées à enrayer l’épidémie et au nord du pays, les villes de Pékin, Tianjin et Xian ont pris des mesures similaires.
La Chine multiplie ainsi les initiatives pour tenter de freiner la progression du coronavirus, désormais présent sur quatre continents.
Pékin a ainsi décidé hier d’interdire temporairement le commerce d'animaux sauvages. Elle va, par ailleurs, suspendre les voyages organisés en Chine et à l'étranger.
 

Hassan Bentaleb
Lundi 27 Janvier 2020

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