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Le CESE entend ériger la lutte contre la violence à l’égard des femmes comme priorité nationale



Covid-19 oblige, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a présenté, par visioconférence, son dernier rapport censé venir à bout ou du moins atténuer la violence à l’égard des filles et des femmes au Maroc. Une volonté tout sauf anecdotique quand on sait que plus de 8 femmes sur 10 dans le pays, âgées de 15 à 74 ans, ont déjà subi des violences physiques ou psychologiques, si l’on en croit une enquête du Haut-Commissariat au plan (HCP).

«Il faut éliminer et éradiquer la violence contre les filles et les femmes. C’est un objectif complexe mais j’ai la ferme conviction que nous pourrons l’atteindre», a indiqué, avec un optimisme à peine dissimulé, Ahmed Réda Chami, président du CESE, pour qui ce fléau n’est autre qu’une «violation flagrante de l'intégrité physique et qui a tendance à fragiliser la cohésion sociale, la quiétude des familles, sans parler du coût social et moral qui pèse sur la vie de beaucoup de femmes».

«Ensemble, pour faire de l’élimination des violences à l’égard des filles et des femmes une priorité nationale», tel a donc été l’intitulé de la dite visioconférence lors de laquelle le rapporteur et membre du CESE, Abdelmaksoud Rachdi, a présenté les principaux points de l’avis du CESE. Adopté à l’unanimité le 26 novembre dernier par les membres du conseil, l’avis en question regrette l’inefficacité des différents efforts déployés jusque-là afin de contrecarrer cette calamité à la dent dure. En cause notamment, le manque de considération accordée à cette problématique sociétale par la classe politique. A cela, s’ajoute le faible impact des actions de prévention. Mais aussi les difficultés d’ordre institutionnel, comme l’absence de coordination entre les différentes parties prenantes. Mais pas seulement. Outre l’inexistence d’un dispositif institutionnalisé de protection territoriale pour la prise en charge des victimes, pendant la visioconférence, la lumière a aussi été braquée sur les zones d’ombre, insuffisances et autres lacunes qui caractérisent la loi sur la violence faite aux femmes. Dans ce cadre, Leila Rhiwi, représentante du Bureau multi-pays de l’ONU Femmes pour le Maghreb, a souligné l’importance d’établir un cadre normatif efficace sur la base de plusieurs dispositions, entre autres à travers l’adoption du projet de loi numéro 10.16. «Ce projet de loi est une occasion pour corriger les manques juridiques et obstacles face aux droits des femmes de vivre une vie sans violence, car le Code actuel contient en effet plusieurs articles qui sont préoccupants», a-t-elle précisé.

Le rapport du CESE n’est pas uniquement un florilège de griefs. D’une part, il a permis de rappeler les conditions précaires des femmes les plus vulnérables, à l’instar des filles et femmes handicapées, des femmes migrantes en situation irrégulière, des mères célibataires, ou encore du personnel de maison. Et d’autre part, le rapport a apporté des solutions et recommandations. En plus donc d’ériger la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles et la promotion de l’égalité en une cause d’intérêt national prioritaire, le CESE pousse pour la promotion de la culture de l’égalité et de «tolérance zéro ». Comment ? Par le biais d’une politique globale préventive contre la violence faite aux filles et aux femmes. Sans oublier d’adopter des mesures particulières pour les filles et femmes handicapées, ou autres victimes en situation de vulnérabilité sociale ou familiale.

Maintenant, le tout n’est pas d’enchaîner les enquêtes et autres rapports. Le constat est là. Mais il ne suffit pas de gagner la bataille. Sans jouer au moralisateur, la situation ne risque pas de se décanter sans l’implication de la société dans sa globalité et une mobilisation sans précédent. Sans oublier que pour un avenir meilleur, à la fois pour nos enfants et leur maman, tante ou sœur, éduquer les générations montantes est une priorité absolue au-delà de toute considération juridique.

C.E

Libé
Vendredi 18 Décembre 2020

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