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La finale des business plans




La finale des business plans
D'un côté, l'un des clubs les plus puissants de la planète, le Real Madrid, tenant du titre. De l'autre, la Juventus Turin, lancée à sa poursuite: la finale de la Ligue des champions oppose samedi à Cardiff deux clubs aux moyens différents, mais qui rêvent des mêmes sommets.
Mini-séisme au Real cette année: le tout nouveau champion d'Espagne a été détrôné par Manchester United comme club ayant le plus de revenus au monde, selon le cabinet Deloitte. Cela faisait onze ans que la "Maison blanche" confisquait ce statut de "cash machine".
Avec 620 millions d'euros de chiffre d'affaires sur la saison 2015-2016, le Real reste quand même dans le trio de tête mondial. Et son président Florentino Pérez assure que le club merengue compte bien rester "un leader sur le plan économique", malgré son statut si particulier: comme le FC Barcelone, le Real n'est pas la propriété d'un investisseur mais appartient à ses supporters, les "socios".
De retour à la présidence depuis 2009 après un premier mandat (2000-2006), le dirigeant est connu pour sa politique de recrutement de stars, surnommées "Galactiques". "Je suis de ceux qui pensent que si le Real a les meilleurs joueurs du monde à chaque poste, les revenus ne seront pas un problème", a dit Pérez dans une interview à l'AFP en décembre dernier.
Et alors qu'il devrait briguer cet été sa réélection devant les "socios", on peut s'attendre à ce que le Real casse sa tirelire pour séduire les votants et doper son image, sa billetterie ou encore ses ventes de maillots.
Depuis l'achat de Gareth Bale en 2013 pour environ 100 M EUR, le Real a toutefois surtout misé sur des jeunes à fort potentiel, comme l'Espagnol Marco Asensio ou le Norvégien Martin Odegaard. Dernièrement, le Real a versé 40 M EUR selon la presse pour s'attacher les services de la pépite brésilienne Vinicius Junior, âgé de seulement 16 ans.
Economiquement, l'autre grand dossier de la présidence Pérez est la modernisation du stade Santiago-Bernabeu, validée mercredi par le conseil municipal de Madrid et chiffrée à 400 millions d'euros.
L'opération, qui doit doter le stade d'un toit rétractable, voire d'un hôtel et d'un centre commercial, sera financée entièrement par l'ajout au nom du stade du nom d'un sponsor, le fonds IPIC, détenu par l'émirat d'Abou Dhabi. Elle doit permettre au Real d'augmenter encore ses copieux revenus.
Si la Juventus Turin est, de loin, le club italien le plus riche et surtout le plus sain financièrement, elle reste assez loin des chiffres du Real Madrid. Selon le site spécialisé Calcio e Finanza, le chiffre d'affaires du club turinois est passé sur les cinq dernières années de 213 millions d'euros à 387 millions d'euros en fin de saison 2015-16.
C'est sur les revenus commerciaux et marketing ainsi que sur les recettes liées au stade (Bernabeu est presque deux fois plus grand que le Juventus Stadium) que les écarts entre les deux finalistes sont les plus importants.
 Le directeur sportif de l'Inter Milan, Piero Ausilio, analyse froidement la puissance de son intraitable adversaire en championnat: "Après avoir été rétrogradés (en Serie B après le scandale du Calciopoli, ndlr), ils ont travaillé en suivant un business-plan précis, (...) ils ont construit leur propre stade, ils ont travaillé sur le développement commercial".
"Ils parviennent à faire tout ça avec continuité et c'est pour ça qu'il y a une grande différence avec les autres", expose-t-il encore. Dit autrement, le modèle que vise la Juve et qu'elle est en passe d'atteindre, c'est celui des très grands clubs européens (Real, Bayern, Barça), qui sont sûrs de jouer la C1 chaque année et qui ont les moyens de se renforcer en affaiblissant les concurrents.
D'autres clubs européens se sont aussi lancés à la course au 'Big Three', comme le Paris SG en France ou l'Atletico Madrid en Espagne. Mais la 'Juve' a un atout par rapport à la concurrence: elle s'est rarement trompée ces dernières années sur le marché des transferts et sait également très bien vendre.
Son chiffre d'affaires lui permet d'investir sur quelques grosses opérations (Higuain, Pjanic), mais il y a aussi eu ces dernières saisons beaucoup de très belles opérations gratuites ou presque (Pirlo, Pogba, Dani Alves, Coman, Khedira). Suffisamment pour faire chuter l'un des rois d'Europe?

Vendredi 2 Juin 2017

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