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L’explosion de la dette publique, une menace pour la prospérité mondiale

Appel à une réforme globale de l'architecture financière internationale, y compris de l'architecture de la dette


Alain Bouithy
Vendredi 21 Juillet 2023

Un niveau record de 92 000 milliards de dollars atteint en 2022, selon les Nations unies 
La dette publique mondiale a atteint un niveau record de 92.000 milliards de dollars en 2022, ont annoncé les Nations unies dans un rapport récent intitulé «Un monde de dettes: un fardeau de plus en plus lourd pour la prospérité mondiale».

Environ 3,3 milliards de personnes vivent dans des pays qui dépensent plus en paiement des intérêts de la dette que pour l'éducation ou la santé, constate le document, préparé conjointement par le Groupe mondial d’intervention en cas de crise alimentaire, énergétique et financière de l’ONU (GCRG), la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et cinq commissions économiques régionales des Nations unies : (CEA, CEE, CEPALC, CESAP et CESAO).

La multiplication par cinq du niveau de la dette publique depuis 2000 exige une action immédiate pour lutter contre l'escalade des crises qui touchent en particulier les pays en développement, ont estimé les Nations unies. D’où le sérieux avertissement lancé par son Secrétaire général, António Guterres.
52 pays, soit près de 40% du monde en développement, connaissent de graves problèmes d'endettement
Présentant ledit rapport, ce dernier a indiqué qu’«en moyenne, les pays africains dépensent quatre fois plus pour leurs emprunts que les Etats-Unis et huit fois plus que les économies européennes les plus riches. Au total, 52 pays, soit près de 40% du monde en développement, connaissent de graves problèmes d'endettement».

D’après l’organisation internationale, «la moitié des pays en développement consacrent au moins 7,4 % de leurs recettes d'exportation au service de leur dette publique extérieure».
Pour les Nations unies, la croissance rapide des paiements d'intérêts, qui dépassent les autres dépenses publiques, est particulièrement préoccupante.

Il faut dire que «certains gouvernements sont contraints de dépenser davantage pour le service de la dette que pour des secteurs essentiels tels que la santé et l'éducation», a souligné l’ONU.

Il est tout aussi inquiétant de constater qu’« au moins 19 pays en développement consacrent plus d'argent aux paiements de ces intérêts qu'à l'éducation, et que 45 pays consacrent plus d'argent aux paiements d'intérêts qu'aux dépenses de santé ».

Toujours selon les N.U, la dépendance croissante à l'égard des créanciers privés, qui proposent des emprunts plus coûteux et des échéances plus courtes que les sources officielles, a également compliqué la restructuration de la dette des pays en développement.

S’il n'existe aucun mécanisme permettant de déterminer comment restructurer la dette entre les différentes catégories de créanciers, les Nations unies notent qu’« actuellement, les créanciers privés détiennent 62% de la dette publique extérieure, contre 47% il y a dix ans».

La préoccupation est telle que les Nations unies appellent de toute urgence à une réforme globale de l'architecture financière internationale, y compris de l'architecture de la dette. Le but étant de «favoriser un système plus inclusif qui permette aux pays en développement de participer activement à la gouvernance du système financier international», ont-elles expliqué dans un communiqué.
Elles estiment par ailleurs important de s'attaquer au coût élevé de la dette et au risque croissant de surendettement.

Pour cela, l’ONU préconise la mise en place d'un mécanisme d'apurement de la dette afin d’accélérer les progrès dans le cadre commun du G20 pour le traitement de la dette.

Comme le souligne le rapport, les pays en développement, en particulier ceux qui sont lourdement endettés, ont besoin de liquidités accrues en période de crise. Sans quoi, explique l’organisation, «une crise de liquidité risque de se transformer en crise de la dette».
Pour y parvenir, l’ONU propose de développer le financement d'urgence, soulignant que le filet de sécurité mondial doit fonctionner.

Parmi les mesures recommandées: «le renforcement de l'utilisation des droits de tirage spéciaux, la suspension temporaire des commissions additionnelles du FMI et l'élargissement de l'accès au financement d'urgence par l'augmentation des quotas».

Par ailleurs, une augmentation substantielle de financements à long terme abordables est également nécessaire. Pour cela, les Nations unies recommandent de transformer et d’élargir «les banques multilatérales de développement afin de soutenir le développement durable à long terme et  mobiliser davantage de ressources privées à des conditions plus équitables».

Elles estiment tout aussi urgent «d'augmenter les financements concessionnels pour respecter les engagements en matière d'aide et de financement de la lutte contre le changement climatique».

Alain Bouithy 


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