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Javier Garat : 100 bateaux de pêche européens sont prêts à opérer dans les eaux marocaines




Javier Garat : 100 bateaux de pêche européens sont prêts à opérer dans les eaux marocaines
Pour Javier Garat, co–président de la Commission mixte hispano-marocaine des professionnels de la pêche, 
secrétaire général de la Confédération générale espagnole de pêche et 
président d’Euro pêche, l’accord de pêche Maroc-UE est d’une
 importance  capitale pour  les professionnels  andalous et canariens. Entretien

Libé : Dites-nous votre point de vue sur l’actuelle polémique sur l’entrée en vigueur de l’accord de pêche Maroc-UE. Selon vous, y a-t-il un retard ou non quant à l’entrée en vigueur de cet accord? 
 
Javier Garat : Depuis un certain temps déjà, les armateurs espagnols attendaient  avec impatience  la signature du Roi du Maroc pour finaliser les procédures qui restaient à faire au Maroc, lesquelles sont nécessaires pour  l’entrée en vigueur de l’accord de pêche Maroc-UE.  A noter que cet accord est très important pour nous, les armateurs espagnols, surtout dans la pêche artisanale. Car sur le plan social, avec l’entrée en vigueur de cet accord, tous les pêcheurs de l’Andalousie et de Canarie vont pouvoir en profiter. Pour le moment, cet accord n’est pas encore entré en vigueur. C’est en tout cas l’information que nous avons ici. 

On évoque surtout le problème qu’il y a eu dernièrement entre le Maroc et l’UE notamment sur le plan agricole. D’aucuns croient que c’est cela qui est, en fait, la cause du retard de l’entrée en vigueur de l’accord de pêche Maroc-UE. Qu’en pensez-vous ?
 
Non. A ce stade, je dirais que  non. Ce n’est pas cela la raison. Et, théoriquement, il n’y a rien à voir entre l’accord de pêche et l’accord agricole entre les deux parties. Bien sûr, les deux parties sont les mêmes. Mais il y a un compromis de la part du Maroc et un autre de la part de l’Union européenne. Ce compromis vise à  finaliser les procédures à même de concrétiser l’entrée en vigueur de l’accord de pêche Maroc-UE. En théorie, il ne doit pas y avoir de relations entre les deux accords.

Y a-t-il eu dernièrement des pourparlers avec le côté marocain sur cette question de l’entrée en vigueur de cet accord ?
 
Oui, je suis sûr que les pourparlers pour l’entrée en vigueur de cet accord se poursuivent toujours. D’ailleurs, notre ministre de tutelle a visité, il y a quelques jours, le Royaume du Maroc en marge de l’organisation du Salon de l’agriculture qui se tient actuellement à Meknès. Notre ministre s’est entretenu avec son homologue marocain et, d’après les informations que nous avons eues de la part du ministre lui-même, les deux responsables ont parlé justement de cette question. Notre ministre affirme que les pourparlers étaient très constructifs et que son homologue a assuré que bientôt le Maroc va  respecter ses engagements. Il n’y a aucun doute à ce sujet. De leur côté, les responsables en charge du dossier de la pêche à la Commission européenne, à travers la délégation européenne au Maroc, ont contacté le gouvernement marocain pour faire accélérer les choses. 

Est-ce qu’on pourrait s’attendre à l’entrée en vigueur de cet accord très prochainement, selon les informations que vous avez?
 
C’est ce que les armateurs espagnols espèrent vivement. Car franchement leur situation est difficile. C’est clair que de notre côté on avait voulu pêcher dans les eaux territoriales marocaines en janvier dernier. Il faut dire que les armateurs espagnols s’impatientaient depuis déjà un certain temps. Les 100 bateaux (dont cinq grands chalutiers) ayant eu des licences dans le cadre de ce nouvel accord sont prêts à commencer leur activité dans les eaux territoriales du Maroc. 

Qu’en est-il des procédures techniques devant être entreprises avant l’entrée en vigueur de l’accord? Si vous nous parliez des préparatifs sur le plan technique…
 
Toutes les procédures au niveau de l’UE ont été déjà finalisées. Reste maintenant que l’on doit mener à terme les procédures actuelles au Maroc. Selon les informations que nous avons recueillies, la signature pour l’entrée en vigueur devait avoir lieu en mars dernier. Mais cela a été reporté. C’est en tout cas  ce que l’on nous dit à l’UE.
Une réunion technique a eu lieu à Rabat entre les deux parties, il y a un mois, pour justement parler des préparatifs de l’entrée en vigueur de l’accord de pêche Maroc-UE. Une autre réunion officielle de la Commission mixte de l’accord de partenariat de pêche doit se tenir très prochainement pour finaliser les procédures techniques. Aucune date n’est encore fixée pour cette prochaine réunion. Mais, selon les informations que nous avons, on doit s’attendre à la finalisation de ces procédures très prochainement, c’est-à-dire avant même la réunion de la commission technique. Et après cela, les cent bateaux espagnols vont enfin reprendre leur activité de pêche au Maroc après un long arrêt.

Comment est-ce que vous évaluez le nouvel accord ?
 
Le nouvel accord est très positif pour les deux parties, que ce soit pour le Maroc ou pour l’UE et surtout pour les Espagnols. Il faut dire que de notre côté, nous avons eu quelques améliorations du point de vue des conditions techniques, lesquelles sont très importantes. Le Maroc a également fait des progrès notamment en ce qui concerne les actions ciblées tel le développement de la pêche locale au Maroc. Et bien sûr, il y a la contrepartie financière que le Maroc a pu avoir de ce nouvel accord. Lequel, à nos yeux, respecte non seulement la durabilité en quelque sorte, mais aussi le droit international et la politique de pêche de l’UE. Je crois que c’est très constructif pour les deux parties. Certes, nous estimons qu’il y a certains aspects techniques qui restent encore à améliorer. Mais nous espérons que lors des prochaines réunions, l’on pourra obtenir d’autres améliorations qui seraient aussi plus profitables pour les armateurs espagnols mais aussi pour l’accord dans sa globalité. 
 

Interview réalisée par Naîma Cherii
Lundi 5 Mai 2014

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