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El Niño 2026, un phénomène climatique surestimé pour le Maroc


Libé
Lundi 20 Avril 2026

El Niño 2026, un phénomène climatique surestimé pour le Maroc
Alors que les modèles climatiques internationaux annoncent un possible retour du phénomène El Niño au cours de l’année 2026, les inquiétudes grandissent quant à ses conséquences sur le climat mondial. Au Maroc, cependant, plusieurs experts appellent à la prudence face aux interprétations hâtives et aux conclusions simplistes.

El Niño, caractérisé par un réchauffement anormal des eaux de surface dans le Pacifique équatorial, est connu pour perturber les régimes climatiques à l’échelle planétaire. Dans certaines régions, il peut provoquer des sécheresses sévères, tandis que d’autres subissent des précipitations intenses. Cette variabilité alimente souvent des projections alarmistes, y compris au Maroc.

Pourtant, les spécialistes du climat tempèrent ces inquiétudes. Contrairement à une idée largement répandue, le Maroc ne se situe pas dans une zone directement influencée par les mécanismes principaux d’El Niño. Son climat reste avant tout déterminé par des facteurs régionaux, notamment les perturbations atlantiques, la circulation atmosphérique au-dessus de l’Atlantique Nord et la position du courant-jet.

«Il est réducteur d’associer automatiquement El Niño à une sécheresse au Maroc», expliquent plusieurs climatologues. En réalité, les effets du phénomène varient fortement selon les interactions avec d’autres systèmes climatiques. Dans certains cas, ces interactions peuvent même atténuer, voire neutraliser, son impact sur l’Afrique du Nord.
Cette complexité rend toute prévision directe hasardeuse. De plus, tous les épisodes d’El Niño ne se ressemblent pas : leur intensité, leur durée et leur configuration géographique jouent un rôle déterminant dans leurs conséquences régionales.

La médiatisation du phénomène contribue également à amplifier certaines perceptions erronées. En quête d’explications simples face à des événements climatiques de plus en plus extrêmes, le grand public tend à attribuer à El Niño des effets qui relèvent en réalité de dynamiques climatiques multiples.
Dans ce contexte, les experts recommandent une approche plus nuancée. Plutôt que de se focaliser sur un seul indicateur, ils plaident pour une analyse globale intégrant l’ensemble des paramètres influençant le climat marocain.

Si le retour d’El Niño en 2026 reste probable, son impact sur le Maroc demeure incertain. Une chose est sûre : face à la complexité du système climatique, la prudence reste de mise.


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