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Du travail sans contrat pour les jeunes et les non-diplômés




C’est une des facettes du monde du travail dont on ne parle pas souvent, voire très peu et à des rares occasions. C’est qu’en plus d’être peu organisé, l’environnement professionnel est loin de servir d’exemple en matière de protection des employés.
C’est ce qui ressort des résultats de l’étude menée par le Haut-commissariat au plan (HCP) sur les principales caractéristiques de la population active occupée au titre de l’année 2019.
Selon l’étude, «un peu plus de la moitié des salariés (54,9%) ne disposent d'aucun contrat formalisant leur relation avec l'employeur », a relevé l’institution publique précisant qu’un peu plus du quart (26,5%) disposent d'un contrat à durée indéterminée (CDI), 11,4% d'un contrat à durée déterminée (DDD) et 5,8% d’un contrat verbal.
A en croire le Haut-commissariat, la part des salariés ne disposant d'aucun contrat s’élève à 76,4% en milieu rural contre 47,6% en milieu urbain. Elle passe de 43% parmi les femmes à 58% parmi les hommes.
Déjà durement frappés par le chômage qui affecte 24,9% d’entre eux, les jeunes âgés de 15 à 24 ans sont les plus touchés par le travail sans contrat (75,4%). Tout comme les personnes n'ayant aucun diplôme dont 75,7% souffrent aussi de l’absence de contrat formalisant leur relation avec leur employeur.
Soulignons toutefois que l’absence de contrat n’est qu’une des nombreuses facettes du monde du travail. En effet, l’étude du Haut-commissariat montre, par ailleurs, que près du quart des actifs occupés (24,1%) seulement bénéficient d’une couverture médicale liée à l’emploi. Ils sont 36,4% dans les villes et 7,8% à la campagne.
Il apparait, en outre, que la part des actifs occupés affiliés à un système de couverture médicale augmente avec le niveau de diplôme, passant ainsi de 10,8% parmi les personnes n'ayant aucun diplôme à 72,1% parmi les détenteurs d’un diplôme supérieur.
En détail, l’étude montre que les actifs occupés exerçant dans l’«industrie y compris l’artisanat» enregistrent le taux de couverture médicale le plus élevé (41,4%), suivis de ceux relevant du secteur des services (36,2%), des BTP (12,8%) et de l’agriculture, forêt et pêche (4,7%).
Selon le Haut-commissariat, «au niveau national, 45,3% des salariés bénéficient d’une couverture médicale assurée par l’employeur; 52,4% en milieu urbain et 24,5% en milieu rural; 54,4% parmi les femmes et 42,9% parmi les hommes».
L’autre enseignement apporté par l’étude, concerne l’affiliation au système de retraite. A ce propos, il ressort que plus d’un actif occupé sur 5 (22,4%) est affilié à un système de retraite, 34,5% en milieu urbain et 6,1% en milieu rural.
Selon les observations du HCP, «le taux de couverture par un système de retraite est presque de même niveau aussi bien parmi les hommes que les femmes, avec respectivement 21,6% et 24,9%». Et de noter qu’il passe de 15,7% parmi les jeunes âgés de 15 à 29 ans à 24,3% parmi les personnes de 30 ans et plus et de 8,9% parmi les actifs occupés n'ayant aucun diplôme à 70,7% parmi les détenteurs d'un diplôme supérieur.
A noter que les taux de couverture de retraite les plus élevés sont enregistrés dans les secteurs de l’«industrie y compris l'artisanat» et des «services» avec respectivement 39,1% et 33,7% alors que les taux les plus bas sont relevés dans les secteurs des «BTP» et de l’«Agriculture, forêt et pêche » avec respectivement 10,3% et 4,4%.
Soulignons, en outre, que «plus de 4 salariés sur 10 (42,4%) sont affiliés à un système de retraite, 50% en milieu urbain et 19,2% en milieu rural», selon le Haut-commissariat notant que cette proportion est de 53,1% parmi les femmes contre 39,3% parmi les hommes.
Notons également que le sous-emploi touche particulièrement les actifs occupés hommes et ceux exerçant dans le BTP. «En 2019, l’effectif de la population sous employée est de 1.001.000 personnes. Le taux de sous-emploi atteint 9,2% au niveau national, 8,3% en milieu urbain et 10,4% en milieu rural », selon l’étude précisant que le phénomène du sous-emploi concerne 15,9% des actifs du secteur des BTP suivi de l’"agriculture, forêt et pêche" (9,8%), des "services" (8%) et de l’"industrie y compris l’artisanat" (6,4%).

Alain Bouithy
Jeudi 27 Février 2020

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