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Alors que le débarquement s’est poursuivi jusqu’à lundi, les autorités espagnoles, encadrées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), tentent de rassurer la population locale. Pourtant, un officier de la Guardia Civil est décédé d’une crise cardiaque durant l’opération, et les premiers cas positifs sont confirmés chez les passagers rapatriés.
Selon Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques de santé, le risque pandémique mondial reste « très faible ». En effet, dans son analyse, le médecin rappelle que la transmission interhumaine naturelle du hantavirus est « quasi inexistante » pour 37 des 38 souches répertoriées.
« C’est inquiétant pour le cas spécial de cette croisière, mais cela reste marginal quant à un risque de pandémie mondiale», a nuancé Tayeb Hamdi. La transmission nécessite un contact intime et prolongé et c’est précisément ce qui se produit dans les espaces communs exigus d’un navire, avec ventilation partagée. Les autorités espagnoles ont d’ailleurs mis en place des tentes d’accueil et des restrictions d’accès au front de mer pour éviter toute contamination locale.
Le virus Hanta, dont le réservoir naturel est constitué de rongeurs (souris, rats), provoque chez l’homme des maladies graves. Initialement, les symptômes miment ceux d’une grippe sévère : fièvre, douleurs musculaires intenses (dos et cuisses), fatigue et maux de tête.
Cependant, et contrairement à une grippe banale, l’évolution peut mener à deux syndromes mortels, le syndrome pulmonaire à Hantavirus (SPH), et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR).
Tayeb Hamdi a rappelé que le taux de létalité peut atteindre 50% des cas selon les experts. C’est dans ce contexte qu’un passager américain a été confirmé « faiblement positif » à la souche Andes, et qu’un Français évacué a vu son état s’aggraver durant le vol, nécessitant une hospitalisation immédiate dans un service spécialisé.
Le ministre de l’Intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, a coordonné une véritable opération aérienne. La France, l’Allemagne, la Belgique, l’Irlande et les Pays-Bas ont envoyé des avions pour récupérer leurs ressortissants. L’Union européenne a fourni deux appareils supplémentaires. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni organisent également des vols.
Sur place, le débarquement a été chaotique. Si les premiers groupes de passagers (14 Espagnols, puis des Français, Canariens et Néerlandais) ont strictement respecté les protocoles (masques, distance), des images montrant des voyageurs sans masque dans les bus ont fait polémique. Sur les 152 passagers, 94 ont débarqué dimanche, 24 devaient le faire ce mardi, tandis que les 34 membres d’équipage restent à bord pour ramener le navire à Rotterdam.
Tayeb Hamdi a attiré l’attention sur un facteur aggravant, à savoir les changements climatiques et la destruction de la biodiversité qui perturbent l’habitat des rongeurs, favorisant l’émergence de nouveaux cas.
A l’échelle mondiale, on recense environ 150.000 cas par an (principalement en Asie de l’Est) et 200 cas annuels dans les Amériques.
Concernant la situation dans le Royaume, le chercheur a précisé que «le Maroc dispose d’un système national de vigilance et de surveillance épidémiologique, ainsi que de laboratoires de référence à même de diagnostiquer d’éventuels cas importés», précisant qu’aucun cas n’a été signalé au Maroc à ce stade.
Aucun vaccin ni traitement antiviral spécifique n’existent à ce jour. La prise en charge repose uniquement sur le soutien des fonctions vitales (réanimation).
L’OMS recommande un suivi actif de 42 jours pour tous les passagers évacués, durant lequel chaque pays appliquera ses propres protocoles. Pour l’instant, les deux femmes espagnoles qui avaient été en contact étroit avec une passagère décédée ont été testées négatives, mais elles devront se soumettre à de nouveaux contrôles.
Bien que la crise du MV Hondius ne préfigure pas une pandémie mondiale, elle constitue un «cas d’école» alarmant. Elle démontre comment une souche virale marginale mais capable de transmission interhumaine, combinée à un environnement confiné, peut provoquer une crise sanitaire internationale.
Et comme le rappelle Tayeb Hamdi, la seule véritable protection reste la prévention, éviter l’inhalation de poussières contaminées par les rongeurs et adopter des gestes stricts de nettoyage humide.
Elias Rayane








