Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Chedli-Kidiaba : La consécration au CHAN a une saveur plus que particulière




Robert Kidiaba et Adel Chedli, deux anciens vainqueurs du CHAN (2009 et 2011), étaient au Maroc en leur qualité d’ambassadeurs du CHAN Total, Maroc 2018. Dans l’entretien qui suit accordé
au site officiel de la Confédération africaine de football, cafonline.com, ils se sont prononcés sur le tournoi en général, la finale, l’importance de cette consécration en
évoquant leurs souvenirs un peu particuliers.


Tout d’abord, quels sont vos sentiments après avoir été choisi comme ambassadeur du CHAN Total?
Adel Chedli : Je suis vraiment content d’avoir été désigné ambassadeur du CHAN Total. Depuis que j’ai mis un terme à ma carrière de footballeur, les gens m’ont un peu oublié. Mais la CAF par le biais du président et des membres du Comité exécutif ont fait un geste pour moi que je n’oublierai jamais. Ici, j’ai découvert la grande famille de la CAF et c’est vraiment une famille, je ne m’attendais pas à une telle ambiance et convivialité.

Robert Kidiaba : J’étais très ému au moment de recevoir mon invitation. Le président est à remercier avec son exécutif car ils n’ont pas oublié un joueur qui a fait toute sa carrière sur le continent. Je sais que c’est difficile de désigner un ambassadeur à la CAF  n’ayant fait sa carrière qu’en Afrique seulement. Je les remercie encore une fois.

Vous avez gagné le CHAN, la première édition en 2009 (Robert Kidiaba) et en 2011 (Adel Chedli), que représente cette consécration pour vous ?
A.C : Oui, moi j’ai eu l’honneur de remporter ce trophée en 2011 avec la Tunisie. Ça reste un des moments les plus importants de ma carrière même si j’ai réussi à gagner la CAN aussi en 2004. Cette consécration reste particulière. Le tournoi s’est joué en 2011 juste après la révolution en Tunisie. Le peuple était triste, il y avait plein de problèmes dans le pays. On était en pleine crise, je me souviens d’ailleurs, on avait effectué un stage de préparation d’une semaine à Rabat avant de rallier le Soudan. On ne pouvait pas se préparer mais par la suite, on a remporté le trophée. Ça s’est joué sur le plan mental. Pour nous les joueurs, on devait remporter cette coupe pour faire plaisir au peuple et lui rendre le sourire.

R.K : Le CHAN reste un porte-bonheur pour moi. C’est mon premier trophée. C’était en 2009. J’avais même donné un nom durant ce tournoi à ma fameuse danse «kidi-bouaké» car, on avait commencé le tournoi à Bouaké pour ensuite remporter le trophée à Abidjan. C’est mon premier titre international, juste après, j’ai commencé à gagner les ligues des champions, des supers coupes et d’autres consécrations. Je garde de bons souvenirs de cette épreuve.

C’est quoi la différence entre le CHAN et la CAN ?
A.C : Pour moi, c’est la même motivation. J’ai joué la CAN, le CHAN et même des matchs amicaux avec le même état d’esprit. Nous en 2011 par exemple, on avait une grande détermination à cause de ce qui se passait en Tunisie. Je me souviens bien de cette époque. Les conditions étaient aussi difficiles car on avait des pelouses en tartan au Soudan. Mais je pense qu’il n’y a pas de grande différence entre le CHAN et la CAN. Aujourd’hui, on peut constater les moyens mis à disposition, c’est vraiment énorme.
R.K : Je ne peux contredire ce qu’a dit mon ami Chedli, mais chez nous en RDC, le CHAN est moins considéré et moins médiatisé lors des premiers tours. Mais une fois qu’on est en demi-finale ou en finale, là on nous accorde de l’importance. Les gens donnent plus d’importance à la CAN à cause de la présence des joueurs évoluant en dehors du continent.

Que peut apporter le CHAN aux joueurs locaux ?
A.C : Ça leur permettra de se faire remarquer par les recruteurs. L’autre fois j’étais à la tribune officielle et j’ai vu pas mal de recruteurs européens car ils savent qu’il y a des diamants, il suffit juste de les faire progresser.
R.K : Le CHAN, c’est un miroir pour les joueurs locaux. En RDC, le joueur Bolingi avait brillé avec la sélection durant le CHAN 2016 au Rwanda et juste après, il est allé signer en Belgique. Dodi Lukebakio a signé à Anderlecht aussi très jeune, je pense qu’il n’avait que 19 ans.

Parmi les matchs que vous avez suivis, lequel d’entre eux, a attiré votre attention notamment sur le plan technique ?
A.C : Sincèrement, j’ai beaucoup apprécié le rendement de la Zambie et du Maroc durant le tournoi. Mais, le match que j’ai apprécié, c’était le quart de finale à Tanger entre l’Angola et le Nigeria. Il y avait des occasions de buts à la pelle. Il y avait aussi de l’intensité et de l’engagement. Sur le plan technique, on a vu de belles choses.

R.K : Moi, c’est Zambie-Namibie. C’était un très bon match sur le plan tactique. La Zambie possède une très bonne équipe sur le plan technique. J’aime le football basé sur la technique et surtout la rigueur tactique. La Zambie adopte un football académique.

Pensez-vous que l’élimination prématurée des gros calibres comme la Côte d’Ivoire ou le Cameroun constitue une surprise ?
A.C : C’est une surprise de voir deux grandes équipes d’Afrique éliminées au premier tour. Dommage, mais c’est le football. Il y a beaucoup d’équipes qui ont ramené ici des joueurs jeunes comme le Nigéria par exemple.

R.K : J’étais triste à leur élimination par rapport à leurs entraîneurs. Rigobert Song est l’entraîneur en chef du Cameroun, Kolo Touré est assistant chez les Eléphants. Ce sont deux légendes du football africain. J’aurais aimé qu’ils atteignent la demi-finale ou la finale du CHAN.

El Kaabi meilleur buteur et révélation du tournoi, peut-il profiter de ce CHAN et progresser encore ?
A.C : Oui, bien sûr. C’est un joueur qui est en pleine confiance et en pleine progression. Il était en ligue deux la saison dernière avant de rejoindre un club moyen en ligue un. La Renaissance Berkane joue le milieu du tableau. Maintenant, il frappe aux portes de la sélection A, car Hervé Renard suit avec beaucoup d’intérêt la sélection au CHAN. Je pense qu’il a de fortes chances de jouer la Coupe du monde, Russie 2018. Il faut aussi qu’il gère bien sa carrière.  

R.K : Lorsque je l’ai vu jouer, je pensais que c’était un élément du WAC ou du Raja, avant qu’Adel Chedli ne me dise qu’il joue à Berkane. C’est un exemple de réussite.

Le Maroc s’est porté candidat pour la Coupe du monde 2026. Est-il capable d’organiser un tel évènement ?
A.C : C’est une bonne chose pour l’Afrique. Je pense que le Maroc est un pays capable d’abriter la Coupe du monde 2026. C’est un pays en pleine évolution qui possède beaucoup de moyens et même sur le plan des infrastructures.

R.K : Jusqu’à présent, il n’y a que l’Afrique du Sud qui a organisé la Coupe du monde. Le Maroc est un pays en pleine évolution comme a dit Chedli. Sa Majesté  le Roi Mohamed VI est très proche de son peuple.

Parlez-nous de votre nouvelle carrière, après avoir raccroché les crampons?
A.C : Depuis que j’ai mis fin à ma carrière de footballeur, j’ai passé mes diplômes. J’ai tous les diplômes maintenant. J’ai pris en main un petit club en France. Mais, je veux travailler en Afrique. C’est l’Afrique qui m’a révélé. Je veux transmettre mon savoir dans ce continent. Je veux aussi travailler avec la CAF pour aider dans la formation des jeunes talents.

R.K : J’ai pris ma retraite en 2016. Depuis, je m’occupe des gardiens de but du TP Mazembe. Je suis aussi formateur. J’ai vingt-cinq gardiens, tous jeunes et qui ne connaissent rien. Je suis en train de les former pour qu’ils soient à l’avenir d’excellents gardiens de but.

Source : cafonline.com
Mercredi 7 Février 2018

Lu 510 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito | Sur le vif










Mots Croisés