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​Début de Ramadan sanglant au Yémen

Sur le terrain comme à Genève, les belligérants campent sur leur position




​Début de Ramadan sanglant au Yémen
Le Ramadan a débuté dans la violence au Yémen où le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué une série d'attentats à la bombe anti-chiites, alors que la situation des civils s'aggrave de jour en jour, en particulier à Aden (sud).
Au moins 31 personnes ont été tuées mercredi soir dans la capitale Sanaa, secouée par cinq attentats simultanés commis à quelques heures du début du mois de jeûne musulman.
Les groupes extrémistes voient dans le Ramadan l'occasion d'"intensifier le jihad" et n'hésitent pas à mener des opérations sanglantes. L'EI s'est empressé de revendiquer les attaques de Sanaa, ville contrôlée par les rebelles chiites houthis.
Deux voitures piégées ont visé des mosquées et une troisième la maison du chef du bureau politique du mouvement des Houthis, Saleh al-Sammad. Deux autres engins ont explosé devant deux autres mosquées à l'heure où les fidèles y entraient pour la prière du soir, selon des témoins et des sources de sécurité.
Les deux camps au Yémen espèrent réaliser des gains militaires avant d'accepter un arrêt des combats proposé par l'ONU, estiment des experts, mais tout accord politique est encore loin d'être réalisable dans les pourparlers de Genève qui devaient s'achever vendredi.
Jusqu'à présent, aucune percée n'a été enregistrée dans les consultations de Genève entre les rebelles chiites houthis proches de l'Iran, qui continuent de progresser sur le terrain, et le gouvernement en exil en Arabie saoudite qui table sur les frappes aériennes de la coalition arabe pour les affaiblir. Le gouvernement en exil exige que les rebelles, appuyés par les militaires restés fidèles à l'ancien président Ali Abdallah Saleh, se retirent des zones qu'ils ont conquises pour accepter un cessez-le-feu, qui inclurait l'arrêt des frappes aériennes menées par la coalition arabe depuis fin mars.
Les rebelles réclament pour leur part l'arrêt sans condition des raids. Mais selon des sources proches des négociations, ils semblaient prêts jeudi à envisager un retrait des villes sunnites d'Aden (sud) et Taëz (centre), éloignées de leur fief du nord du pays et où ils font face à une résistance armée.
Le nombre de miliciens houthis encadrés par des conseillers iraniens et du Hezbollah libanais, oscillerait entre 15.000 et 20.000 et depuis le début des frappes aériennes, ils "ne recoivent plus d'aide militaire de l'Iran". Quant aux troupes d'élites, elles comptaient environ 70.000 militaires mais il est difficile de savoir quelle proportion demeure fidèle à M. Saleh, selon un analyste.
Pour leur part, les troupes loyales au président Hadi sont plus réduites en nombre et plus faiblement équipées. Avec des membres de tribus, de partis ou de simples civils, elles forment la "résistance populaire" qui tente d'enrayer la progression du camp des rebelles à Aden, Taëz et dans d'autres régions.
L'ONU tente toujours de parvenir à une trêve humanitaire mais les positions des deux parties sur le plan politique restent cependant très éloignées.
Sans expérience du pouvoir ou de négociations internationales, les rebelles qui considèrent le gouvernement en exil comme démissionnaire, ont réclamé des élections.

Samedi 20 Juin 2015

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