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Rabat déterminé à mettre un terme aux trémulations des pantins séparatistes


Après Guergarat, le Polisario tente de jouer aux trublions du côté de Mahbas



La Commission des affaires étrangères, de la défense nationale, des affaires islamiques et des Marocains résidant à l'étranger à la Chambre des représentants et la Commission des affaires étrangères, des frontières, de la défense nationale et des zones marocaines occupées à la Chambre des conseillers ont tenu hier une réunion conjointe, en présence des ministres de l'Intérieur et des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, consacrée à l'examen des derniers développements de la question de l'intégrité territoriale du Royaume.
Cette réunion intervient suite à la diffusion d’une première copie du rapport du secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres, sur le Sahara et à l’approche de  la réunion du Conseil de sécurité consacrée au renouvellement de la mission de la MINURSO qui arrivera à échéance le 30 avril 2018.
Dans ce document qui peut être sujet à modification avant sa présentation définitive, Antonio Gutteres rappelle le leadership onusien dans le traitement de ce dossier tout en évoquant le rôle de l’Algérie à qui il demande d’«apporter une importante contribution au processus et de renforcer son engagement dans le processus de négociation ».
Il y rappelle aussi «que le Conseil de sécurité l’a chargé de faciliter les négociations entre les parties de bonne foi tenant compte des efforts déployés depuis 2006 et de travailler avec réalisme et esprit de compromis».
Concernant la zone de Guergarat, le secrétaire général de l’ONU rappelle notamment avoir lancé un appel, au mois de janvier 2018, «pour que le trafic commercial et civil ne soit pas entravé et pour qu’aucune action ne soit menée et qui pourrait constituer un changement dans le statu quo dans la zone tampon » et appelle de nouveau le Polisario « à se retirer de la zone tampon comme il l’a fait en avril 2017».
Ce que ce dernier ne semble pas vouloir faire, préférant persévérer dans la même stratégie de diversion qu’il a l’habitude de suivre à la veille de chaque réunion du Conseil de sécurité sur la question du Sahara.
Sa dernière provocation a eu pour cadre Mahbas, un hameau perdu situé au milieu de nulle part dans l’immensité désertique de nos provinces sahariennes jouxtant le mur de protection érigé par le Maroc et grâce auquel il avait brillamment réussi à mettre fin aux incursions orchestrées par le Polisario à partir du territoire algérien. 
C’est à l’orée de cette bourgade de la province d’Assa Zag que, sur instructions des boutefeux algériens, les pantins ont choisi de dresser leurs tentes et de planter des drapeaux séparatistes face aux éléments des FAR stationnés à un kilomètre environ. 
Cette incursion en zone tampon qui a fait suite à celle effectuée par des miliciens armés du Polisario à Guergarat et à sa décision de transférer le siège de sa milice à Bir Lahlou, a été réalisée par des séparatistes qui se sont fait passer pour des musiciens appartenant à une troupe connue pour avoir animé plusieurs soirées dans les camps de Tindouf. Pour l’accomplissement de leur « mission », ces derniers se sont fait escorter par quatre véhicules militaires arborant les couleurs du Polisario.
Intervenant dans le cadre de la réunion conjointe tenue hier par la Commission des affaires étrangères, de la défense nationale, des affaires islamiques et des Marocains résidant à l'étranger à la Chambre des représentants et la Commission des affaires étrangères, des frontières, de la défense nationale et des zones marocaines occupées à la Chambre des conseillers, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, a affirmé avec force que le Maroc allait prendre une décision ferme pour mettre fin aux  provocations répétitives du Polisario qui constituent une violation flagrante du cessez-le-feu de 1991, soulignant que les agissements des séparatistes constituent un défi à la communauté internationale, au secrétaire général de l’ONU et au Conseil du sécurité.
Ce qu’un spécialiste de ce dossier nous a également réitéré sous le sceau de l’anonymat. Contacté par Libé, il a affirmé que la récente incursion des miliciens du Polisario en zone tampon n’est pas nouvelle et que des actions similaires se sont déjà produites dans le passé à l’approche de la réunion annuelle du Conseil de sécurité sur le Sahara. «L’incursion de Mahbas n’est pas la première du genre », nous a-t-il affirmé en rappelant que «le Polisario s’est définitivement implanté  à Tifariti » et qu’«il faut s’attendre, à l’approche de chaque mois d’avril, qu’il tente de  grignoter davantage de terrain ». Et d’ajouter : «Je ne suis pas versé dans le secret des stratégies militaires ou politiques de notre diplomatie, mais je trouve qu’il y a un peu de laisser-aller. Est-ce que le Maroc doit toujours éviter la confrontation, alors que les autres ne le font pas ? On parle de tension, de problème dans cette zone, mais il n’y a pas vraiment de condamnation ni du Polisario ni de l’Algérie. On leur demande tout simplement de se retirer sans les condamner ». Ce qui ne semble pas être suffisamment dissuasif.
Cette nouvelle incursion, précisent d’autres sources, n’est pas fortuite puisqu’elle est intervenue à moins de soixante douze heures après la visite dans les camps de Tindouf de John P. Desrocher, ambassadeur des Etats-Unis à Alger.
Bien que le représentant diplomatique de ce pays qui est le porte-plume attitré des résolutions du Conseil de sécurité sur le Sahara n’a pas eu d’entretiens avec les officiels du Polisario, sa visite a néanmoins été sanctionnée par un communiqué dans lequel il a rappelé le soutien des Etats-Unis aux efforts du HCR auquel il a offert une aide de plus de huit millions de dollars. 
Sur le plan politique, le communiqué s’est limité à exprimer le soutien américain aux efforts de l’ONU visant à trouver une solution à cette question conformément à la position américaine qui tient à égale distance toutes les parties.
Cette visite qui a suscité moult interrogations intervient au moment où le secrétaire général des Nations unies se prépare à présenter, dans les prochains  jours, son rapport annuel sur la situation au Sahara. 
John P. Desrocher qui ne s’est pas réuni officiellement avec des membres de la direction du Polisario aurait néanmoins été amplement renseigné sur la situation dans les camps du point de vue du Polisario. Pour cela, il a mis à profit le trajet menant de l’aéroport de Tindouf au camp d’El Ayoun pour s’entretenir avec Mohamed Yeslem Beissat,  prétendu «gouverneur de ce camp» et ancien représentant du Polisario à Washington qui, sous l’ère de Mohamed Abdelaziz, avait réussi, avec le concours de l’Algérie, à lancer en 2013, le «Western Sahara Caucus» (lobby pro-Polisario au Congrès américain). Un succès qui, contrairement à ce qu’il s’attendait, avait plombé son ascension politique au lieu de la propulser vers l’avant.
Il convient dans ce même cadre de rappeler qu’à la mi-février 2016, l’ambassadrice américaine, Joan A. Polaschik, avait effectué une visite similaire dans les camps de Tindouf où elle s’était rendue, habillée d’une malhfa (habit traditionnel des femmes sahraouies), au siège du Croissant-Rouge du Polisario, puis à une école d’apprentissage d’anglais située dans le «camp d’Esmara» et qui avait été suivie par le déblocage par l’administration Obama d’une aide 4 de millions de dollars aux camps de Tindouf.
Pour d’aucuns, la visite de John P. Desrocher pourrait constituer un message de l’administration Trump au Maroc en faveur duquel le Congrès US a voté une résolution prévoyant que les fonds qui lui sont destinés sont également utilisables au Sahara. De même, le rapport accompagnant la loi budgétaire de l'exercice 2017 et explicitant ses dispositions, a encouragé à soutenir les investissements du secteur privé dans la région.


 

Mourad Tabet et Ahmadou El-Katab
Lundi 2 Avril 2018

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