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Procéder par anticipation pour mieux protéger nos enfants



Le variant britannique de la Covid-19 n'a pas franchi nos frontières



«I l faut tester davantage les enfants», martèlent depuis quelque temps les scientifiques aux quatre coins de la planète, inquiets de la propagation à vitesse grand V du variant britannique du SarsCov-2 auprès des plus jeunes. Une forme de surveillance renforcée mise en place dès aujourd’hui par les autorités sanitaires du pays, à l’instar du Royaume-Uni, où la semaine dernière, les collèges ont été transformés en centres de dépistage pour élèves. Dans un document parvenu à «Libé», il est spécifié que «dans le cadre du plan national de veille et de riposte à l’infection au nouveau coronavirus et suite à l’apparition de nouveaux variants, caractérisés par une plus grande transmission parmi les jeunes, une opération de dépistage chez les collégiens et lycéens sera menée dans plusieurs régions». Signé par le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb, le 7 janvier dernier, le communiqué a été envoyé à l’adresse des directeurs régionaux de la santé de Casablanca-Settat, RabatSalé-Kénitra, Tanger-TétouanAl Hoceima, Fès-Meknès, Marrakech-Safi et enfin SoussMassa. En collaborant étroitement avec le ministère de l’Education nationale, les autorités sanitaires espèrent dépister 10.000 élèves dans la région de Casablanca-Settat et 4000 pour chacune des autres régions précitées. Selon Driss Elhabchi, responsable du service de chimie et toxicologie à l’Institut Pasteur de Casablanca, «cette opération de dépistage s’étalera sur plus d’une semaine en se basant sur des tests PCR». Tests dont la collecte et l’acheminement des prélèvements vers les laboratoires désignés, à l’image de l’Institut Pasteur de Casablanca, seront à la charge des directeurs des différentes régions concernées par cette opération qui paraît aujourd’hui cruciale. Pourtant, ça n’a pas toujours été le cas. Dans notre malheur avec la Covid, il y avait un seul élément plutôt positif : depuis son apparition, le virus était moins agressif avec les plus jeunes. Les enfants n’étaient pas des cibles et les adolescents développaient des formes sans symptômes. Mais cet hier risque d’être sans lendemain. En cause, la nouvelle souche B117, autrement dit, le variant anglais du coronavirus. Certes, il ne serait pas plus dangereux, mais il se propage sans distinction d’âge. Dès lors, l’heure est à la vigilance au Maroc comme ailleurs. Un constat corroboré par la Société marocaine des sciences médicales (SMSM). A l’occasion d’un webinaire organisé la semaine dernière, le directeur de l'Institut Pasteur, Abderrahman Maâroufi, a exposé les détails du plan national de surveillance génomique, mis en place pour à la fois dépister l’apparition ou l’introduction de nouvelles variantes génétiques sur le territoire national, évaluer l’impact des mutations sur la transmissibilité et la sévérité du virus et évaluer l’impact des mutations sur la performance des méthodes de diagnostic moléculaire, sérologique et antigénique. Il est également question d’évaluer l’impact des mutations sur l’efficacité vaccinale et confirmer les cas de réinfection avec la même souche virale. Concrètement, trois approches ont été définies. La première réside dans la détection et le suivi des mutations prioritaires à travers la création d’une liste des mutations les plus importantes et inquiétantes. Ensuite, il s’agira de réaliser différentes études d’impact pour évaluer la virulence de l’infectivité et l’infectiosité. Autant d’éléments qui permettront, in fine, le séquençage du génome complet et donc son profil général. Mais pour l’instant, on n’en est pas encore là. Pour l’instant, il semblerait que le variant britannique ne circule pas sur le territoire national, enfin si l’on en croit le directeur de l'Institut Pasteur, se basant sur les premiers résultats de la veille réalisés jusqu'à fin décembre. En tout cas, l’avenir nous le dira avec certitude. Mais en attendant, le dépistage reste le meilleur moyen d’en avoir le cœur net. Au moment où on écrit ces lignes, le variant britannique du nouveau coronavirus a été détecté au Danemark, aux Pays-Bas et en Australie, mais aussi récemment en France, où deux clusters ont fait leur apparition. Et en partant du principe que les liaisons aériennes sont maintenues entre le Maroc et l’Hexagone, les voyageurs internationaux devront être particulièrement surveillés au même titre que les plus jeunes d’entre nous.. 

Chady Chaabi
Lundi 11 Janvier 2021

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