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Nous sommes tous dans l'expectative : Covid mis à part

Gouvernants, soignants, entrepreneurs, salariés et enseignants incapables de baliser l’avenir





Le 2 mars dernier, le virus est apparu et le Maroc s’est arrêté, incrédule. Puis quand le pays a repassé la première, les vacances sont arrivées et, avec elles, le temps de l’insouciance. A présent, c’est l’heure de   la rentrée et l’incertitude est générale.
Avec les 1.537 nouveaux cas recensés dimanche (18h), pour un total de 52.349 contaminations, 30 décès (888) et 166 cas critiques ou graves dont 31 intubés sous respirateur, gouvernants, soignants, entrepreneurs, salariés et enseignants sont dans l’expectative, incapables de baliser l’avenir, et encore moins de dire de quoi sera fait demain. 
L’on ne sait toujours pas grand-chose. Comme le reste du monde, le Maroc continue d’avancer en eau trouble. L’hiver sera-t-il propice à une virulente reprise de la contagion ? Peut-on être contaminés plus d’une fois ? Les enfants sont-ils épargnés ou pas ? Un vaccin ou un traitement efficace sera-t-il prochainement trouvé ? Aujourd’hui, toutes ces questions demeurent sans réponses. Quoiqu’on en sache un peu plus sur la dernière interrogation. Le Maroc a en effet conclu avec le laboratoire chinois CNBG deux accords de coopération en matière d’essais cliniques du vaccin anti-Covid-19. Deux hôpitaux ont été désignés à ce dessein : l’hôpital militaire et l’hôpital Avicenne de Rabat, ainsi que l’hôpital Ibn Rochd de Casablanca. Près de 5000 volontaires y seront alités pour participer à ces essais cliniques. Un suivi médical d’une quarantaine de jours au moins est prévu. Mais c’est tout. Sur les autres sujets précités, on n’en sait pas plus. 
Le flou demeure. Et au rythme avec lequel s’accélère la propagation du Sars-Cov-2 au sein de la population, 41,6 cas pour 100.000 habitants, une épée de Damoclès est pointée sur nos têtes. Dans plusieurs structures Covid-19 à travers le pays, le spectre de la saturation se fait de plus en plus pesant. Ce fut le cas un temps à Tanger. C’est le cas aujourd’hui à Marrakech. Et à Casablanca, ça risque de ne pas tarder. Dans la région, 5.474 cas ont été détectés jusqu’à maintenant parmi lesquels 639 recensés hier dont 531 rien qu’à Casablanca. La saturation parait inéluctable. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que la polyclinique CNSS Ziraoui et ses 58 lits d'hospitalisation et 17 de réanimation intègrent le dispositif de lutte anti-Covid. 12 patients y ont été reçus samedi en début d'après-midi. Mais rien ne dit que cela suffira. Et le personnel soignant dans tout ça ? En mal de reconnaissance, pressés comme des citrons, médecins, infirmiers et autres techniciens ne baissent pas les bras. Ils poursuivent courageusement leurs missions malgré un état de fatigue avancé, sans aucune perspective de congé (voir notre édition du mardi 11 août). 
Les vacances, les enseignants en ont profité, mais qu’à moitié. Entre la mise sous cloche de plusieurs villes du Royaume ou encore les plages obstruées, les vacances ont été biaisées. Autant dire que la rentrée scolaire s’annonce mentalement compliquée. Surtout avec l’indécision du ministère de l’Education nationale. Car si la rentrée est programmée pour le 7 septembre, ses modalités sont peu claires. Dans une manière de se délester de toute responsabilité à l’avenir, Said Amzazi a expliqué que la présence en classe n’était pas obligatoire et encore moins interdite. En clair, le MEN laisse la main aux parents et leur délègue ainsi des responsabilités qui lui sont dévolues. Ce n’est pas bien difficile de trancher et prendre une décision, non ? A moins que par ce tour de passe-passe, Said Amzazi espère s’éviter les problématiques liées d’une part au débat houleux d’ores et déjà annoncé entre les écoles privées et les parents d’élèves au sujet des frais de scolarité dans une configuration d’enseignement à distance, et d’autre part, au manque d’équipements (Internet, tablettes, ordinateurs…) dont souffre la frange de la population la plus défavorisée. Sans parler des réticences des enseignants quant à ce format d’enseignement si particulier et déstabilisant aussi bien pour les élèves que leurs enseignants. 
On ne sait pas si le gouvernement et ses organes ministériels en font trop ou pas assez. Une chose est sûre, il leur revient de maîtriser leur communication pour éviter de s’exposer aux critiques. Il y va du moral du pays. D’autant que les perspectives de croissance sont des plus sombres. L’urgence est autant économique et sociale que sanitaire. Ces combats doivent être menés de front et simultanément. Nombre de professions sont au bord de la rupture. Bien que les foyers professionnels se multiplient, le soutien de l’activité économique est compatible avec le respect de certaines précautions. 
De toute façon, on n’a pas le choix. Il faut apprendre à vivre ainsi, avec le masque et la distance physique pour seuls boucliers. Le déconfinement a prouvé que sortir des sentiers battus et réinventer notre quotidien est une vaste ambition qui peut aussi prendre la forme d’un constat d’échec cuisant. Un échec dont on paye aujourd’hui les pots cassés. Pour encore combien de temps ? Là aussi, la question est sans réponse.  

​L’Anakinra, médicament prometteur

De nouveaux travaux scientifiques réalisés à Marseille laissent présager que l’Anakinra pourrait limiter le risque de formes très graves et de décès en cas d’infection par le coronavirus. Vendu sous le nom de Kineret, ce médicament est bien installé dans le paysage médical depuis plusieurs décennies. Essentiellement utilisé en rhumatologie pour soigner certaines maladies comme les polyarthrites rhumatoïdes, il fait également partie des anti-inflammatoires. 
Pour assimiler l’action de ce médicament, il faut comprendre que les patients qui décèdent du Covid-19 succombent généralement à un orage cytokinique. Il se produit lorsque le système immunitaire réagit de façon incontrôlée à une infection.
L’organisme risque alors de développer un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), pouvant entraîner la mort. Dans le cas du nouveau coronavirus, l’orage cytokinique en question se produit en moyenne environ une semaine après l’infection. L’Anakinra aurait justement la capacité de bloquer une des molécules impliquées dans cette tempête inflammatoire, l’interleukine-1. 

Chady Chaabi
Mardi 25 Août 2020

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