Libération


Facebook
Rss
Twitter






Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Liesse à Munich




 "Champions! Champions!": plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans le centre de Munich dimanche soir aux sons des klaxons et des cris pour célébrer la victoire du Bayern Munich en finale de la Ligue des champions.
Au coup de sifflet final après le succès (1-0) face au PSG, la grande avenue du centre de la capitale bavaroise, la Leopoldstrasse, s'est remplie de voitures aux couleurs du club de la ville, tandis que des supporteurs déambulaient en brandissant des drapeaux du Bayern et en chantant.
"Vraiment génial, vraiment grandiose, pour la ville de Munich, c'est sensationnel", s'extasie Tobias Rau, 27 ans, à propos du deuxième "triplé" Ligue des champions, Championnat et Coupe d'Allemagne réalisé par le Bayern en sept ans.
"C'est une performance qu'on a le droit de fêter malgré le coronavirus et le fait qu'il nous faille respecter les règles", ajoute-t-il.
"C'est plus que mérité, c'était vraiment serré, mais les joueurs du Bayern ont fait vraiment une saison incroyable", renchérit, hilare, Lukas, 31 ans.
Un important dispositif policier a été déployé dans la ville pour faire respecter, autant que faire se peut les restrictions liées à la pandémie de Covid-19, avec des amendes pour les contrevenants durant le match.
Les retransmissions de la finale dans des stades ou des "fan zones" étaient interdites.
Les supporteurs se sont donc rabattus sur les cafés du centre-ville ou sur un cinéma en plein air près de l'ancien stade olympique de Munich, où le Bayern joua à domicile durant plusieurs décennies, avant d'élire domicile dans son nouveau stade de l'Allianz Arena en banlieue.
Ce site peut normalement accueillir jusqu'à 2.000 spectateurs pour des projections. En raison du nouveau coronavirus, ils n'étaient que 500 environ à y regarder le match.
"Félicitations au FC Bayern! Le rêve du triplé avec distance!", a tweeté dans une forme de mise en garde la police locale après la victoire, en publiant une liste de suggestions destinées aux supporteurs pour les inviter à célébrer la victoire sans se masser les uns sur les autres dans la rue.
Le président de l'Etat régional de Bavière Markus Söder, pourtant supporter du club rival de Nuremberg, y est allé aussi de son tweet: "Félicitations au Bayern! Le succès en Ligue des champions couronne une saison formidable".
Pour les Bavarois, un héros se dégage après la saison historique réalisée par le club: l'entraîneur Hansi Flick, longtemps adjoint du sélectionneur de l'équipe d'Allemagne, Joachim Löw.
A l'automne dernier, le club semblait à la dérive, distancé en championnat et à deux doigts de l'élimination en Coupe d'Allemagne.
Exit l'entraîneur alors en place, le Croate Niko Kovac. Son adjoint Hansi Flick est promu à sa place mais présenté d'abord comme une solution de transition.
Dix mois plus tard, il a tout remporté.
Tout cela "c'est grâce à Monsieur Flick", exulte, Frederick Schlüter, 33 ans dans les rues de Munich.
"Il n'a même pas dirigé l'équipe une saison complète et maintenant ça, c'est incroyable!", savoure-t-il.

​Déception et casse à Paris

Ils rêvaient d'une grande fête, leur déception est immense: les supporters du PSG ont assisté à la défaite de leur équipe et la fin de soirée a été marquée par des échauffourées entre des groupes de jeunes et la police.
"Trop de déception! Ils ont gâché trop d'occasions et malheureusement en finale ça ne pardonne pas. Les occasions étaient là mais pas le réalisme. (...) Jusqu'au bout il y a eu des occasions qui auraient pu mener à une égalisation mais la chance n'était pas de notre côté... ", regrette Nicolas Mounier en sortant du stade.
"On est mitigé", estime un groupe de trois personnes. "On est déçu mais on n'a pas été ridicule. La première mi-temps, on était à armes égales et on a eu un passage à vide les 20 premières minutes de la deuxième mi-temps et on l'a payé", résume Anne Vaneson.
 "Il paraît que la première finale se perd toujours", veut croire Benjamin Navet. "C'est la première étape, la première fois qu'on atteint la finale, dans des conditions particulières", dit-il. "On est déçu mais pas abattu", confirme sa mère Dominique Navet.
Les 5.000 supporters, qui ont suivi dans une ambiance bouillante la finale de la Ligue des champions depuis le Parc des Princes avaient pourtant donné de la voix malgré le masque. Seule une petite partie des tribunes était occupée par des supporters masqués, mais équipés de drapeaux et de fumigènes.
Mais autour du stade, tout au long du match, des échauffourées ont eu lieu entre les forces de l'ordre qui ont utilisé des gaz lacrymogènes face à des supporters armés de pétards et de feux d'artifice.
Et après le match, les tensions sont encore montées d'un cran et des heurts ont eu lieu aussi dans le secteur des Champs-Elysées où des véhicules ont été incendiés, des vitrines cassées et des magasins vandalisés, a constaté une journaliste de l'AFP.
"Il est 01h00 : à compter de cette heure, toutes (les) personnes se rassemblant sur le secteur des Champs-Elysées seront verbalisées, en vertu de l'arrêté d'interdiction du préfet de Police", a tweeté la Préfecture de Police.
"C'est une honte, 45 minutes que l'on attend les pompiers, il y a 50 enfants dans l'immeuble. Y en a marre de ce pays qui brûle!", s'insurge Yohan, qui habite un immeuble de la rue Bassano dans laquelle une voiture a été incendiée.
Peu avant une heure du matin, des groupes de jeunes continuaient à affronter la police à coups de jets de bouteilles en verre et de tirs de mortiers d'artifice. Les forces de l'ordre ont utilisé gaz lacrymogènes et lanceurs de balle de défense (LBD), a constaté une journaliste de l'AFP.
Autour du parc des Princes, dès la fin du match, dépités par la défaite de leur équipe, des supporters ont attaqué les balustrades entourant le chantier de rénovation de la fontaine de la porte de Saint-Cloud, avant d'être stoppés par des jets de gaz lacrymogène.
Au loin, des feux d'artifice et les détonations sourdes de gros pétards.
Au passage des camions des forces de l'ordre, des jeunes jettent des bouteilles en criant des insultes. "Partez, rentrez chez vous, ça va se transformer en violences urbaines", conseille aux badauds un groupe de supporters.
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a estimé dès les premiers heurts qu'il s'agissait de "débordements inadmissibles".
D'après la Préfecture de Police, à 00H30 22 personnes avaient été interpellées.
Les forces de l'ordre sont également intervenues pour verbaliser les personnes ne portant pas le masque. A 22H30, 274 verbalisations avaient par ailleurs été dressées, notamment dans un bar qui a été évacué à proximité des Champs-Elysées.
A Marseille, autre ambiance: les supporters de l'OM ont explosé de joie après la défaite du PSG, leur rival historique. "C'est jour de fête, ils ont perdu", s'est exclamé Samir M'Kirech attablé à la terrasse d'un pub sur le Vieux-Port de Marseille.
Le président Emmanuel Macron a fait part sur Twitter de ses "Félicitations au @FCBayern pour sa sixième Ligue des champions et au @PSG_inside pour son parcours exceptionnel". "L'heure de la victoire viendra pour le football français", a-t-il ajouté.

Mardi 25 Août 2020

Lu 489 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 23 Septembre 2020 - 20:56 WAC-Raja, un choc déterminant dans la course au titre

Lundi 21 Septembre 2020 - 18:20 Tadej Pogacar bouscule l'histoire du Tour de France

Lundi 21 Septembre 2020 - 18:19 Premier League: Liverpool mate Chelsea