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“Les femmes et l’Etat social : la protection sociale en tant que modèle ” , thématique d’ un forum organisé par l’OFI


Rachid Meftah
Dimanche 31 Décembre 2023

“Les femmes et l’Etat social : la protection sociale en tant que modèle ” , thématique d’ un forum organisé par l’OFI
- Khaoula Lachguar : L’USFP a présenté ses suggestions concernant le nouveau modèle de développement sous la devise : “Un Etat fort et juste et une société moderniste et solidaire”.
- Mohamed Tarik : Le référentiel socialiste de l’Etat social et de la protection sociale puise ses valeurs dans un système de principes : l’égalité, l’équité, la modernité, la citoyenneté et la justice sociale
- Ali El Ghanbouri :
La réussite du projet de la protection sociale est tributaire de l’ouverture sur les activités économiques et commerciales non structurées.

Dans le cadre  de la plaidoirie pour la liberté, la dignité, l’équité et une réforme globale du statut de la famille et de la communication de proximité ratissant large à travers les régions et provinces du Royaume, l’Organisation des femmes ittihadies (OFI), s’active dans un processus de plaidoyers prodigieux ciblant les droits des femmes et des enfants et focalisant son action sur la situation de la femme à l’horizon de la réforme attendue de la Moudawana et sa place dans le système de la protection sociale en perspective.

Ainsi le secteur féminin ittihadi a organisé à Rabat un forum autour de la thématique : « Les femmes et l’Etat social : la protection sociale en tant que modèle », avec la participation d’acteurs politiques, de chercheurs universitaires, d’académiciens et d’experts dont notamment Khaoula Lachguar, membre du Bureau politique de l’Union socialiste des forces populaires et vice-présidente de l’Internationale socialiste, Mohamed Tarik, professeur universitaire à la Faculté de droit de Mohammedia et Ali El Ghanbouri, président du Centre de détection économique et sociale.

Dans son intervention d’ouverture de cette rencontre, Amina Ettalbi, membre du Secrétariat national de l’OFI, a souligné que ce forum ouvre une série de rencontres se rapportant à l’Etat social et la protection sociale, indiquant que l’organisation féminine ittihadie a anticipé l’ouverture du débat en cours au sujet du statut de la famille en s’attelant sur l’organisation de nombre de conférences et de rencontres marquées par la contribution d’un large parterre d’experts, d’académiciens et de chercheurs en matière de droits de l’Homme.

Pour sa part, Khaoula Lachguar a mis en avant dans son intervention, que l’USFP, le parti de gauche au référentiel socialiste, démocratique et social, attaché comme il l’a toujours été aux principes universels de démocratie, de liberté, de dignité, d’égalité et d’équité et défenseur des droits de l’Homme et de l’Etat social garantissant la protection sociale pour toutes les catégories de la société, a bien présenté ses suggestions concernant le nouveau modèle de développement sous la devise : « Un Etat fort et juste et une société moderniste et solidaire ».

La responsable ittihadie a fustigé le système de la protection sociale actuel, le qualifiant de système conservateur qui consacre le stéréotype masculiniste dominant dans la société (l’homme ayant l’exclusivité de l’entretien de la famille, des enfants et de son épouse…).

Khaoula Lachguar a indiqué, à cet égard, que l’on constate un grand recul de l’effectif des femmes actives, les proportions de ces dernières ayant baissé de 30% à l’ère du gouvernement d’alternance à 21%, les plus faibles proportions en Afrique, au monde arabe et en Afrique du Nord en la matière…  

La membre du Bureau politique de l’USFP a fait observer que la majorité des femmes vivent dans des conditions très difficiles et souffrent d’iniquité et du    bafouement de leurs droits sociaux et économiques, particulièrement en ce qui concerne la charge familiale non payée d’autant que c’est à la femme qu’incombe la charge de la garde et de l’entretien de la famille, statistiques à l’appui…

Par ailleurs, Khaoula Lachguar a mis en évidence l’injustice que subit la femme en matière de salaires et qui est manifeste quand bien même elle est titulaire de diplômes (…), ce qui induit que la contribution de l’homme au coût de la protection sociale s’en retrouve inférieure à celle dont s’acquitte la femme.

De son côté, Mohamed Tarik a souligné que l’Etat social et la protection sociale sont issus du référentiel socialiste qui puise ses valeurs dans un système de principes s’appuyant sur l’égalité, l’équité, la justice, la solidarité, la citoyenneté et la justice sociale. De ce fait, pour lui, la protection sociale s’avère un enjeu que l’on doit remporter en adoptant des politiques publiques et des programmes à même de lutter contre la pauvreté, la fragilité et de subvenir à toutes les exigences des femmes quant à la vie digne et satisfaisante.

L’intervenant a mis l’accent sur le fait que la protection sociale est l’une des garanties délivrant toutes les catégories sociales de la pauvreté mais aussi l’un des outils de correction de tous les dysfonctionnements par ailleurs évoqués par la plus haute autorité du pays.

Mohamed Tarik a enchaîné en rappelant le rôle de l’Etat fort et sa résurgence particulièrement après le Covid-19, couvrant tous les secteurs sociaux tels que l’enseignement public, la santé publique et l’habitat, déplorant, tout de même, la situation critique que vivent les femmes (…)
Et de relever qu’une multitude de défis pourraient entraver la réussite du projet de la protection sociale si l’on n’y fait pas face par les moyens requis, à savoir, selon lui, le traitement des hautes proportions du chômage susceptibles d’impacter la pérennité des fonds dédiés à la protection sociale et la couverture sanitaire.

En deuxième lieu, énumère-t-il, l’économie non structurée qu’il estime nécessaire de combattre… Viennent ensuite, pour l’intervenant, la nécessité de bien définir le système des catégories ciblées et le 4ème défi qui se rapporte à la pérennité et la durabilité du financement de la protection sociale. La justice sociale, l’impératif de tenir compte de la faiblesse du système sanitaire national et l’augmentation des effectifs des personnes agées, sont également autant de défis à combattre, conclut Mohamed Tarik.

Quant à Ali El Ghanbouri, il a observé, entre autres, que la réussite du projet de la protection sociale est également tributaire de l’ouverture sur les activités économiques et commerciales non structurées de manière à favoriser l’intégration de ceux qui les pratiquent afin d’assurer davantage la durabilité de ce projet, en avertissant, d’autre part, concernant les femmes, que l’on ne peut assurer la défense des droits de celles-ci en l’absence d’actions à même de garantir leur autonomisation économique.

Rachid Meftah


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