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Les efforts de la diplomatie marocaine ont fini par payer

Le contrôle des droits de l’Homme au Sahara ne va pas être attribué à la MINURSO




Pour une fois, la vérité sort de la bouche du Polisario et de ses séides. Précisément à travers une dépêche de l’agence de désinformation et de propagande algérienne APS qui a reconnu que «les Etats-Unis n’ont pas proposé un mécanisme pour la protection des droits de l’Homme dans le cadre du renouvellement du  mandat de la MINURSO ».
Le fait donc que ces derniers n’ont pas fait allusion à la mouture du projet de résolution sur le Sahara qu’ils ont distribué au Groupe des amis du Sahara qui inclut également la France, la Russie, le Royaume-Uni et l’Espagne constitue en soi une sévère raclée aux séparatistes et à leurs mentors  qui n’ont cessé depuis des années de faire pression pour pousser à la mise en place de ce mécanisme.
L’APS qui a, par ailleurs, rappelé dans la même dépêche qu’«en 2013, les Etats-Unis ont demandé que le mandat de la mission onusienne  soit étendu à la surveillance des droits de l’Homme, une initiative qui  avait, alors, irrité, Rabat et Paris à la fois », a néanmoins sciemment passé sous silence le fait que cette proposition a été déjà formulée en 2012 et que la diplomatie marocaine s’en était alarmée au motif qu’un «scénario d’élargissement de la MINURSO aux droits humains» augurera d’«une timorisation programmée de la question du Sahara » et « créera(it) deux ordres de juridictions parallèles. Un ordre au Nord du Maroc régi par les lois marocaines en vigueur, et un autre ordre qui dépendra(it) d’un mécanisme onusien dans la région du Sahara», peut-on encore lire dans un câble diplomatique qu’avait alors «fuité» le hacker Chris Coleman.
L’officine de propagande algérienne a également omis de rappeler que si cette proposition est tombée à l’eau malgré les fortes pressions exercées par les chefs de la diplomatie algérienne qui se sont succédé depuis lors, c’est grâce aux énormes efforts consentis par la diplomatie marocaine et à la justesse de notre cause nationale.
A titre d’exemple, l’ancien ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, avait soutenu devant la 28ème session du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU tenue en 2015 à Genève que « la MINURSO, déployée depuis plus de deux décennies, se trouve paradoxalement amputée d’un mécanisme de surveillance des droits de l’Homme. Il est tout aussi urgent que le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme accorde davantage d’importance à cette situation, en mettant en place un mécanisme de surveillance indépendant de la situation des droits de l’Homme au Sahara ». Toutes ces gesticulations et bien d’autres sont donc tombées à l’eau.
S’il y a une question sur laquelle devrait se pencher l’instance onusienne, c’est celle concernant le recensement de la population séquestrée dans les camps de Tindouf depuis plus de quarante ans. Ce recensement demandé nombre de fois par l’ONU et auquel s’opposent farouchement le Polisario et l’Algérie, est crucial. Premièrement pour fournir des aides à cette population qui vivote dans des conditions difficiles et deuxièmement pour la protéger contre les violations des droits de l’Homme commises par les milices du Polisario et par l’Etat algérien.
A titre d’exemple, depuis les manifestations anti-régime en Algérie, l’Etat algérien impose un blocus sur les camps de Tindouf pour empêcher la défection en masse au sein du Polisario, surtout après qu’un groupe de 12 éléments de cette milice a rallié la mère patrie en mars dernier. L’armée algérienne n’exclut d’ailleurs pas le recours aux armes pour empêcher les séquestrés de fuir les camps de Lahmada. Le 18 mars dernier, elle a ainsi tué un jeune Sahraoui, Kari Mohamed Ali El Ouali. Son seul péché est d’avoir eu le courage de fuir à bord d’une voiture.
Mieux encore. Il y a quelques jours, nos confrères de Le360 ont rapporté des témoignages accablants de militants associatifs. Ainsi, « le président de l'ONG "SOS Camps de Tindouf", Sidi Mohamed Cheikh Ismaaili, a-t-il rappelé que les Sahraouis vivent depuis plus de 40 ans dans des conditions difficiles, sur les plans social, économique et psychique, en l'absence totale des libertés d'expression, de déplacement et de travail, faisant observer que les opposants au Polisario risquent l'exil, l'arrestation, la torture et l’assassinat.
Il convient aussi de rappeler que dans le dernier rapport qu’il a soumis aux membres du Conseil de sécurité, Antonio Guterres avait mis l’accent sur les deux tables rondes de Genève, soulignant qu'une solution politique du différend régional sur le Sahara est possible mais qu'un règlement nécessiterait «une volonté politique forte, non seulement de la part des parties et des Etats voisins, mais également de la communauté internationale». Il avait également proposé la reconduction du mandat de la MINURSO, sans en préciser la durée. Ce projet de résolution, rappelle-t-on, sera approuvé au début de la semaine prochaine par les membres du Conseil de sécurité.

Mourad Tabet
Mardi 23 Avril 2019

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