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Les deux Corées et l'ONU discutent du désarmement de la frontière

Pyongyang dénonce les intentions maléfiques de Washington




Les deux Corées et le commandement des Nations unies emmené par les Etats-Unis ont entamé des discussions mardi sur la démilitarisation d'une portion de la frontière lourdement fortifiée qui divise la péninsule, nouveau témoignage de la détente en cours.
"La première rencontre entre le Sud, le Nord et l'UNC sur le désarmement de la Zone de sécurité conjointe (ZSC) aura lieu aujourd'hui à 10H00 à Panmunjom (01H00 GMT)", a annoncé à la presse le ministère sud-coréen de la Défense.
La ZSC de Panmunjom, le village frontalier où fut signée la trêve de la guerre de Corée (1950-53), est la seule portion de la frontière intercoréenne de 250 kilomètres de long où les troupes des deux pays se font face directement.
La zone était considérée comme une site neutre jusqu'à "l'incident du meurtre à la hache" de 1976, quand deux soldats américains qui accompagnaient des ouvriers chargés d'abattre un arbre dans la zone démilitarisée (DMZ) avaient été tués par des militaires nord-coréens.
Les deux Corées, toujours techniquement en guerre faute d'un traité de paix en bonne et due forme, sont convenues de prendre des mesures pour apaiser les tensions militaires à leur frontière lors du sommet entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président sud-coréen Moon Jae-in le mois dernier à Pyongyang.
Les deux parties viennent de commencer à déminer la ZSC, où se tiennent désormais fréquemment les rendez-vous intercoréens. De même, elles doivent retirer les équipements de surveillance "inutiles" de la zone une fois achevées les opérations de déminage.
Le président sud-coréen de centre-gauche est partisan depuis longtemps d'un dialogue avec le Nord, qui est soumis à de multiples sanctions de l'ONU du fait de ses programmes nucléaire et balistique interdits. La détente en cours s'est traduite par trois sommets intercoréens ainsi qu'une rencontre historique entre Kim Jong Un et le président américain Donald Trump.
A Pyongyang, les deux dirigeants ont également accepté de démanteler d'ici la fin de l'année certains postes de garde frontaliers et de cessé les exercices militaires dans la zone à compter de novembre.
Par ailleurs, les médias officiels nord-coréens ont attaqué mardi les Etats-Unis pour leur volonté "maléfique" de maintenir les sanctions contre Pyongyang, accusant le président Donald Trump d'empêcher les relations intercoréennes de progresser.
Ces commentaires menacent de troubler les négociations entre Washington et la Corée du Nord, en particulier sur la tenue d'un second sommet entre M. Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.
Lors de leur premier sommet en juin à Singapour, M. Kim avait réitéré un engagement nord-coréen vague en faveur de la dénucléarisation de la péninsule. Mais les Etats-Unis militent pour le maintien des sanctions tant que le Nord n'aura pas procédé à sa "dénucléarisation finale et entièrement vérifiée".
Washington "joue un double jeu", peut-on lire dans un éditorial de près de 1.700 mots publié par l'agence KCNA, et menace de "détruire" l'occasion diplomatique entre les deux pays. "Les Etats-Unis (...) répondent à la bonne foi par le mal".
L'article est publié quelques jours après une nouvelle visite à Pyongyang du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo qui a expliqué avoir eu des entretiens "productifs" sur la dénucléarisation avec le leader nord-coréen.
Lors d'une précédente visite en Corée du Nord, en juillet, M. Pompeo avait déjà fait état de "progrès".
Ce qui n'avait pas empêché Pyongyang de condamner quelques heures après son départ les "méthodes de gangster" des Américains accusés d'exiger son désarmement unilatéral sans faire de concession.
Cette déclaration avait jeté des doutes sur les perspectives de progrès mais la dénonciation publiée mardi va plus loin, en critiquant implicitement M. Trump, qui est connu pour accorder un grand poids aux relations personnelles.
Sans nommer le président américain, l'éditorial fait référence à ses commentaires récents selon lesquels Séoul ne lèverait pas ses propres sanctions contre le Nord sans l'aval de Washington.
"Même la Maison Blanche a prononcé des mots menaçants", ce qui "met en rage non seulement les Sud-Coréens mais aussi tous les autres Coréens", dit KCNA.
Le président sud-coréen Moon Jae-in, qui a rencontré le Nord-Coréen à trois reprises cette année, est le principal architecte de la spectaculaire détente en cours. Il a promis de continuer à appliquer les sanctions de l'ONU mais est convenu avec le Nord d'un certain nombre de projets économiques conjoints.

Mercredi 17 Octobre 2018

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