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Les cellules reprogrammées iPS utiles pour toutes les maladies




La pionnière mondiale des études cliniques basées sur des cellules souches créées à partir du sang ou de la peau d'adultes et capables d'engendrer n'importe quel type de cellule du corps a expliqué à Tokyo que toutes les maladies pourront à terme bénéficier de cette technique.
Ces cellules dites iPS n'ont pas forcément vocation à guérir, mais aussi à améliorer le confort de vie des patients, a précisé mercredi Masayo Takahashi, professeur de l'institut public Riken.
"A l'avenir, toutes les maladies pourront potentiellement être traitées, je ne dis pas guéries, grâce aux cellules issues d'iPS, même si les effets seront minimes au début", a-t-elle assuré.
Les cellules souches pluripotentes induites (iPS) sont des cellules adultes ramenées à l'état quasi embryonnaire en leur faisant de nouveau exprimer quatre gènes (normalement inactifs dans les cellules adultes).
Cette manipulation génétique leur redonne la capacité de produire n'importe quel genre de cellules (pluripotence), selon le lieu du corps où elles sont ensuite transplantées.
En septembre 2014, les travaux de l'équipe de Mme Takahashi ont permis d'implanter dans l'oeil d'une patiente, une femme de 70 ans, un mince film de cellules créées à partir de cellules iPS, elles-mêmes issues de cellules adultes de la peau du bras de cette personne. Il s'agissait de traiter une des formes de la maladie oculaire appelée dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), première cause de cécité des plus de 55 ans dans les pays industrialisés.
"Nous avons observé une stabilisation sans traitement médicamenteux (nécessaire habituellement) et les patients peuvent être extrêmement contents de cette amélioration", a-t-elle expliqué, qualifiant cet essai de "grand succès".
Le Japon est à la pointe dans ce domaine que le gouvernement encourage: le Japonais Shinya Yamanaka a reçu en 2012 le prix Nobel de médecine pour avoir montré que des cellules matures différenciées pouvaient redevenir pluripotentes par manipulation génétique.
Mme Takahashi se dit même assurée du bénéfice des iPS pour les maladies dégénératives dépourvues de traitement, comme la sclérose latérale amyotrophique (SLA).
"Initialement, je ne voyais pas comment les cellules iPS pourraient aider à lutter contre cette pathologie qui touche l'intégralité du corps de façon systémique, mais les médecins m'ont dit que si les patients arrivaient ne serait-ce qu'à bouger un doigt, ce serait déjà un progrès pour leur permettre de communiquer, alors oui, même pour une telle maladie, elles peuvent être utiles".
Plus de 100 projets d'essais cliniques avec des cellules iPS sont actuellement à l'étude au Japon, où l'on travaille aussi sur des techniques de "banque de cellules iPS" ayant la particularité de pouvoir être utilisées sur des patients tiers sans phénomène de rejet, ce qui permettrait de notablement réduire les coûts.
L'usage de cellules iPS ne pose pas de problème éthique fondamental, au contraire des cellules souches prélevées sur des embryons humains.
Parallèlement, le gouvernement nippon devrait donner la semaine prochaine accord pour la fabrication de cellules souches embryonnaires humaines (ES) à des fins de thérapie.

Mardi 13 Juin 2017

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