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Les Iles Canaries s’agitent : Madrid rassure

La prospection du Maroc dans le large n’en finit pas de susciter des remous




Les prospections pétrolières que compte effectuer la société italienne ENI au large des côtes marocaines près de Tarfaya en face des Iles Canaries sèment encore la zizanie entre les autorités de ces Iles et le gouvernement central espagnol.
En effet, une réunion a été tenue mardi à Madrid entre le ministre des Affaires étrangères espagnol, Alfonso Dastis, et le président du gouvernement des Iles Canaries, Fernando Clavijo, justement pour débattre de cette question qui a déclenché un tollé dans ces Iles depuis l’annonce desdites prospections. 
Selon l’agence espagnole Europa Press, Alfonso Dastis a assuré que son département est «en contact permanent» avec les autorités marocaines «pour qu’il n’y ait ni malentendus ni surprise». 
La même source a souligné que le ministre espagnol a été interrogé à propos de la loi adoptée l’été dernier par le gouvernement marocain relative à la limitation des eaux territoriales des provinces du Sud du Royaume. M. Dastis a soutenu que le règlement de ce genre de questions se fait de la même manière avec les autorités marocaines. D’après lui, les questions qui pourraient avoir un impact sur les relations entre Rabat et Madrid seraient abordées dans «un esprit de bon voisinage» pour éviter tout effet négatif et «toute surprise».
Il convient de rappeler que  Rabat qui a ratifié la Convention des Nations unies (MontegoBay) sur le droit de la mer en 2007, disposait d'un délai de dix ans maximum pour délimiter son plateau continental ; lequel délai devrait prendre fin durant l’année en cours. Aussi, le gouvernement a-t-il adopté trois textes de loi dans ce sens en juillet dernier. En l’occurrence le projet de loi modifiant et complétant le Dahir portant loi  fixant la limite des eaux territoriales, le projet de loi modifiant et complétant la loi instituant une zone économique exclusive de 200 milles marins au large des côtes marocaines et le projet de décret modifiant et complétant le décret du 21 juillet 1975 déterminant les lignes de fermeture de baies sur les côtes marocaines et les coordonnées géographiques de la limite des eaux territoriales et de la zone économique exclusive.
Par ailleurs, le président du gouvernement des Iles Canaries, Fernando Clavijo, a souhaité que le Maroc opte pour les énergies renouvelables qui sont, selon lui, le futur des prochaines générations.
Il a appelé à engager un débat commun entre Rabat et Madrid avec la participation des institutions des Iles Canaries sur les énergies renouvelables, tout en soulignant que les Iles Canaries ont pu s’approvisionner à hauteur de 36% de leur demande en énergies renouvelables, a rapporté le journal «El Dia» sur son portail électronique.
Par contre, le président du gouvernement canarien a demandé aux autorités de Madrid d’exiger du Maroc «toutes les garanties possibles de sécurité» au cas où les prospections pétrolières auraient effectivement lieu.
«Le ministère des Affaires étrangères a demandé au Maroc des garanties à propos des prospections, mais il n’a pas demandé de les arrêter», a titré le quotidien «La Provincia» édité aux Iles Canaries.
A noter que les autorités canariennes s’opposent fermement à toute prospection pétrolière depuis la publication par le gouvernement central espagnol au Bulletin officiel d’une étude d’impact des prospections pétrolières que compte mener Repsol  aux Iles Canaries (surtout Lanzarote et Fuerteventura) sur l’environnement. Sachant que cette opposition ne date pas d’aujourd’hui puisque des autorisations légales avaient été délivrées par le gouvernement de Jose Maria Aznar (Parti Populaire) en décembre 2001. Mais face à l’opposition des autorités canariennes pour cause de méfaits éventuels sur l’environnement, le gouvernement socialiste avait gelé ce projet qui a été déterré avec l’arrivée du Parti conservateur au pouvoir après les élections législatives de 2011 et la désignation du Canarien, José Manuel Soria (de 2011 à 2016), en tant que ministre de l’Industrie, de l’Energie et du  Tourisme dans le gouvernement de Mariano Rajoy. 

Jeudi 1 Février 2018

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