L'attaque a visé Abou Bilal al-Minuki, placé sous sanctions américaines en 2023 pour ses liens avec le groupe Etat islamique (EI) et présenté comme le numéro deux de l'organisation jihadiste dans le monde par Donald Trump et les armées américaine et nigériane.
"Sur mes instructions, les courageuses forces américaines et les forces armées du Nigeria ont mené à la perfection une mission méticuleusement planifiée et très complexe afin d'éliminer du champ de bataille le terroriste le plus actif au monde", a déclaré le président américain sur son réseau Truth Social.
Son homologue nigérian, Bola Tinubu, avait ensuite confirmé "une opération conjointe audacieuse qui a porté un coup dur aux rangs de l'Etat islamique".
Selon les forces de défense nigérianes, Abou Bilal al-Minuki était "l'un des terroristes les plus actifs du monde".
"Figure opérationnelle et stratégique", le chef jihadiste "fournissait des conseils aux entités de l'Etat islamique hors du Nigeria sur des questions liées aux opérations médiatiques, à la guerre économique ainsi qu'au développement et à la fabrication d'armes, d'explosifs et de drones", ont expliqué l'armée nigériane et le Commandement américain pour l'Afrique (Africom).
Abou Bilal al-Minuki avait "un lourd passé d'implication dans la planification d'attentats et la direction de prises d'otages", a souligné l'Africom.
Le chef jihadiste a trouvé la mort "avec plusieurs de ses lieutenants, lors d'une frappe contre son complexe dans le bassin du lac Tchad", a précisé le président nigérian.
Le porte-parole de l'armée nigériane, Sani Uba, a déclaré que l'opération faisait suite à des renseignements indiquant qu'Abou Bilal al-Minuki et sa cellule terroriste internationale avaient dissimulé une enclave fortifiée dans un village isolé de Metele, situé dans le bassin du lac Tchad, au nord-est de l'Etat de Borno, épicentre d'une insurrection armée qui dure depuis 17 ans.
Sa mort "élimine un maillon essentiel par lequel l'Etat islamique coordonnait et dirigeait ses opérations dans différentes régions du monde", ont déclaré les forces de défense nigérianes.
Le nord du Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique, est confronté à une double insécurité : d'une part la violence de groupes jihadistes, et d'autre part celle de bandes criminelles, appelées localement "bandits", qui procèdent fréquemment à des attaques contre des villages et à des enlèvements massifs contre rançons.
La recrudescence des attaques meurtrières et des enlèvements ces derniers mois a attiré l'attention des Etats-Unis.
L'armée américaine, en coordination avec les autorités nigérianes, avait déjà mené le jour de Noël des frappes dans l'Etat de Sokoto (nord-ouest) visant, selon Washington, des jihadistes de l'EI.
Washington a depuis déployé des centaines de soldats au Nigeria pour soutenir et former ses forces armées.
Le président Ola Tinubu a remercié Donald Trump pour son "soutien indéfectible", disant attendre "avec impatience des frappes plus décisives contre toutes les enclaves terroristes à travers le pays".
Ancien haut responsable du groupe Boko Haram, qui mène une insurrection islamiste au Nigeria depuis 2009, Abou Bilal al-Minuki était notamment lié à l'enlèvement en 2018 de plus de 100 écolières à Dapchi, dans l'Etat de Yobe (nord-est).
La présidence nigériane a également insisté sur le fait que l'homme tué lors de l'opération conjointe était bien Abou Bilal al-Minuki, après que des médias locaux ont rappelé que l'armée avait annoncé en 2024 la mort d'un chef jihadiste portant un nom similaire.
Quelques heures après l'annonce de cette opération, la police nigériane a rapporté que 17 de ses hommes avaient été tués la semaine dernière lors d'une attaque jihadiste contre un centre d'entraînement dans le nord-est du pays.








