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Le secteur informel pourrait freiner la reprise post-Covid

Un tiers de l’activité économique échappe aux radars des pouvoirs publics, selon une étude de la Banque mondiale


Alain Bouithy
Mercredi 19 Mai 2021

Le secteur informel pourrait freiner la reprise post-Covid dans les économies en développement, prévient la Banque mondiale dans un nouveau rapport dont les résultats ne devraient a priori pas surprendre les fins connaisseurs de l’économie informelle. « Dans les économies émergentes et en développement, une part remarquablement élevée de travailleurs et d’entreprises opère en dehors des écrans radars des gouvernements - une réalité qui pourrait freiner la reprise dans ces économies à moins d’introduire un éventail complet de politiques pour pallier les inconvénients du secteur informel », selon l’institution financière internationale. La prévalence de l'économie informelle sape les mesures visant à ralentir la propagation du coronavirus et relancer la croissance, estiment les auteurs du rapport intitulé « The Long Shadow of Informality : Challenges and Policies ». En effet, « faute de pouvoir accéder à une protection sociale, de nombreux acteurs du secteur informel n’ont eu ni les moyens de rester chez eux ni la possibilité de respecter les règles de distanciation sociale », explique la BM dans une analyse exhaustive sur le poids de l’informalité et ses conséquences pour une reprise économique privilégiant sur le long terme un développement vert, résilient et sans exclus. Une analyse qui «va combler des lacunes dans notre connaissance d’un domaine peu étudié et incitera les décideurs à agir de nouveau contre l’informalité - un combat indispensable pour installer un développement vert, résilient et inclusif», affirme Mari Pangestu, la directrice générale de la Banque mondiale pour les politiques de développement et les partenariats. Dans son rapport, l’institution constate en outre qu’un niveau élevé d’informalité rime également souvent avec de médiocres performances de développement. Selon les conclusions de l’étude de la Banque mondiale, « les pays ayant un secteur informel important se caractérisent par un revenu par habitant plus faible, une pauvreté plus répandue, de plus fortes inégalités de revenu, des marchés financiers moins développés et des investissements moins nombreux », souligne-t-on. Et de relever qu’ils sont plus éloignés de la réalisation des Objectifs du développement durable. Pour bien apprécier le poids de l’économie informelle, il est important de noter que les entreprises informelles représentent 72% des prestataires de services dans les économies émergentes et en développement. Le rapport note également que le secteur informel représente plus de 70% de l’emploi total dans les économies émergentes et en développement et contribue à pratiquement un tiers du PIB. Au regard de ces chiffres, on peut aisément comprendre que la prédominance de cette économie de l’ombre réduit « la capacité des pays à mobiliser les ressources budgétaires nécessaires pour stimuler l’activité économique en période de crise, mener des politiques macroéconomiques efficaces et constituer le capital humain indispensable au développement à long terme », fait remarquer l’institution financière. Il faut, cependant, souligner que l’étendue du secteur informel dans les économies émergentes et en développement varie selon les régions et les pays. Selon la Banque mondiale, elle est plus marquée en Afrique subsaharienne et plus faible dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, avec des taux respectifs de 36% et 22%. Par ailleurs, même si elle reste importante, l’économie informelle n’est pas une fatalité dans le monde émergent et en développement où elle était en recul constant depuis 30 ans avant la pandémie, comme le relève la BM. «En moyenne, elle a baissé d’environ 7 points de pourcentage du PIB entre 1990 et 2018, pour ressortir à 32% du PIB, suite en partie aux réformes engagées ces trois dernières décennies. Aux responsables publics des pays émergents et en développement, le rapport propose d’opter pour une approche globale, d’adapter les mesures au contexte national, de renforcer l’accès à l’éducation, aux marchés et aux financements, d’améliorer la gouvernance et le climat des affaires et de rationaliser les régimes fiscaux. 


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