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Le manque à gagner généré par la surpêche : Plus de 80 milliards de dollars perdus annuellement à travers le monde




La pêche illicite menace les moyens de subsistance de quelque 500.000 Marocains, selon la Banque mondiale

La surexploitation n’est pas une bonne façon de  gérer les ressources naturelles renouvelables comme les poissons si l’on souhaite pérenniser les profits, les emplois et la croissance liés à la pêche, a indiqué la Banque mondiale dans un  récent rapport, intitulé « The Sunken Billions Revisited: Progress and Challenges in Global Marine Fisheries ». 
Pour placer le secteur de la pêche sur une trajectoire plus durable, notons que la Banque mondiale et ses partenaires ont travaillé avec différents pays sur un certain nombre d’initiatives récentes ou en cours qui présentent différents éléments de solutions prometteuses. 
Parmi ces solutions, la réduction des flottilles de pêche à l’anchois pour protéger un secteur vital au Pérou, l’incitation à plus de collaboration pour réformer la pêche au thon aux Îles du Pacifique, le soutien aux petits pêcheurs de l’Afrique de l’Ouest dans le combat contre la pêche illégale et la géolocalisation des navires au Maroc afin d’assurer un meilleur respect des réglementations.
En ce qui concerne le Maroc, la Banque mondiale s’est réjouie de ce que le Royaume montre l’exemple en concevant et adoptant des stratégies de croissance verte dans différents secteurs dont celui de la pêche, « alors que de nombreux pays sont en train d’épuiser leurs ressources naturelles et sont aux prises avec des problèmes exacerbés par le changement climatique ».
Dans un communiqué, la Banque mondiale a affirmé qu’elle soutient cette vision d’avenir à travers des prêts à l’appui des politiques de développement, des projets d’investissement et une assistance technique. Et pour cause, « si la pêche risque de devoir faire face, à terme, aux conséquences du changement climatique, le principal danger qui pèse actuellement sur l’essor du secteur réside dans la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, qui menace le renouvellement des stocks halieutiques et les moyens de subsistance de quelque 500 000 Marocains », a indiqué l’institution internationale financière.
Selon la Banque mondiale, à l’échelle mondiale, « on estime à 83 milliards de dollars le manque à gagner pour le secteur halieutique en 2012 par rapport à un scénario optimal, en grande partie à cause de la surpêche ».
La BM assure qu’ « une reconstitution des stocks à des niveaux plus sains réduirait ces pertes et créerait des revenus à l’appui d’une croissance durable, tout en permettant au secteur halieutique de s’adapter au changement climatique et de satisfaire la demande mondiale de produits de la mer ».
A propos toujours du Maroc, la Banque a rappelé un certain nombre de dispositifs dans lesquelles a investi le Royaume dont le système de suivi des navires par satellite. Ce dernier, « impose aux bateaux à partir d’un certain gabarit de s’équiper de balises afin de pouvoir les suivre en temps réel et d’avoir une vraie traçabilité », a souligné l’institution.
Pour atteindre un niveau de pêche à la fois pérenne et rentable, la BM a indiqué que « les pêcheurs doivent respecter des zones de reproduction de certaines espèces, interdites à la pêche, et appliquer les règles concernant le matériel acceptable et la taille minimale des 
prises ».
La bonne nouvelle est que les pêcheurs comprennent bien l’intérêt des nouvelles règles.
A noter que le rapport de la Banque mondiale s’appuie sur un modèle bioéconomique conçu par le professeur Ragnar Arnason, de l’Université d’Islande.
 

Alain Bouithy
Lundi 27 Février 2017

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