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Le HCP expose son nouveau mode d’emploi Il va falloir faire avec

Accroissement du nombre de sans-emploi, précarité, disparités, absence de contrats de travail, de couverture médicale et d’encadrement syndical …




Mercredi en fin d’après-midi, le Haut-commissariat au plan a dévoilé les résultats de son enquête sur la situation du marché du travail en 2017. Celle-ci a fait peau neuve puisqu’elle a connu un relifting aussi bien sur l’aspect de la méthodologie que de l’échantillon et les bases de sondages, qui ont été élargies à 90.000 ménages contre 60.000 auparavant. Elle a également intégré de nouvelles données et thématiques à l’instar de la couverture médicale, la mobilité des actifs occupés entre leurs lieux de résidence et de travail, les bassins d’emploi, l’utilisation des nouvelles technologies d’information et de communication ainsi que les noyaux familiaux. Une intégration vouée à appréhender certains aspects des conditions sociales de la population marocaine particulièrement celle en âge d’activité. Mais pour l’instant, l’essentiel est ailleurs. Néanmoins avant de rentrer dans le vif du sujet, on se devait de contenter les observateurs qui, fébrilement, ont attendu la réponse des représentants du HCP quant à une éventuelle relation de cause à effet entre les chiffres présentés récemment par le ministre de l'Industrie, Moulay Hafid Elalamy, soit 288.126 emplois industriels créés depuis 2014 et l’annonce à quelques jours d’intervalle de l’enquête du HCP. Mais la déception a prévalu puisque le HCP a botté cette relation en touche en précisant que la mise au grand jour des résultats de son enquête était prévue depuis plus de deux mois. Le débat est clos apparemment.
En tout cas, cette polémique ne pourra en aucun cas éclipser la navrante réalité exposée par les résultats de l’enquête, à savoir que sur les 11.915.000 personnes que compte la population active marocaine en 2017 qui, au passage, progresse à un rythme de 1,1%, le taux d’activité a reculé de 47 à 46,7% au niveau national.
Autre mauvaise nouvelle. Même si en termes de volume, l’emploi a augmenté de 0,8% en 2017, pour atteindre 10.699.000 actifs occupés, synonyme de 86.000 postes d’emploi créés au niveau national, se répartissant comme suit : 42.000 dans le secteur d’activité de l’«agriculture, forêt et pêche », 26.000 dans les « services », 11.000 dans les « BTP » et 7.000 dans l’«industrie y compris l’artisanat », le HCP a précisé que le taux d’emploi a baissé de 42,3 à 41,9% au niveau national entre 2016 et 2017.
Certes, on peut s’accrocher à la bouée de sauvetage représentée par la progression du volume de l’emploi, mais cette bouée est dégonflée car en réalité l’emploi est de faible qualité. Pourquoi ? Tout simplement parce que 58,6% des actifs occupés âgés de 15 ans et plus n’ont aucun diplôme, 27,9% un diplôme de niveau moyen et 13,5% de niveau supérieur. Aussi, plus du quart des actifs occupent un emploi précaire, soit non rémunéré pour 18,6% de la population active occupée, soit occasionnel ou saisonnier pour 8,7%.
Selon l’enquête, le marché où opèrent ses actifs est globalement caractérisé par un manque d’organisation et une faible protection. Ainsi 96,7% d’entre eux ne sont pas affiliés à une organisation syndicale ou professionnelle et 77,5% ne bénéficient pas d’une couverture médicale. Pis, près des deux tiers des salariés (65%) ne disposent pas de contrat formalisant leur relation avec leur employeur.
S’agissant du sous-emploi, il est à noter une forte rigidité à la baisse. Pour preuve, 9,8% des actifs occupés continuent de le subir en 2017 et pour 67,7% d’entre eux, en raison de l’insuffisance du revenu du travail ou de l’inadéquation de leur formation avec l’emploi occupé. De ce fait et mue par ces conditions, l’enquête a révélé un chômage en progression de 9,9 à 10,2% au niveau national, soit 49.000 personnes en plus. Une progression, apanage exclusif du milieu urbain, portant donc leur effectif global à 1.216.000 au niveau national.
Les taux les plus élevés ont été enregistrés parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (26,5% au niveau national et 42,8% en milieu urbain) et parmi les détenteurs d’un diplôme de niveau supérieur (23,3%), tandis qu’un peu plus du tiers (36%) sont détenteurs d’un diplôme de niveau supérieur, 58,4% sont à la recherche de leur premier emploi, 71,2% sont au chômage depuis une année ou plus et enfin, près de 7% des chômeurs sont découragés par la recherche active d’un emploi.
L’exposé du HCP a mis aussi en exergue des disparités et discordances en termes d’activité et d’emploi selon les régions.
Plus en détail, les jeunes âgés de 15 à 24 ans, qui n’ont guère pris place sur le banc de l’école ou qui n’ont pas d’emploi sont définis par un taux de 29,3% de l’ensemble des jeunes de cette tranche d’âge, dont 13% parmi les jeunes hommes et 46% parmi les jeunes femmes. Dans la région d’Eddakhla-Oued Eddahab, ce taux est estimé à 20,6%, tandis qu’il est de 34,4% dans l’Oriental.
Si le taux est de manière générale largement plus important chez les jeunes femmes que les jeunes hommes, les écarts absolus les plus élevés ont été décelés au niveau des régions de Drâa-Tafilalet (44 points), Béni Mellal-Khénifra (43,6 points) et la région de Marrakech-Safi (43,2 points).  A contrario, les disparités les plus faibles ont été observées au niveau de Casablanca-Settat (21,5 points) et de Laâyoune-Sakia El Hamra (22,8 points).
En partant de la moyenne du taux d’activité national qui est de l’ordre de 46,7%, on peut affirmer que celui est dépassé par celui des régions d’Eddakhla-Oued Eddahab (71,9%), de Casablanca-Settat (50,5%), de Marrakech-Safi (48,4%) et de Rabat- Salé-Kénitra  (47,3%). Pour ce qui est du taux d’activité des femmes, il n’a malheureusement pas dépassé la barre des 22,4% (18,4% en milieu urbain et 29,6% en milieu rural) contre 71,6% parmi les hommes (67,6% en milieu urbain et 78,4% en milieu rural). L’écart est assez saisissant puisqu’il atteint 49,2 points. Ce dernier a enregistré de grandes disparités entre les différentes régions allant de 44,3 points au niveau de la région de Casablanca-Settat à 56,7 points dans la région de l’Oriental.
Comme un aimant, cinq régions regroupent près des trois quarts (72,4%) du volume total de l’emploi. Sans trop de surprise, on trouve Casablanca-Settat (22,4%), Marrakech-Safi (13,8%), Rabat-Salé-Kénitra (13,5%), Fès-Meknès (11,6%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,1%).
Outre le volume de l’emploi et sa répartition entre régions, on remarque des disparités régionales en termes de qualité de l’emploi. De cette manière, la proportion des actifs occupés n’ayant aucun diplôme a varié entre 44,2% dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra et 66,5% à Béni Mellal-Khénifra. Tandis que la moyenne nationale (58,6%) a été dépassée au niveau de 7 régions.
La part de l’emploi rémunéré est passée de 4,9% dans les régions du Sud à 25,4% dans la région de Béni Mellal-Khénifra, alors que cinq régions ont enregistré des niveaux plus importants que la moyenne nationale (16,8%). Concernant les emplois précaires, ils ont été exercés par 8,7% actifs occupés. Cette proportion est passée de 4,5% dans la région de Casablanca-Settat à 15% au niveau de la région de Marrakech-Safi, pour culminer à 19% dans celle de Souss-Massa. Autre volet, la part des salariés ayant exercé un emploi sans contrat de travail, on constate que son taux a grimpé de 52,9% dans la région de Rabat-Salé-Kénitra à 81,6% dans l’Oriental. Une part qui aura dépassé le niveau national (64,8%) et concerne 7 régions du Royaume.
Pour les salariés ne bénéficiant pas d’une couverture médicale, ils passent de 32,2% dans la région d’Eddakhla-Oued Eddahab à 72,2% dans la région de Fès-Meknès. Elle est en dessus de la moyenne nationale (58,1%) au niveau de la moitié des régions.
Par ailleurs, 82,8% des chômeurs sont concentrés dans six régions. Une concentration qui se présente comme suit : La région de Casablanca-Settat vient en première position avec 25,1%, suivie respectivement de Rabat-Salé-Kénitra (17,5%), l’Oriental (11,3%), Fès-Meknès (10,8%), Marrakech-Safi (9,4%) et, enfin, Tanger-Tétouan-Al Hoceima (8,7%). Une donnée dont le niveau le plus bas est enregistré dans les régions de Drâa-Tafilalet (6%) et de Béni Mellal-Khénifra (6,1%).
Toujours selon le HCP, il ne fait pas bon d’être un jeune âgé de 15 à 29 ans vivant dans la région de Guelmim-Oued Noun. Et pour cause, cette tranche d’âge est caractérisée par le taux de chômage le plus élevé (43,9% pour l’ensemble des jeunes et 59,4% parmi les femmes), contrairement à ceux habitant dans les régions d’Eddakhla-Oued Eddahab (9,4%) et de Drâa-Tafilalet ( 14,7%), où a été observé le niveau le plus faible.
A travers un prisme plus large, il est à constater que le chômage affecte en particulier les tranches de population bénéficiant de diplômes les plus élevés. Le taux de chômage passe de 3,8% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme à 15% parmi les diplômés de niveau moyen pour atteindre 23,3% parmi les diplômés de niveau supérieur.
On constate aussi que l’incidence du sous-emploi dépasse largement la moyenne nationale (9,8%), en l’occurrence dans les régions de Fès-Meknès (16,2%), Béni Mellal-Khénifra (15,2%), l’Oriental (12,7%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (12,4%).
L’adéquation entre l’emploi et le diplôme des actifs fut également au centre des préoccupations de l’enquête du HCP. Et les résultats sont somme toute peu surprenants, car deux actifs occupés sur trois occupent un emploi adéquat avec leur diplôme.
Plus en profondeur, le HCP a précisé qu’environ sept actifs occupés âgés de 15 ans et plus sur neuf (77,6%) considèrent qu’ils disposent de compétences requises pour
l’emploi qu’ils occupent, sans prendre en considération le fait qu’ils aient reçus une formation académique ou pas (76,9% pour les hommes et 79,8% pour les femmes). Mais encore, 11,9% jugent que la qualification dont ils disposent dépasse les compétences requises par leur travail, alors que, pour 8,6% d’entre eux, leurs compétences sont en deçà des exigences de l’emploi qu’ils occupent.
D’un autre côté, 63,4% des actifs occupés âgés de 15 ans et plus disposant d’une formation académique estiment que le type de diplôme qu’ils détiennent est adéquat avec la nature du travail exercé. Ce constat est établi par les femmes plus que les hommes avec des proportions respectives de 65,4% et de 62,5% et par les citadins (64,9%) beaucoup plus que les ruraux (45,1%).
En examinant les résultats de l’enquête, plusieurs données ont été révélées sur l’accès des femmes à l’emploi, assez faible soit dit en passant, à cause de la prise en charge du foyer. Pour donner un ordre de grandeur, la participation de la gent féminine au marché du travail est de 22,4%, contre 71,6% pour les hommes en 2017.   
La participation des femmes au marché du travail demeure faible et largement en deçà de celle des hommes, avec respectivement 22,4% et 71,6% en 2017. Plus encore, au cours des quinze dernières années, le taux d’activité des femmes a régressé d’environ 3,5 points. La majorité d’entre elles en dehors du marché de travail sont des femmes au foyer (76,6%) et des élèves ou étudiantes (13,4%). Chiffres en vrac, 6 femmes sur 10 en situation d’inactivité (60,8%) sont mariées et 1 sur 4 (25,9%) célibataires. Un peu plus du tiers d’entre elles (34,9%) ont moins de 29 ans, 27,8% ont de 30 à 44 ans et 37,4% sont âgées de 45 ans et plus. Près des deux-tiers de ces femmes ne disposent d’aucun diplôme et 7,9% ont un diplôme de niveau supérieur.
Et si plus de la moitié des femmes (52,7%) sont en dehors du marché du travail, on découvre que c’est principalement pour des raisons liées à la nécessité de s’occuper des activités domestiques ou prendre soin des enfants, alors que 18% préfèrent ne pas travailler, tandis que cette éventualité est réfutée par le mari, chez 8% des femmes.
Il est vrai que les obstacles empêchant la femme d’accéder au marché du travail s’amenuisent comme peau de chagrin avec l’amélioration du niveau du diplôme. En conséquence, la part des femmes en dehors du marché du travail pour des raisons liées à la nécessité de prendre soin des enfants passe de 60,9% pour les femmes sans diplôme à 45,3% pour celles ayant un diplôme de niveau moyen et à 32,2% pour celles disposant d’un diplôme de niveau supérieur.  Il faut également garder à l’esprit que près d’une femme inactive sur 10 (10,9%) est disposée à exercer un emploi. Cette proportion est de 25,9% pour les femmes évoquant le refus du père ou d’un membre de la famille, de 16,8% le refus du mari et de 10,3% la nécessité de prendre soin des enfants.
L’intégration des femmes au marché selon l’âge se définit comme suit : les femmes de moins de 30 ans sont les plus disposées à intégrer le marché de travail avec 15,4%, suivies de celles âgées de 30 à 44 ans (14,2%). D’après la qualification, les femmes inactives disposant d’un diplôme de niveau supérieur sont les plus motivées à intégrer le marché du travail avec une proportion de 19,6% contre 13,1% pour celles ayant un diplôme de niveau moyen et seulement 8,9% pour les femmes inactives sans diplôme. Il est important de souligner que l’accès des femmes exclues du marché et disposées à travailler pourrait booster le taux d’activité national de 4,3 points, mais aussi celui des femmes, de 8,5 points.
Parallèlement, l’enquête a consacré une partie dédiée aux entrepreneurs du Maroc, dont la quasi-totalité sont des travailleurs indépendants, de sexe masculin et de faible qualification  
Pour être pointilleux, il faudrait souligner que le nombre d’entrepreneurs s’élève à 3.668.000 personnes, ce qui constitue 34,3% de l’ensemble des actifs occupés âgés de 15 ans et plus, mais encore 39,4% pour les hommes et 17,4% pour les femmes, (31,4% en milieu urbain et 37,8% en milieu rural). On constate que cinq régions : Casablanca-Settat (20,4%), Marrakech-Safi (14,0%), Rabat-Salé-Kénitra (12,7%), Fès-Meknès (12,1%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,9%), concentrent un peu plus de 7 entrepreneurs sur 10. Concernant le statut professionnel, la majorité des entrepreneurs sont des travailleurs indépendants (86,9%), suivis des employeurs (7,2%), des associés (5,5%) et des salariés gérants (0,5%).  Ces entrepreneurs sont majoritairement (88,2%) des hommes, dont 90,4% pratiquent en milieu urbain et 86% en milieu rural. Egalement, 1 sur 2 est âgé de 45 ans et plus (49,6%), 4 sur 10 de 30 à 44 ans (39,9%) alors que le dixième a moins de 29 ans (10,5%).
Cette proportion élevée des entrepreneurs n’obstrue par le fait que 69,5% d’entre eux ne disposent d’aucun diplôme, alors que 24,2% d’entre eux ont un diplôme de niveau moyen et seulement 6,3% un diplôme de niveau supérieur.
Pour ce qui est des secteurs d’activités, 38,9% des entrepreneurs exercent dans l’agriculture, forêts et pêche, 45,1% dans le secteur des services, 8,3% dans l’industrie y compris l’artisanat et 7,7% dans les BTP.
Toujours dans le même cadre, l’enquête a relevé que 98,2% des entrepreneurs gèrent des unités économiques de taille ne dépassant pas 5 employés et 3% seulement détiennent une comptabilité. Parmi ces derniers, 51,8% déclarent qu’ils n’ont pas rencontré de difficultés majeures au moment de la création de leur unité ou du lancement de leur activité.
A propos des entrepreneurs ayant déclaré avoir rencontré des difficultés, les principaux obstacles touchent à la complexité des procédures administratives, selon 42,5% des entrepreneurs (42,8% en milieu urbain et 35,7% en milieu rural), à l’accès au financement par 41,5% (41% en milieu urbain et 52,4% en milieu rural), à l’accès au foncier par 9,9%, notamment en milieu urbain (10,3%), au manque de main-d’œuvre qualifiée par 2,1% et, enfin, au népotisme par 1,7%.
S’agissant de l’un des nouveaux volets explorés par l’enquête, on note qu’à peine deux actifs occupés âgés de 15 ans et plus sur 10 bénéficient d’un système de retraite avec d’importantes disparités entre villes et campagnes, tandis le cinquième (21%) des actifs occupés âgés de 15 ans et plus bénéficie d’un système de retraite, 33% en milieu urbain et 6% en milieu rural. Pour les hommes, c’est 20,5%, moins que les 21,8% des femmes. Cette proportion est de 13,2% pour les jeunes actifs occupés âgés de 15 à 29 ans et de 23,2% pour les adultes âgés de 30 ans et plus.
L’augmentation la part des actifs occupés âgés de 15 ans et plus bénéficiant d’un système de retraite est tributaire du niveau de diplôme, en passant de 8,3% pour les actifs n’ayant aucun diplôme, à 22,3% pour ceux ayant un diplôme de niveau moyen et à 71,6% pour les diplômés du niveau supérieur.
Cette part est pareillement corolaire au secteur d’activité puisqu’elle passe de 4,5% parmi les actifs exerçant dans le secteur de l’agriculture, forêt et pêche, à 8,8% dans les BTP, 33% dans les services et 36,9% dans le secteur de l’industrie y compris l’artisanat.
Pour aller au-delà de la barrière communautaire, le HCP a braqué les projecteurs sur les immigrants au Maroc dont la situation vis-à-vis du marché du travail se trouve être quasi similaire à celle de l’ensemble de la population.
Tout d’abord, l’enquête a tenu à faire le recensement des différentes origines représentées. Ainsi, 33,5% des immigrants au Maroc sont originaires de pays arabes, 32,5% d’Europe et 27,3% de pays subsahariens. Ladite enquête a également mis en avant les raisons quant aux choix d’immigrer vers notre pays, qui sont d’ordre économique pour 41,4% des migrants, social pour 22,4%, de poursuite des études ou de formation pour 11%7 et, enfin, d’ordre humain pour 8,6%.
D’après les conclusions du HCP, on constate que près de 6 immigrants sur 10 (59,3%) sont des hommes. Ils constituent 70,5% des personnes  originaires de pays africains subsahariens, 56,0% des immigrants d’Europe et 54,2% de pays arabes.
L’immense majorité d’entre eux réside dans les villes (97,7%), et plus précisément, pour 86,9%, dans 4 régions, à savoir Casablanca-Settat (33,8%), Rabat-Salé-Kénitra (28,0%), Marrakech-Safi (15,2%), et l’Oriental (9,9%).
Dans l’ensemble, les immigrants disposent de niveaux de qualification au-dessus de la moyenne nationale, dans la mesure où, trois d’entre eux sur 4 (75,7%) sont diplômés, répartis entre 54,1% ayant un diplôme supérieur et 21,6% un diplôme de niveau moyen. Au jeu des comparaisons avec l’ensemble de la population marocaine, on note que ces proportions sont respectivement de 43,9%, 32,5% et 11,4%.
Ces immigrants ont une situation vis-à-vis du marché du travail qui est presque de même niveau que celle relative à l’ensemble de la population avec un taux d’activité de 48,9% et 46,7% respectivement. Ce taux atteint 64,2% parmi les immigrants hommes et 25,5% parmi les femmes contre respectivement 71,6% et 22,4%.
La majorité des immigrants sont attirés par le secteur des services, lequel s’accapare, à lui seul, 78,5% de la main-d’œuvre immigrante suivi du secteur du bâtiment et des travaux publics (12%). Assez bas, le taux de chômage de cette catégorie de la population est de l’ordre de 18,1%. Il est particulièrement dévolu aux femmes (23,4%) plus que les hommes (16,7%), alors qu’il touche les jeunes âgés de 15 à 29 ans (34,6%) plus que les personnes âgées de 30 à 44 ans (18,5%) et celles dont l’âge est de 45 ans.

Chady Chaabi
Vendredi 30 Mars 2018

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